Galerie

Vestiaire de l’enfance – Patrick Modiano (144 pages)

Je vous ai parlé il y a quelques temps d’auteurs refuge. C’est le cas de Patrick Modiano pour ma compère de lecture Béatrice, qui nous a dit d’un ton gourmand : « Moi, de temps en temps, j’ai besoin de me faire un petit Modiano ! ». Je connais très mal Modiano, je n’ai même pas lu Rue des boutiques obscures,pour lequel il a obtenu le Goncourt en 1978. Mais j’ai été intriguée, et ça m’a donné envie de lire ce roman, un peu à part dans la bibliographie de cet auteur assez prolifique, car si Modiano est connu pour ses ambiance en noir et blanc, l’action de ce roman se déroule dans une ville écrasée sous la chaleur. C’est pour autant une ville probablement imaginaire, assez cosmopolite, méditerranéenne, en référence à ses origines espagnoles ?

Comme toujours Modiano, se met plus ou moins en scène dans une fausse autofiction, qui reprend peut-être quand même une part de sa jeunesse. Moi je trouve ce roman émaillé d’un humour élégiaque. Avec beaucoup de nuance, l’auteur saupoudre son récit de petites pointes d’autodérision, de moqueries sages, d’ironie, de cynisme (la description de son voisin, visage en teck et maillot de bain rouge). Dans un style irréprochable, lent et contemplatif, on se perd avec cet auteur français qui est venu s’oublier dans ce coin perdu du monde, pour ne surtout pas être reconnu, mais qui finit toujours par tomber sur quelqu’un qui le connaît. Alors, mon verdict, finalement, c’est oui, il faut lire Modiano, décrit par certains comme un Proust moderne, et qui, comme Proust, est finalement très drôle.

Laisser un commentaire