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L’appel – Fanny Wallendorf (352 pages)

Pour mon dernier retour de lecture de l’année, je finis en beauté avec le dernier livre de la sélection du prix Cezam de l’année dernière. Je me rappelle les cours de gym au lycée où l’idée seule de me jeter en arrière, la tête à l’envers, me procurait des frissons de dégoût. Tout ça pour dire que je ne suis pas férue de cette discipline a priori.

Fanny Wallendorf a ce don pour rendre passionnant un sujet qui pourrait paraître rebutant. En pleins jeux olympiques, cette lecture entre particulièrement en résonnance avec l’ambiance du moment. Inspiré de la vie de l’inventeur d’une technique de saut en hauteur qui porte désormais son nom, Richard Fossbury, ce roman est aussi la description d’une époque, du rêve américain des années soixante et de l’envers du décor qui envoyait des enfants conscrits à la guerre.

Ce superbe livre empli de joie tranquille, de constance, de détermination dénuée d’esprit de compétition, raconte l’histoire d’un jeune homme qui a seulement fait ce qu’il avait envie de faire.

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Les mains propres – Jean-Louis Bailly (115 pages)

Un héros entomologiste, je n’en ai croisé qu’un avant « Les mains propres », et c’était dans « Le premier siècle après Béatrice », d’Amin Maalouf, mon livre préféré, alors autant vous dire que celui-ci avait intérêt à être à la hauteur.

Librement inspiré de l’histoire vraie de Jean-Henri Fabre, le roman retrace l’histoire de ce naturaliste du 19ème siècle, autodidacte, grand observateur des insectes, provençal d’extraction modeste reconnu par les plus grands (Darwin se fendra d’une missive à son égard, excusez du peu !) on découvre un homme incroyable, amoureux des insectes, des femmes, de la vie.

Ecrit dans le style qui rappelle l’époque, ce court roman est à découvrir. Merci à l’arbre vengeur pour leur confiance sur cette belle découverte.

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L’ordre de la félicité – Jean-Michel Legaud (122 pages)

Lorsque l’on décide de s’intéresser de près aux bâtiments qui nous entourent dans nos villes au quotidien, on pourra rapidement déceler des éléments architecturaux qui en racontent l’histoire. Et si on fait des recherches sur les petites histoires de la grande Histoire qui y sont associées, on peut se plonger dans une quête quasi obsessionnelle.

Voilà la démarche de l’auteur qui est parti de simples balades dans Caen pour s’intéresser de près à une organisation secrète du 18ème siècle, à la structure proche de celle des Francs-Maçons, dont le but était de bien boire, bien manger et plus si affinités. Surveillées par des policiers infiltrés, ces organisations, soupçonnées du pire seront rapidement innocentées, et l’Ordre de la félicité tombera dans l’oubli à la mort de son fondateur. Au travers des rapports du policier infiltré, Jean-Michel Legaud fait revivre cette organisation disparue.

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Chère Ijeawele – Chimamanda Ngozi Adichie traduit de l’anglais par Marguerite Capelle (78 pages)

L’autrice au nom compliqué pour nous, européens est une très grande écrivaine. Dans ma tête, je dis toujours « Americanah », la Nigériane, car j’ai du mal à retenir les noms. Qu’elle me pardonne.

En revanche, ses livres sont inoubliables. Americanah est un chef d’œuvre absolu. Chère Ijeawele, en 78 pages dit tout ce qu’une fille doit savoir pour être prête à être féministe et féminine, mère de famille et working girl, libre d’aimer et aimer être libre. Il dit aussi tout ce qu’un homme devrait entendre et comprendre de la femme pour que l’humanité avance et aille mieux. Elle explique aussi le poids des traditions, de l’éducation et de la culture, comment vivre avec et comment s’en détacher. Encore une fois, Chimamanda Ngozi Adichie est parfaite en quelques mots, simplement justes.

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Été, quelque part, des cadavres – Park Yeon-Seon traduit du coréen par Lim Yeong-hee et Mathilde Colo (327 pages)

Musun est une jeune fille paresseuse qui a loupé deux fois son entrée à l’université. Alors comme elle ne se réveille pas le matin où tout le monde quitte la grand-mère, après l’enterrement de son mari, Musun est désignée d’office par la famille pour lui tenir compagnie et être sûre qu’elle ne vit pas trop mal son deuil. La fille de Séoul, citadine, dans ce trou paumé de villageois agriculteurs où aucun réseau ne passe ne se réjouit pas de son sort. Surtout que sa grand-mère ne cesse de la houspiller en la traitant de fainéante.

Jusqu’à ce qu’elle tombe sur ce dessin qu’elle a fait, quinze ans plus tôt, la dernière fois qu’elle est venue ici. Elle avait cinq ans et pendant son séjour, quatre filles avaient disparu. Le mystère n’a jamais été résolu. Mais elle pense que son dessin représentait une carte au trésor. La quête de ce trésor perdu va  l’amener à enquêter bien involontairement sur les disparitions.

Dans quelle case classer ce roman, franchement ? Qualifié de thriller, sachez que son originalité et son histoire vous emmèneront bien au-delà des thrillers classiques, bien plus subtile, bien différent des enquêtes habituelles. Une belle découverte de cette toute jeune maison d’édition, spécialisée dans la littérature noire coréenne qui peut tous vous entraîner, même si vous n’êtes a priori pas amateurs du genre.

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Le Sicilien – Carl Pineau (297 pages)

J’avais adoré l’Arménien, le premier opus des “Nuits Nantaises” de Carl Pineau. Et j’ai acheté Le Sicilien dès sa sortie, il y a déjà un an. Et puis, on sait ce que c’est, une lecture en entraîne une autre, et même si on veut lire dans l’ordre, parfois, on prend un peu de retard. 

Construit totalement différemment, le Sicilien est raconté par lui-même. Dix ans après l’assassinat de Luc, Greg Brandt doit enquêter sur la mort d’une jeune fille, sauvagement poignardée, et retrouvée dans la voiture de Dario que tout semble accuser. Mais Brandt n’aime pas les suspects trop évidents. Malgré les apparences, il continue l’enquête.

Comme dans l’Arménien, les personnages sont très humains, ni tout blancs, ni tout noirs et c’est ce qui fait leur crédibilité, tandis que l’auteur nous sert une nouvelle fois un roman qui se dévore d’une traite.