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Tuer le fils – Benoît Severac (280 pages)

Matthieu va être mis en examen pour le meurtre de son père, alors qu’il vient de sortir de prison pour un crime odieux. Pourtant il clame son innocence. Avec Benoît Séverac, même lorsque la vérité éclate, elle éclabousse tout et tout le monde et personne n’en sort indemne. Cette fois, avec tuer le fils, vous serez traînés dans la boue, à l’instar des suspects, des flics qui mènent l’enquête et de leur entourage. Aucun personnage n’est complètement blanc et peu sont totalement noirs, à l’instar de la vraie vie.

C’est ce que j’aime dans ses romans (Rendez-vous au 10 avril, Les Chevelues ) à la fois l’amour du métier pour les flics, et à la fois leur côté désabusé. A la fois leur volonté d’en découdre et à la fois l’envie de découvrir la vérité. Et leur vie, banale et emplie de réalités du quotidien, la famille, les difficultés du couple dans de tels métiers, leurs travers et leurs qualités. Il les peaufine avec beaucoup de douceur et beaucoup de brutalité. Bref tout cela est terriblement humain.

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Les refuges – Jérôme Loubry (391 pages)

La grand-mère que Sandrine n’a jamais connue et que sa mère disait folle vient de mourir. Elle doit se rendre sur l’île étrange où elle vivait avec une poignée d’autres habitants. Un huis-clos en plein air où l’ambiance ne cesse d’être oppressante.

Un roman très noir et très dur où Jérôme Loubry nous perd et nous enfonce dans une atmosphère de plus en plus étouffante, autour du poème de Goethe «le roi des Aulnes ».

Et quand on se dit que ce n’est pas très crédible, il nous fait tourner sur nous-même pour changer complètement de direction.

Préparez votre refuge, vous aurez besoin de réconfort pour survivre à ce thriller magistral.

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Mardi gras – Lainy Leang (135 pages)

Un écrivain de romans policiers très connu est invité à la Nouvelle Orléans. Chacun de ses déplacements est le théâtre de crimes calqués sur le pitch du roman qu’il vient d’écrire. Pourtant, il n’a jamais pu être confondu.

Un polar efficace comme un épisode des experts. L’histoire originale à la Nouvelle-Orléans pose en toile de fond les traumatismes liés à l’ouragan Katrina.

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La folle erreur de Don Cortisone – Didier Bertrand (249 pages)

Branle-bas de combat chez les créateurs de mode hyper connus, Léonardo et Michelangelo, Framboise, une de leurs employées a eu une idée de génie. Ils s’emparent de l’idée, Mafia à l’appui qui essaie de faire disparaître la belle. Heureusement, Framboise a plus d’un as caché dans sa manche, même quand elle est nue.

Un roman d’espionnage satirique, à la « l’espion qui m’aimait » ou « Spy » avec Jude Law. Vous sourirez des facéties de l’auteur qui truffe son livre pétillant et réjouissant de références diverses et variées. Vous y croiserez des Indiens Navajos peu recommandables, des mamas italiennes prêtes à tout et le terrifiant Don Cortisone qui gère d’une main de maître le réseau mafieux de Gênes, secondé par Luigi et Tonio, ses fils. Un bon moment de détente.

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Pour une heure oubliée – Frédéric Perrot (290 pages)

Entre passé, présent et futur, les chapitres s’alternent sur une histoire tragique : une femme est morte, assassinée. Et le coupable était tout trouvé. Pendant 19 ans, Emile ressasse cet acte qu’il a complètement oublié sous l’emprise d’alcool et de drogue. Sa vie a repris son cours, mais cette abomination le suit bien après la peine de prison qu’il a purgée. Pendant longtemps il a clamé son innocence, et puis, il a fini par accepter, pour accepter aussi le fait qu’il a été incarcéré. Mais une seule taffe, comme pour les vrais fumeurs, peut faire replonger.

Plus qu’un polar, ce livre qui se lit d’une traite est une réflexion profonde sur qui on est vraiment, quels sont les actes dont on est capable, comment vivre avec ça, et comment continuer à vivre après avoir commis l’innommable. Excellent.

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Skeleton coast – Laurent Whale (475 pages)

Après l’excellent « Vesper » de Vincent Crouzet, je suis retournée faire un tour en Afrique australe pour y suivre ce thriller haletant sur fond de scandale politique et écologique.

Richard est accablé par la vie. Après avoir perdu sa femme dans un accident de voiture et son fils militant, tué accidentellement par une grenade anti-émeute en pleine tête, sa fille, médecin pour une ONG a disparu. Rapidement, Richard a compris que ses recherches dérangeaient et il doit se cacher pour continuer son enquête. Mais Angéline est tout ce qu’il lui reste et rien ne le fera abandonner.

Le livre suit tous les codes du genre avec maestria et vous serez trimballés de la Namibie à l’Angola en passant par la RDC. De situations inextricables en barrages sur la route, dans la forêt où les pluies diluviennes sont tour à tour des obstacles ou des aides inopinées et précieuses, vous tremblerez pour le héros et ses compagnons de fortune.

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Été, quelque part, des cadavres – Park Yeon-Seon traduit du coréen par Lim Yeong-hee et Mathilde Colo (327 pages)

Musun est une jeune fille paresseuse qui a loupé deux fois son entrée à l’université. Alors comme elle ne se réveille pas le matin où tout le monde quitte la grand-mère, après l’enterrement de son mari, Musun est désignée d’office par la famille pour lui tenir compagnie et être sûre qu’elle ne vit pas trop mal son deuil. La fille de Séoul, citadine, dans ce trou paumé de villageois agriculteurs où aucun réseau ne passe ne se réjouit pas de son sort. Surtout que sa grand-mère ne cesse de la houspiller en la traitant de fainéante.

Jusqu’à ce qu’elle tombe sur ce dessin qu’elle a fait, quinze ans plus tôt, la dernière fois qu’elle est venue ici. Elle avait cinq ans et pendant son séjour, quatre filles avaient disparu. Le mystère n’a jamais été résolu. Mais elle pense que son dessin représentait une carte au trésor. La quête de ce trésor perdu va  l’amener à enquêter bien involontairement sur les disparitions.

Dans quelle case classer ce roman, franchement ? Qualifié de thriller, sachez que son originalité et son histoire vous emmèneront bien au-delà des thrillers classiques, bien plus subtile, bien différent des enquêtes habituelles. Une belle découverte de cette toute jeune maison d’édition, spécialisée dans la littérature noire coréenne qui peut tous vous entraîner, même si vous n’êtes a priori pas amateurs du genre.

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Manaus – Dominique Forma (153 pages)

Dominique Forma décrit comme personne les ambiances moites et glauques avec des personnages en demi-teinte qui ne sont pas des saints mais auxquels, bizarrement, on s’attache quand même. 

Ici, on se retrouve dans la touffeur humide du Brésil dans les années 60, avec un agent secret qui se voit confier mission sur mission, chacune l’empêchant de rentrer chez lui en France. 

On est sans cesse sur la défensive, en attendant le moment où tout va déraper. Car là encore, l’auteur nous mène par le bout du nez, avec sa plume acérée.

Si vous n’avez pas encore découvert les romans noirs de Dominique Forma, foncez sur son écriture fine et subtile.

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L’homme aux murmures – Alex North traduit de l’anglais par Brigitte Remy-Hébert (397 pages)

Il y a vingt ans, on a arrêté l’homme aux murmures, celui qui enlevait et tuait des enfants. Pete, le policier qui a travaillé sur cette enquête, continue à aller voir le monstre en prison dans l’espoir qu’il lui dévoile où il a mis le corps du dernier enfant disparu, jamais retrouvé. Un nouvel enfant est enlevé, avec un mode opératoire identique. Pete est sollicité pour aider l’équipe en charge du dossier.

Tom a perdu sa femme Rebecca et son deuil douloureux lui fait penser qu’il est incapable d’élever Jake correctement. Jake a une amie imaginaire et son intégration dans sa nouvelle école semble difficile.

Un thriller haletant et angoissant que vous ne lâcherez pas avant de l’avoir dévoré. Ce premier roman est une réussite.