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Trois jours à Berlin – Christine De Mazières (179 pages)

Trois jours avant le 9 novembre 1989, Berlin était coupée en deux par un mur infranchissable et ceux qui tentaient de s’enfuir étaient pourchassés et tués. Le 9 novembre 1989, tout a basculé, dans le calme et dans la joie. Trente ans après, je revois encore les images de ces cousins, ces frères, ces inconnus en réalité, s’embrassant, riant et pleurant en buvant du champagne pour fêter cet évènement historique qui symbolisait la liberté retrouvée. J’en ai encore des frissons, c’était incroyable. 

Christine De Mazières retrace ces trois jours qui ont précédé l’inespéré. Trois jours où rien ne laissait présager le moindre changement. Trois jours où, comme les trente années précédentes, les gens crevaient de peur à l’idée d’être dénoncés, où des milliers de fiches continuaient à être rédigées sur des individus suspects, où les écoutes des dissidents étaient toujours actives, où l’ouest était un autre monde.

Elle raconte la faillite d’un système politique, et la ruine d’un État où rien ne pouvait plus durer, mais où tous les dirigeants faisaient comme si rien ne pourrait jamais changer. Un court roman sur ce moment historique qui se lit comme une histoire à suspens.

La terre invisible – Hubert Mingarelli (182 pages)

Après le ghetto intérieur, de Amigorena, voici l’histoire d’un autre ghetto intérieur, celui des gens qui ont découvert la réalité des camps à la libération. Ces presque cadavres qui finissaient de s’éteindre et pour lesquels on ne pouvait déjà plus rien faire, ceux qui étaient déjà morts, l’odeur de la mort rôdant partout. Et les derniers gardiens des camps, massacrés, souvent, de rage, d’incompréhension.

Là, c’est un photographe anglo-saxon qui a du mal à émerger de l’horreur, et pour exorciser ces visions cauchemardesques qui le tourmentent chaque nuit, il décide d’aller photographier la vie. Ce road trip est partagé avec un très jeune soldat qui lui sert de chauffeur et de garde du corps. Il s’était engagé pour faire la guerre, s’est entraîné dur, et est arrivé une fois que c’était fini. Entre les frustrations, les chagrins, les drames, ce bout de chemin fait ensemble est suspendu dans le temps. 

Un roman plein de pudeur qui se lit d’une traite pour un point de vue sur la deuxième guerre mondiale et ses horreurs plutôt original. Lancinant.