La terre invisible – Hubert Mingarelli (182 pages)

Après le ghetto intérieur, de Amigorena, voici l’histoire d’un autre ghetto intérieur, celui des gens qui ont découvert la réalité des camps à la libération. Ces presque cadavres qui finissaient de s’éteindre et pour lesquels on ne pouvait déjà plus rien faire, ceux qui étaient déjà morts, l’odeur de la mort rôdant partout. Et les derniers gardiens des camps, massacrés, souvent, de rage, d’incompréhension.

Là, c’est un photographe anglo-saxon qui a du mal à émerger de l’horreur, et pour exorciser ces visions cauchemardesques qui le tourmentent chaque nuit, il décide d’aller photographier la vie. Ce road trip est partagé avec un très jeune soldat qui lui sert de chauffeur et de garde du corps. Il s’était engagé pour faire la guerre, s’est entraîné dur, et est arrivé une fois que c’était fini. Entre les frustrations, les chagrins, les drames, ce bout de chemin fait ensemble est suspendu dans le temps. 

Un roman plein de pudeur qui se lit d’une traite pour un point de vue sur la deuxième guerre mondiale et ses horreurs plutôt original. Lancinant.

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