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Skeleton coast – Laurent Whale (475 pages)

Après l’excellent « Vesper » de Vincent Crouzet, je suis retournée faire un tour en Afrique australe pour y suivre ce thriller haletant sur fond de scandale politique et écologique.

Richard est accablé par la vie. Après avoir perdu sa femme dans un accident de voiture et son fils militant, tué accidentellement par une grenade anti-émeute en pleine tête, sa fille, médecin pour une ONG a disparu. Rapidement, Richard a compris que ses recherches dérangeaient et il doit se cacher pour continuer son enquête. Mais Angéline est tout ce qu’il lui reste et rien ne le fera abandonner.

Le livre suit tous les codes du genre avec maestria et vous serez trimballés de la Namibie à l’Angola en passant par la RDC. De situations inextricables en barrages sur la route, dans la forêt où les pluies diluviennes sont tour à tour des obstacles ou des aides inopinées et précieuses, vous tremblerez pour le héros et ses compagnons de fortune.

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Été, quelque part, des cadavres – Park Yeon-Seon traduit du coréen par Lim Yeong-hee et Mathilde Colo (327 pages)

Musun est une jeune fille paresseuse qui a loupé deux fois son entrée à l’université. Alors comme elle ne se réveille pas le matin où tout le monde quitte la grand-mère, après l’enterrement de son mari, Musun est désignée d’office par la famille pour lui tenir compagnie et être sûre qu’elle ne vit pas trop mal son deuil. La fille de Séoul, citadine, dans ce trou paumé de villageois agriculteurs où aucun réseau ne passe ne se réjouit pas de son sort. Surtout que sa grand-mère ne cesse de la houspiller en la traitant de fainéante.

Jusqu’à ce qu’elle tombe sur ce dessin qu’elle a fait, quinze ans plus tôt, la dernière fois qu’elle est venue ici. Elle avait cinq ans et pendant son séjour, quatre filles avaient disparu. Le mystère n’a jamais été résolu. Mais elle pense que son dessin représentait une carte au trésor. La quête de ce trésor perdu va  l’amener à enquêter bien involontairement sur les disparitions.

Dans quelle case classer ce roman, franchement ? Qualifié de thriller, sachez que son originalité et son histoire vous emmèneront bien au-delà des thrillers classiques, bien plus subtile, bien différent des enquêtes habituelles. Une belle découverte de cette toute jeune maison d’édition, spécialisée dans la littérature noire coréenne qui peut tous vous entraîner, même si vous n’êtes a priori pas amateurs du genre.

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Manaus – Dominique Forma (153 pages)

Dominique Forma décrit comme personne les ambiances moites et glauques avec des personnages en demi-teinte qui ne sont pas des saints mais auxquels, bizarrement, on s’attache quand même. 

Ici, on se retrouve dans la touffeur humide du Brésil dans les années 60, avec un agent secret qui se voit confier mission sur mission, chacune l’empêchant de rentrer chez lui en France. 

On est sans cesse sur la défensive, en attendant le moment où tout va déraper. Car là encore, l’auteur nous mène par le bout du nez, avec sa plume acérée.

Si vous n’avez pas encore découvert les romans noirs de Dominique Forma, foncez sur son écriture fine et subtile.

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L’homme aux murmures – Alex North traduit de l’anglais par Brigitte Remy-Hébert (397 pages)

Il y a vingt ans, on a arrêté l’homme aux murmures, celui qui enlevait et tuait des enfants. Pete, le policier qui a travaillé sur cette enquête, continue à aller voir le monstre en prison dans l’espoir qu’il lui dévoile où il a mis le corps du dernier enfant disparu, jamais retrouvé. Un nouvel enfant est enlevé, avec un mode opératoire identique. Pete est sollicité pour aider l’équipe en charge du dossier.

Tom a perdu sa femme Rebecca et son deuil douloureux lui fait penser qu’il est incapable d’élever Jake correctement. Jake a une amie imaginaire et son intégration dans sa nouvelle école semble difficile.

Un thriller haletant et angoissant que vous ne lâcherez pas avant de l’avoir dévoré. Ce premier roman est une réussite.

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Cyber crimes – Pierre Penalba (271 pages)

Pierre Penalba a été pionnier dans la police spécialisée dans la cybercriminalité. Pour tous ceux qui fustigent les policiers sans discernement, sachez qu’il y a quand même à la base, des hommes et des femmes qui sont là pour vous défendre et vous protéger. Avec Abigaelle, son épouse, il raconte des anecdotes, certaines presque comiques, d’autres franchement épouvantables (est-ce utile de rappeler que ce genre de service s’occupe entre autres du dark web et de la pédocriminalité ?). Les histoires les plus insupportables préviennent le lecteur en préambule.

Souvent, à la fin d’une histoire, il y a un certain nombre de conseils pour se protéger, ou se défendre quand on a été cyber-attaqué. C’est donc très pédagogique, en plus d’être divertissant.  Il y a beaucoup de notes de bas de pages pour les super novices, sûrement un peu trop pour nos jeunes qui en connaissent déjà un rayon. C’est en tout cas un livre à mettre entre toutes les mains, pour prévenir, car on peut tous être victime un jour ou l’autre. C’est par ailleurs très bien écrit, et j’ai hâte de lire leur prochain livre. Merci à Pierre et Abigaelle pour leur confiance.

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Wilbur ou serial liver – Frédéric Perrier (123 pages)

Un vieux flic part à la retraite et son remplaçant décide de déterrer un “cold case”, une histoire jamais résolue. Neuf meurtres en neuf mois, entre septembre 1982 et mai 1983, neuf hommes, tués d’un coup de couteau dans le foie. On apprend au fur et à mesure des chapitres qui sont ces hommes assassinés et on découvre une histoire de vengeance a posteriori… qui cache une histoire bien pire encore.

C’est un premier roman noir qui tient la route à défaut de tenir longtemps le suspense. Mais je ne pense pas que ce soit le but premier de l’auteur. Comme disent les profs qui veulent encourager les élèves qui ont fait un effort louable : Persévérez !

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Au cinquième étage de la faculté de droit – Christos Markogiannakis traduit du grec par Anne-Laure Brisac (282 pages)

J’aime bien lire un auteur dans l’ordre de ses écrits. Parce que la plupart du temps, la plume évolue, et j’aime suivre cette évolution de l’écriture. J’ai donc démarré avec ce premier roman de Christos Markogiannakis. Cet écrivain est avocat et a suivi des cours de criminologie en France. Autant vous dire qu’il connaît son sujet.

Deux cadavres sont trouvés au cinquième étage de la faculté de droit d’Athènes. Le capitaine Markou, qui a lui-même été élève de cette université est chargé de l’enquête. Il découvre que l’ambiance y est délétère, étouffante, insupportable. Qui va donc regretter cette professeure acariâtre ? Mais que faisait ce jeune doctorant aimé de tous qui s’est trouvé au mauvais endroit au mauvais moment ?

L’enquête est pleine de rebondissements, et la fin est un hommage réussi à Agatha Christie dont l’auteur est un fervent admirateur. Pour les fans de la grande dame du roman policier, ne passez pas à côté. Un polar bien ficelé qui donne envie de lire la suite des aventures du capitaine Markou.

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Otage – Aloysius Wilde (258 pages)

Un homme est appelé pour aller chercher son fils à l’école qui a mal au ventre. Lorsqu’il arrive sur place, il constate que la classe de deuxième section de maternelle où se trouve l’enfant a été prise en otage.

Pour l’ambiance, on est à un croisement entre Kill Bill, Kika et le 5ème élément. Pour l’histoire, on est entraîné dans un thriller où chaque chapitre apporte ses propres rebondissements. On appelle ça un page turner efficace.

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Le Cercle de Dinas Bran – Sophia Raymond (378 pages)

J’ai découvert Sophia Raymond grâce au challenge Bloody Fleury et son haletant Cercle de Caïn, où elle élaborait une intrigue autour de la découverte de la momie Ötzi. Je viens de terminer ce qui est en réalité son premier roman, où elle mêle une intrigue bien ficelée autour des thèmes de l’EMI (expérience de mort imminente) et les tsunamis de 1755 au large de Lisbonne qui détruisit complètement la ville, et celui de 2004 qui fit plus de 200000 morts en Thaïlande. 

Will est envoyé pour un reportage sur un colloque sur les EMI à Paris, un phénomène qui le laisse sceptique. Mais il découvre que toutes les expériences ne sont pas positives et que certaines personnes ont des visions plutôt d’enfer que de paradis. En cherchant à creuser davantage cet aspect, il va se trouver embarqué dans une histoire plus personnelle qu’il ne l’aurait crû.

Déjà à l’époque, l’autrice s’inspirait de faits historiques pour ciseler une histoire entre Da Vinci Code et Les aventuriers de l’Arche perdue. Un incroyable premier roman qui se lit d’une traite. 

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Une bête à tuer – Jean-François Regnier (216 pages)

J’avais découvert Jean-François Regnier au travers de son premier thriller : “Ma bête”, il me fait l’amitié de me confier la suite de l’histoire au travers d’”Une bête à tuer”. A la fin de “Ma bête”, on ne sait qui a survécu, alors bien sûr, je ne peux rien dévoiler du deuxième ouvrage, sous peine de déflorer (désolée, divulgâchage, je dis non) le suspens de la première histoire. Je peux juste vous dire que vous saurez tout de ce qui est arrivé à chacun, alors amateurs de thrillers où vous aimez connaître le dénouement, on fonce pour capturer la bête.