Galerie

Hollywood Zéro – Dominique Forma (254 pages)

Un voleur qui abhorre la violence physique doit précipitamment partir pour Los Angeles afin de fuir des créanciers qui veulent sa peau. Il se retrouve entre une vieille connaissance qui lui a proposé de l’aider dans des arnaques à la réalisation de films et d’une bombe sexuelle à la Jessica Rabbit. Dominique Forma décortique au vitriol et à l’alcool fort les mécanismes d’un monde de totale superficialité. Humour noir pour roman noir, on oscille sur des talons aiguilles entre nausée et fous rires. Ambiance adrénaline éthylique.

Galerie

Sauve-la – Sylvain Forge (396 pages)

Alexis va bientôt se marier avec Clémence lorsqu’il reçoit un message de celle qu’il n’a jamais oubliée et qui l’a quitté il y a vingt-six ans. Elle lui demande un grand service : partir à la recherche de sa fille, déclarée morte il y a plusieurs années mais dont elle est persuadée qu’elle est toujours en vie. Partagé entre son avenir et la réalité de Clémence et la réapparition de Clara, Alexis balance.

Encore une fois, Sylvain Forge nous entraîne dans un roman noir haletant, mélangeant des connaissances scientifiques récentes à une histoire qui se lit d’une traite. Impossible d’en dire plus sans dévoiler les ressorts de l’intrigue que je vous laisse découvrir.

Galerie

Les chevelues – Benoît Séverac (232 pages)

Au pied des Pyrénées, les Romains ont vaincu les Convènes et se sont installés peu à peu à Lugdunum Convenarum, où il règne un équilibre d’autant plus stable que le quatuorvirat qui dirige la cité est composé de trois Romains et un Convène. Mais cet équilibre se révèle fragile, lorsqu’il vole en éclats avec l’assassinat du fils de la famille la plus riche de la ville, un glaive gaulois planté dans le bas du dos. Qui donc a bien pu commettre un crime aussi odieux ? Et pour quelle raison ? 

Le centurion Valerius Falco va devoir mener sa délicate enquête compte tenu des enjeux politiques.

Premier roman de Benoît Séverac, réédité aux éditions 10/18, cette plongée dans la civilisation gallo romaine est très intéressante, truffée d’indications sur l’organisation et les modes de vie de l’époque. Au demeurant, l’intrigue est bien ficelée et nous tient en haleine de bout en bout. Un petit polar historique original qui vaut le détour.

Galerie

La Trilogie du Mal – Michel Montheillet / Maxime Chattam (156 pages)

Je découvre Maxime Chattam par les dessins de Michel Montheillet. Comment découvrir mieux un auteur que par des dessins aussi sublimes ? Car Michel Montheillet a ce don incroyable de faire passer toutes les émotions au travers des personnages. Ces dessins sont vivants et vibrants. 

Je sais de source sûre (dans la préface rédigée par Maxime Chattam, pour être précise) que le dessinateur est allé sur place pour prendre en photo les plans et les perspectives de la ville de Portland qui apparaît sous son apparence véritable, un incroyable travail. Les images de paysages et de la ville sont époustouflants.

Cela dit, visuellement, il s’agit également d’une BD qui met en scène les crimes d’un tueur en série particulièrement violent. Certains dessins ne conviennent donc pas aux âmes sensibles.

Les amateurs du genre en revanche seront servis, je conseille d’ailleurs à tous les fans de Maxime Chattam de passer par la case Michel Montheillet. Personnellement, j’ai eu du mal à lâcher les aventures du bel inspecteur Brolin.

Dernière escale – Sandra Martineau (299 pages)

Roman policier mais pas que, telle est la devise des éditions Lajouanie. Ce thriller original se déroule pendant une croisière sur un bateau. Richard, footballeur déchu tente ce voyage de la dernière chance pour sauver son couple. Mais la menace plane.

Sauvera-t-il sa famille du désastre? Gardera-t-il la tête froide quant à ces résurgences du passé? La tension monte inexorablement, et les tentatives maladroites et désespérées de ce père de famille ont un côté pathétique et affligeant.

On est happé par ce livre qui se lit d’une traite, et on a hâte d’en connaître le dénouement.

Requiem pour un fou – Stanislas Petrosky (222 pages)

Cet opus est le quatrième tome de l’histoire de Requiem, ce prêtre exorciste, membre des services secrets du Vatican,amoureux des femmes, de la bière et du whisky, un peu branleur, un peu hâbleur, un peu menteur, mais c’est un vrai pur au fond. Un véritable humaniste, un justicier, un homme de coeur qui a ses petits arrangements avec l’éternel lorsqu’il dérape. Cette fois, un fou s’en prend à des SDF pour les assassiner en les mettant en scène  de façon macabre et mystique.

Avec des dialogues à la Audiard et des clins d’oeil à son éditrice, à ses potes (moi aussi j’adore Jacques Saussey), à ses bons plans restos, à ses coups de coeur dans la vie, à sa propre publicité (c’est comme ça que j’ai su qu’il me manquait les trois premiers tomes), à son public, on se marre et on se prend au jeu de son roman interactif, où on est sans cesse pris à partie. On est happé par l’histoire, et le suspens nous tient en haleine jusqu’au dénouement.

Ambre – Sylvie Grignon (222 pages)

Rencontrée lors du Salon du livre éphémère, Sylvie m’a fait l’honneur de sa confiance en me confiant son dernier né : Ambre. Après Rouge, Blanc, Bleu, Noir et Pourpre elle signe là un nouveau polar au style agréable et fluide qui nous entraîne sans qu’on puisse s’arrêter.

Qui donc a eu l’idée morbide de placer les corps de sept vieillards nus dans les catacombes? Comment et pourquoi? L’équipe aux personnages forts est sympathique et humaine, et ils déplorent tous l’absence de leur patron, dans le coma depuis qu’il a été blessé. Cette enquête aurait été pour lui. D’ailleurs, les messages ne lui sont-ils pas directement adressés?

Dans la crise sanitaire internationale actuelle, où l’on peut douter de ce que les médias nous rabâchent en continu à la télé, remettre complètement en cause la véracité des infos fournies par les Chinois, et par ricochet, de celles que notre propre gouvernement nous distille au milieu de ce chaos, cette histoire s’inscrit complètement dans le contexte délétère du moment.

HS7244 – Lorraine Letournel Laloue (285 pages)

On a tous entendu parler de ce scandale en Tchétchénie où on a identifié des camps de concentration, avec un fonctionnement semblable à ceux de toutes les dictatures, des camps d’Hitler en passant par les goulags sibériens de Staline et ceux de Pol Pot et tous leurs compagnons de folie. Le président tchétchène ne déroge pas à la règle : “Il n’y a pas d’homosexuels en Tchétchénie, notre race est pure, nous n’avons donc pas besoin de les traquer”. 

En s’inspirant de cette horreur qui continue, et dont seules quelques associations se préoccupent en sauvant par l’exil quelques malheureux persécutés, en danger de mort parfois au sein même de leur famille, Lorraine Letournel Laloue nous livre l’histoire d’amour poignante, terrible et désespérée de Marius, parti avec sa moitié en voyage en Russie et qui se retrouve blessé un matin après une soirée dans un bar tchétchène dans une cellule froide et puante. Mais que fait-il là? Et pourquoi l’accuse-t-on d’être un terroriste? Et où est Camille, sa moitié?

J’ai eu la gorge serrée pendant toute la lecture du livre, en pensant à tous les couples d’amis homos que je connais, et qui ne demandent rien d’autre à la vie que de partager la leur avec celui qu’ils aiment. Jamais en France le mariage pour tous n’a autant soulevé des foules indignées qui ne seront jamais concernées par le sujet. Mais qu’est-ce que ça leur enlève à tous ces gens que des personnes qu’ils ne connaissent pas s’aiment et se marient si ça leur chante? Un thriller poignant.

Joueuse – Benoît Philippon (356 pages)

Après son Mamie Luger qui a raflé tous les prix, dont celui, dernier en date, de Bloody Fleury 2020, Benoît Philippon repart en croisade pour défendre les cabossés de la vie. Comme il est dans un roman, il peut se permettre de contourner, détourner, se dédouaner de la loi. Les gentils sauvent d’autres gentils en cassant la gueule des méchants, et basta. Et on est bien content, parce que la morale est pour eux. Pour nous aussi. Avec son ton léger, il nous entraîne dans l’enfer de la maltraitance infantile en général et du viol en particulier. Heureusement qu’il prend un ton de bande dessinée pour nous asséner toute cette violence avec autant de crudité, sinon, ce serait insoutenable. 

Baloo et  Zack se vengent de leur enfance brisée en jouant au poker; ce sont les meilleurs. Leur amitié les soutient comme elle peut dans cette chienne de vie. Finalement, ils ne sont pas heureux, et ils ont chacun leur expédient pour évacuer leur passif. Jusqu’au jour où Maxine entre dans le jeu. Elle aussi, a besoin de se venger de son enfance brisée. Et cette rencontre va tout bouleverser. Bluffant!