Moravagine – Blaise Cendrars (236 pages)

Moi qui ne relis jamais, j’ai profité du confinement pour me replonger dans ce livre poétique et fou où l’on croise un double de Cendrars maléfique, assassin et fantasque; mais aussi Cendrars lui-même. Le rythme de l’écriture, unique, vous entraîne faire le tour du monde pour en déranger l’ordre établi.

« Les épidémies, et plus spécialement les maladies de la volonté, les névroses collectives, comme les cataclysmes telluriens dans l’histoire de notre planète, marquent les différentes époques de l’évolution humaine.[…] « Prophylaxie ! prophylaxie!… » disent-ils; et pour sauver la face, ils ruinent l’avenir de l’espèce. »

« Tu n’as donc pas encore compris que le monde de la pensée est fichu et que la philosophie c’est pis que le bertillonnage. Vous me faites rire avec votre angoisse métaphysique, c’est la frousse qui vous étreint, la peur de la vie, la peur des hommes d’action, de l’action, du désordre. Mais tout n’est que désordre, mon bon. Désordre que les végétaux, les minéraux et les bêtes. Désordre que la multitude des races humaines; désordre que la vie des hommes, la pensée, l’histoire, les batailles, les inventions, le commerce, les arts; désordre que les théories, les passions, les systèmes. »

Les obus jouaient à pigeon vole – Raphael Jeruzalmy (176 pages)

Raphaël Jerusalmy - Les obus jouaient à pigeon vole

Ce n’est pas un obus, c’est un ovni! Ce petit livre, émaillé de poèmes d’Apollinaire joue avec les mots. L’auteur s’en délecte autant que le poète, il s’amuse et se fait plaisir en nous emmenant dans sa ronde. La tranchée? Une horreur, mais le poète y ramasse de la matière pour en faire des vers.

Des mots piqués aux poilus. Un livre en compte à rebours, jusqu’à ce que le poète soit touché.