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Les gardiens des forêts d’Amazonie – Raymond Delattre (109 pages)

Comment se replonger dans ses cours de civilisation Sud-Américaine ? En lisant le livre de Raymond Delattre. Il évoque les différentes tribus d’Amazonie, et leur disparition progressive, bien entamée il y a 6 siècles par l’arrivée des colons et à nouveau accélérée depuis quelques décennies avec la déforestation (20% ont déjà disparu à cause de la surexploitation de la région). Disparition des personnes, des cultures et des dialectes. Un peu scolaire à mon goût, ce récit est un constat qui accumule les informations mais qui manque à mon sens d’analyse.

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André-la-poisse – André Siniavski traduit du russe par Louis Martinez (150 pages)

Que dire de ce court roman écrit en France à la fin des années 70 par un homme qui aura déclenché la dissidence en URSS, été chassé de sa terre natale après avoir passé six ans au goulag et été fustigé en France par les « russes blancs », la diaspora russe et toute une population intellectuelle française bien-pensante ? André s’imagine lui-même maudit dans son roman où l’anti-héros porte son nom. La langue caustique et désinvolte à la fois, tel qu’on peut imaginer le vrai André Siniavski, vous transportera dans un monde absurde où le destin et le hasard vous sont imputés et, de ce fait, reprochés dans un même élan.

Réédité par les éditions du Typhon et re-traduit, ce court roman est préfacé par son fils, Iegor Gran, lui-même écrivain. Il nous apporte son éclairage sur cette histoire d’homme persécuté : le père et le personnage.

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Betty – Tiffany Mac Daniel traduit de l’anglais américain par François Happe (716 pages)

Ces derniers temps, vous avez plutôt eu à faire à mes gentils coups de gueule sur des livres qui ont eu des succès populaires et qui m’ont, personnellement, laissée de marbre, au mieux et franchement agacée, au pire. J’ai donc abordé Betty avec beaucoup d’appréhension, d’autant que j’ai trouvé les lecteurs plutôt mitigés sur ce roman.

Ces derniers temps, vous avez plutôt eu à faire à mes gentils coups de gueule sur des livres qui ont eu des succès populaires et qui m’ont, personnellement, laissée de marbre, au mieux et franchement agacée, au pire. J’ai donc abordé Betty avec beaucoup d’appréhension, d’autant que j’ai trouvé les lecteurs plutôt mitigés sur ce roman.

Comme on le dit souvent, les livres sont des histoires de rencontre avec le lecteur, il y a des moments où on est sensible, où on est prêt au thème, au style. C’est ce qui m’est arrivé avec Betty. J’ai adoré la Petite Indienne et sa famille de bric et de broc. J’ai aimé à la folie ce père Cherokee si poétique qui racontait des histoires à ses enfants pour leur éviter la cruelle réalité des gens de couleur dans l’Ohio des années soixante. J’ai aimé l’amour qui transpire malgré les moments tragiques.

Tiffany Mac Daniel s’est inspirée de l’histoire de sa mère (et de sa famille) pour ce roman. On ne sait pas ce qui est vrai dans ce qu’elle nous narre, mais le regard farouche et rebelle de la petite fille dont elle nous montre la photo en début d’ouvrage nous laisse déjà imaginer sa vie de femme forte. Je ne me suis pas ennuyée un seul instant dans ce petit pavé, et je retrouvais chaque soir les personnages avec plaisir. Un bon roman américain contemporain, selon moi, donc.

Ces derniers temps, vous avez plutôt eu à faire à mes gentils coups de gueule sur des livres qui ont eu des succès populaires et qui m’ont, personnellement, laissée de marbre, au mieux et franchement agacée, au pire. J’ai donc abordé Betty avec beaucoup d’appréhension, d’autant que j’ai trouvé les lecteurs plutôt mitigés sur ce roman. Comme on le dit souvent, les livres sont des histoires de rencontre avec le lecteur, il y a des moments où on est sensible, où on est prêt au thème, au style. C’est ce qui m’est arrivé avec Betty. J’ai adoré la Petite Indienne et sa famille de bric et de broc. J’ai aimé à la folie ce père Cherokee si poétique qui racontait des histoires à ses enfants pour leur éviter la cruelle réalité des gens de couleur dans l’Ohio des années soixante. J’ai aimé l’amour qui transpire malgré les moments tragiques. Tiffany Mac Daniel s’est inspirée de l’histoire de sa mère (et de sa famille) pour ce roman. On ne sait pas ce qui est vrai dans ce qu’elle nous narre, mais le regard farouche et rebelle de la petite fille dont elle nous montre la photo en début d’ouvrage nous laisse déjà imaginer sa vie de femme forte. Je ne me suis pas ennuyée un seul instant dans ce petit pavé, et je retrouvais chaque soir les personnages avec plaisir. Un bon roman américain contemporain, selon moi, donc.

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Reste avec moi -Ayòbámi Adébáyò traduit de l’anglais par Josette Chicheportiche (280 pages)

Décidément, la littérature nigériane est une grande littérature. A l’instar de sa compatriote Chimamanda Ngozi Adichie, l’autrice nous livre ici un roman d’amour absolument merveilleux. Sur fond de contexte politique troublé (notamment les coups d’état de 1985 et 1993, parmi les 6 coups d’états qui ont émaillé l’histoire politique du pays) et tissé avec le poids des traditions et de la culture, Akin et Yejidé s’aiment, se marient et n’ont pas d’enfants. Une situation inacceptable pour un couple moderne mais traditionnel.

En 5 parties, Ayòbámi Adébáyò nous balade dans son histoire où l’on n’atterrit jamais où on croyait que le vent nous portait. Vous vous fourvoierez jusqu’au dernier chapitre avec délices dans cette belle histoire dramatique. Un grand roman. 

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Nickel Boys -Colson Whitehead traduit de l’anglais américain par Charles Recoursé (258 pages)

C’est en lisant la bibliographie de Colson Whitehead que je me suis aperçue que j’avais déjà lu “Apex”, du même auteur. J’avais absolument adoré ce roman par son originalité et sa plume merveilleuse, bien que cet ouvrage n’ait pas fait l’unanimité dans mon club de lecture. 

A cette époque, Colson Whitehead avait déjà obtenu un prix Pulitzer. A l’instar de Faulkner, il en a obtenu un deuxième grâce à “Nickel boys”. Je ne connais pas les critères d’attribution  de ce prix, mais il a indéniablement sa place dans les livres qui marquent et qui feront leur place dans la littérature. 

Dans les années 60 en Floride, un jeune noir idéaliste, intelligent, travailleur, tranquille se retrouve dans une école qui est censée aider les jeunes en difficulté à se réhabiliter. En réalité, il s’agit d’une maison de correction cruelle où les châtiments corporels sont le quotidien des élèves. Au lieu d’entrer comme prévu à l’université, il attend la fin de son séjour avec sa ténacité habituelle. Comment mettre en œuvre les préceptes de Martin Luther King, son idole, dans cet univers où c’est dur pour les blancs mais pire pour les noirs ? 

Colson Whitehead ne fait pas dans le trash, le glauque, le sensationnel, le misérabilisme. Il parle avant tout d’amour, d’amitié, de résilience et de liberté. Au milieu du vacarme de l’insupportable. C’est ça qui est beau. C’est ça qui est fort. 

Et la fin totalement inattendue vient mettre la touche finale à ce grand livre. 

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Âme brisée – Akira Mizubayashi (256 pages)

Quand on parle du Japon pour évoquer la deuxième guerre mondiale, on parle de Pearl Harbour et ses Kamikazes ou d’Hiroshima. On ne parle jamais des souffrances de la population persécutée comme d’autres populations par des gouvernements et / ou des militaires inflexibles. Le roman de Akira Mizubayashi dévoile un pan méconnu de l’Histoire dans cette partie du monde. L’arrestation abusive du père de Rei, musicien amateur de haut niveau, et de ses compagnons de quatuor, Chinois, laisse Rei seul dans une armoire où son père a réussi à le cacher avant l’arrivée des militaires. L’amitié avec des Chinois déclenche chez un soldat obtus une suspicion de trahison et il détruit le violon du père, y compris l’âme, cette petite pièce qui éloigne les cordes de la caisse.

On apprend beaucoup de choses sur le métier de luthier également.

Ce livre est donc très instructif, mais je l’ai trouvé pour ma part un tout petit peu trop : Trop de coïncidences, trop de pathos. Cela reste une belle histoire et vous vous y laisserez entraîner avec plaisir.

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Les impatientes – Djaili Amal Amadou (240 pages)

Les lycéens ont décidément bon goût. Avec ce Goncourt, ils le démontrent une nouvelle fois. Rencontrée lors d’un VLEEL, Djaili Amal Amadou est la joie de vivre incarnée. Pourtant, dans son roman, elle nous explique que les filles n’ont pas voix au chapitre. Ce que pense une fille n’a aucune importance. Munyal munyal… Patience ma fille, patience. Voilà ce qu’on répète inlassablement aux filles Peules. Le poids de leur culture est terriblement pesant. La religion est venue ajouter sa couche. On brandit le Coran à tout bout de champ pour imposer la volonté des pères, des oncles, des frères sous couvert de la volonté d’Allah.Pour éviter à leurs mères d’être répudiées avec leurs enfants les plus petits, les filles se laissent marier à des hommes qu’elles n’ont pas choisi. L’hypocrisie et la trahison règnent en maître dans ces concessions. Les femmes attendent que leurs rivales tombent, elles ne se gênent pas pour leur faire des croche-pieds pour se mettre en avant et être la préférée de l’époux qu’on leur a choisi.

Au travers de trois destins bien différents (Ramla, la jolie adolescente qui veut devenir pharmacienne, Hindou, sa demi-soeur mariée le même jour à un cousin violent, bon à rien et buveur et Safira, la première épouse de l’homme qui a décidé de prendre Ramla en secondes noces), on verra que la patience a parfois des failles.

Personnellement, j’ai trouvé ce livre indispensable et terrifiant, même si son autrice a une telle foi en l’avenir et dans le rôle que les femmes ont à jouer qu’on doit l’aider à mettre en œuvre cette lueur d’espoir.

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Black Manoo – Gauz (170 pages)

La quatrième de couverture est exceptionnellement bien rédigée, alors je demande par avance pardon aux éditions Le nouvel Attila de ne pas faire mieux en termes de résumé. Black Manoo est un jeune Abidjanais junkie qui arrive en France dans les années 90. S’ensuit un long parcours du combattant, qui est le lot de tous les sans-papiers qui débarquent en France. L’auteur décortique les mécanismes absurdes d’un monde que les mis de côté réussissent à contourner avec débrouillardise. Jouer avec les codes de ce système devient une seconde nature. 

Avec son style unique, poétique, décalé, merveilleux et pourtant toujours renouvelé, Gauz nous raconte la vie de cet homme hors norme, et en même temps si banal. Après Debout-Payé et Camarade Papa, encore un excellent cru de cet auteur incontournable.

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Abyssinia I – Alexandre Page (500 pages)

Partez à l’aventure avec une délégation russe à la toute fin du 19ème siècle qui voyage de Saint-Pétersbourg jusqu’en Abyssinie pour aider les Ethiopiens à conquérir leur territoire ! Avec son style qui se cale complètement sur l’époque et l’histoire, Alexandre Page nous fait prendre le train jusqu’à Odessa, puis le bateau jusqu’au Caire et pour descendre le Nil et traverse ensuite déserts, montagnes et plaines pour aller au lac Rudolph, lieu de toutes les convoitises. Vous marcherez dans les pas des tout premiers explorateurs de cette région aux paysages, à la faune et la flore superbes.

Dans une civilisation où nous passons notre temps à courir après le temps, apprenons à nouveau à déambuler sur des mules qui marchent au pas, et à découvrir des civilisations et des cultures inconnues. Le roman est comme toujours truffé de photos et de croquis du véritable voyage qui illustrent d’autant mieux le propos. Un voyage pour le moins dense, intense et dépaysant.

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Au coeur de la fougère – Ian Borthwick et Vincent Fernandel (183 pages)

Quand on m’a proposé de découvrir ce livre sur le rugby, je sortais d’une expérience inédite avec la boxe. Et ça m’avait plu. La différence, c’est que j’avais déjà vu des matchs de rugby, que je me suis même passionnée pour ceux que j’ai vus, que j’ai eu l’occasion de rencontrer des rugbymen, des types durs au mal, costauds et bons vivants. Je connais même le nom de l’équipe de Nouvelle-Zélande, mythique, des All Blacks. A part ça et leur fameux Haka, je m’y connais à peu près autant en rugby qu’en boxe.

Ce qui est intéressant, c’est que l’un des deux auteurs, en l’occurrence Vincent Fernandel, n’est lui-même pas un spécialiste. Il guide donc les gens comme moi sur les terres de Nouvelle-Zélande pour y découvrir ce sport qui est un pilier (oh oh jeu de mots !)  du pays.

Entre des photos absolument magnifiques et un texte à la fois touchant et drôle, on ne rêve que de partir sur cette terre qui a une âme et où les habitants ont tous l’air charmants et accueillants. On parcourt les deux îles du sud au nord au travers de ces expériences humaines jalonnées de quelques-uns des hommes qui ont construit cette équipe.