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Sauve-la – Sylvain Forge (396 pages)

Alexis va bientôt se marier avec Clémence lorsqu’il reçoit un message de celle qu’il n’a jamais oubliée et qui l’a quitté il y a vingt-six ans. Elle lui demande un grand service : partir à la recherche de sa fille, déclarée morte il y a plusieurs années mais dont elle est persuadée qu’elle est toujours en vie. Partagé entre son avenir et la réalité de Clémence et la réapparition de Clara, Alexis balance.

Encore une fois, Sylvain Forge nous entraîne dans un roman noir haletant, mélangeant des connaissances scientifiques récentes à une histoire qui se lit d’une traite. Impossible d’en dire plus sans dévoiler les ressorts de l’intrigue que je vous laisse découvrir.

L’imposture climatique – Claude Allègre en entretien avec Dominique de Montvalon (281 pages)

L’imposture climatique – Claude Allègre en entretien avec (281 pages)

Mes compétences en sciences, géographie, géologie, météorologie ne me permettent pas d’affirmer que Claude Allègre a raison ou tort. 

Ce qui est sûr, c’est que tous ceux (journalistes, hommes politiques…) qui ont voulu le faire passer pour un vulgaire clown oublient qu’il est l’un de nos grands scientifiques, couvert des prix les plus prestigieux en sciences. Ce qui est également sûr, c’est que tous les imbéciles qui ont voulu le discréditer en résumant son point de vue à l’importance qu’il accorde à la potentielle disparition de l’ours blanc sont vraiment réducteurs.Enfin, ceux qui le fustigent parce qu’il nierait prétendument que le réchauffement climatique est une hérésie n’ont pas lu le livre. ou alors, c’est moi qui n’ai rien compris.

Car à aucun moment il ne nie que le CO2 est un gaz à effet de serre et qu’il augmente constamment dans l’atmosphère, et qu’il a un impact notamment sur l’océan. En aucune façon il ne conteste que le climat se dérègle, et que c’est en partie à cause de l’homme. Mais en bon scientifique, il dit que les modèles qui ont été développés pour affirmer que le climat va se réchauffer de manière inconsidérée à cause de l’homme et des émissions qu’il produit en CO2 sont faux. Aujourd’hui, il est clairement établi que la courbe de température qui a servi de base aux algorithmes est erronée. Alors Claude Allègre doute des résultats proposés. En 2008, aucune modélisation ne permettait de calculer le climat sur les mille dernières années. Alors modéliser le climat sur les cent années à venir reviendrait à étudier les entrailles de poulet pour partir à la guerre. Trop de paramètres ne sont pas pris en compte (nuages, soleil, océans) pour avoir une vision fiable. Et en 2008, ces paramètres étaient trop mal connus pour les intégrer convenablement.

Il dit aussi que la terre va mal, indéniablement, et que l’homme est à l’origine de dérèglements (barrages qui empêchent le renouvellement de la sédimentation des deltas en provoquant de graves inondations, par exemple). Il explique aussi que réunir plus de cent chefs d’état et des centaines de journalistes pour des sommets mondiaux que personne ne ratifie, c’est beaucoup d’argent gaspillé à la place des actions concrètes qui pourraient être menées (enterrer les lignes à haute tension, par exemple, pour éviter les impacts des fortes chutes de neige, ou des tempêtes). Il affirme que taxer, punir et contraindre, ça ne marche pas, la preuve, les émissions de CO2 continuent d’augmenter, malgré les prétendues volontés de certains états. Qu’il faut agir, mais différemment, parce qu’on ne peut que constater que tout ce qui a été fait jusqu’à présent n’a pas été efficace. Que l’Europe s’est pénalisée économiquement, alors que les gros pollueurs de la planète, eux, continuent de s’en donner à coeur joie. Qu’il faut utiliser ce risque pour rebondir, et investir dans la recherche pour découvrir de nouvelles technologies.

Après, il règle ses compte avec L’ONU, et en particulier le GIEC qu’il accuse d’avoir verrouillé de façon non scientifique le sujet et d’avoir muselé toute forme de contestation, et même d’expression des doutes. Il dégomme les écologistes en général et Nicolas Hulot en particulier qu’il dit bête et inculte mais aussi certains scientifiques auxquels il reproche leur manque de rigueur, voire carrément leur travail bâclé. 

Je ne sais pas où en sont les recherches aujourd’hui. On parle toujours de réchauffement dans cent ans (les fanatiques du réchauffement étaient les même fanatiques du refroidissement dans les années 70, sachons-le) avec des hausses de températures pour l’ensemble du globe (il dit que c’est débile, car la température est un phénomène local et que c’est important de le considérer comme tel, en tenant compte des problématiques locales), donc je ne suis pas sûre que l’histoire lui ait donné raison sur les dix années qui viennent de s’écouler. 

Au-delà du sujet écologique pur, je le rejoins sur un point qui s’applique à tout selon moi : (nous vivons) “une crise du sens et de la réflexion (…) Il faudrait commencer par redécouvrir les vertus du débat contradictoire et, loin des à-peu-près et du vertige populiste, hausser le niveau”. Aujourd’hui, la pensée unique est de mise, on est dans un camp, ou dans l’autre, impossible de nuancer son discours sous peine d’être taxé d’extrémiste (du bord adverse), et les discours sont souvent d’une violence incroyable. Si le débat n’est plus possible, si chacun ne peut s’exprimer, alors la démocratie est en danger. mais c’est un autre débat. Préoccupant.

Homo deus – Yuval Noah Harari (427 pages)

Bon, je suis arrivée au bout. Quoi que très intéressant, c’est tout de même un peu ardu. C’est pas le livre idéal pour se vider la tête en vacances. Surtout qu’il évoque une hypothèse de fin d’humanité peu réjouissante.

Après avoir conquis le monde grâce à la conceptualisation (écriture et monnaie) en réglant les 3 problèmes majeurs de l’humanité dans leur quasi totalité (la faim, la guerre et les épidémies), quels vont être les prochains combats et recherches de l’être humain ? La recherche du bonheur, de l’immortalité et de la divinité.

Mais si nous ne sommes que des algorithmes, gérés en partie par un moi narrateur, la création d’algorithmes bien plus puissants que nous ne pourraient pas être la fin de l’homo sapiens et de l’humanisme ? Je résume et condense au maximum, mais évidemment ces théories sont très étayées et documentées. À lire en hiver, quand on a des dimanches pluvieux à tuer.

Une brève histoire du temps- Stephen Hawking (245 pages)

Un livre de vulgarisation, qu’ils disaient… Bon 245 pages, c’est court. Et puis ça fait un peu rêver les questions de départ. D’où venons-nous ? Quand à démarré l’univers ? Est-ce que Dieu existe ? Je me suis dit que je devais lire ce grand génie cosmologie qui vient de nous quitter. La vérité, c’est que c’est très compliqué, et incompréhensible pour le commun des mortels.

D’ailleurs, Stephen Hawking avoue qu’il n’est pas sûr que son livre soit compréhensible. On sent que lui, en revanche est passionné. À plusieurs reprises, il explique à quel point telle ou telle théorie l’a totalement excité au point de lui faire perdre le sommeil. Pour ma part, je n’y ai vu que la énième variation sur le même thème. On parle de mécanique quantique, de spin et de quarks, de théorie ultime d’unification de la physique, d’antiparticule et de naine blanche, de big bang et de big crush. Mais tout cela me paraît toujours fort obscur… Presque autant que les trous noirs sur lesquels il a tant travaillé.

En réalité, en tout cas en 1987, date de sortie de l’ouvrage, tout n’est que théorie, prédiction et supposition. Bref, on ne sait rien avec certitude. D’ailleurs un des principes fondamentaux est le principe d’incertitude. On y voit tout de même qu’un nombre important de prix Nobel de physique ont été récompensés grâce à leur recherche sur ce sujet. Ce qu’il faut retenir, c’est que tout se résume en trois noms, car leurs recherches ont fait faire des bonds de géant à l’humanité : Galilée, Newton et Einstein dont les brèves biographies figurent en fin de livre. Sinon, pour une vraie vulgarisation, pour ceux qui ont la chance d’habiter dans la région caennaise, inscrivez-vous à une visite du Ganil, (accélérateur d’atomes) , où le responsable des visites vous expliquera avec beaucoup de poésie que tout est atome et que nous sommes à la fois le passé et l’avenir. Pour Hawking, à moins d’être déjà un spécialiste de physique quantique, passez votre chemin.

Sapiens, une Brève Histoire de l’Humanité – Yuval Noah Harari (492 pages)

Yuval Noah Harari - Sapiens, une brève histoire de l'humanité

Bon, ça y est je suis allée au bout, surtout qu’avec des semaines personnelles un peu chargées, j’ai eu moins de temps pour lire.

Provocant, novateur, mais bourré d’informations, cet ouvrage remet l’histoire de l’humanité en tête en à peine 500 pages. On la découvre sous des angles très inédits qui déstabilisent parfois énormément. Ce n’est quand même pas commun d’imaginer que tous les engouements humains sont des « religions » à mettre sur un pied d’égalité (nationalisme, communisme, christianisme, capitalisme) avec seulement des points de détails divergents! Parfois on rit, parfois on sursaute et, parfois, on se dit qu’il va loin quand même.

Une chose est sûre : l’Homo Sapiens s’est développé comme aucune autre espèce ces 500 dernières années, en décuplant sa population, au détriment de beaucoup d’autres. Et contrairement à ce que l’on pourrait penser, l’homme ne détruit pas les autres espèces depuis 50 ans, mais depuis toujours! Les mégafaunes d’Amérique et d’Australie ont disparu rapidement après l’arrivée de l’homme sur ces territoires, comme l’Homo Sapiens a éradiqué toutes les autres espèces humaines (Neandertal, Florensis).

Puis, Yuval Noah Harari pose les bases de la suite car, pour la première fois de l’histoire du monde, une espèce est capable de modifier l’évolution naturelle grâce à des modifications génétiques. L’homme se prendrait-il pour Dieu? Aurons-nous accès à l’a-mortalité? Et le bonheur dans tout ça? A suivre dans le prochain numéro, puisque j’ai dans ma PAL (Pile A Lire) de table de chevet le second tome.