Galerie

Le Club des cinq arrête le gluten – Enid Blyton – Bruno Vincent (127 pages)

Claude, François, Mick, Annie ont grandi et Dagobert a vieilli.  Cet opus parodique vous rappellera votre enfance, mais vous fera sentir comme le monde du club des cinq tel qu’on l’a connu a évolué. Du coup, entre les formules candides et enthousiastes qui caractérisent nos souvenirs, les dessins qui illustrent de manière décalée les phrases mises en exergue, et le décalage du thème abordé, vous rirez franchement. Un vrai bon moment de détente.

La presqu’île empoisonnée – Guillaume Le Cornec (438 pages)

Je vous avais déjà chroniqué L’île aux panthères, suite à ma rencontre avec Guillaume lors du festival Bloody Fleury 2018. Une version 2.0 du Club des cinq de notre enfance.

La presqu’île empoisonnée est donc la suite des aventures des JAXON, entendez Judith, Amara, Xavier, Oscar et NicolaÏ, tous les cinq embarqués, avec leurs familles, dans une aventure aussi modeste que celle de sauver le monde et la planète ! Cette fois, nos détectives en herbe s’attaquent à un géant des pesticides, financé par la mafia calabraise. Rien que ça ! Personnellement, je trouve que Guillaume Le Cornec a encore affiné son style, et peaufiné son histoire. Une façon intelligente de sensibiliser nos ados à l’écologie. Sur fond de grandes entreprises et de monde de la finance pourris jusqu’à la moelle, il tresse une histoire complexe où de nouveaux personnages font leur apparition.

Ce n’est pas mièvre, ce n’est pas simpliste, même si c’est au départ adapté pour un public jeune. Foncez, et piquez-le à vos ados ensuite, ou l’inverse, car ce Mission impossible miniature vaut le détour. Soufflant !

Vagabonde – Hervé Jubert (507 pages)

A l’instar de Guillaume le Cornec et ses Jaxon, qui revisitent le concept des héros de notre enfance, le Club des Cinq, Hervé Jubert, lui, s’attaque plutôt au mythe de Fantômette, avec Vagabonde, une petite ado haute en couleurs qui part à la recherche de son père qui a disparu. La différence, de taille, je vous l’accorde, c’est que Vagabonde, est la fille d’un voleur, et qu’elle rêve de suivre les traces de son père. Avec cette disparition plus qu’inquiétante, elle se jette de fait dans le grand bain… et dans la gueule du loup, bien sûr.

Très moderne, très drôle, on est tout de suite absorbé par l’histoire de cette famille atypique et les quêtes haletantes qu’ils poursuivent. C’est frais, c’est léger, malgré les personnages inquiétants et le fond de l’histoire, bien triste. Pour autant, un vrai vent de légèreté souffle tout au long de ce roman.

Hervé Jubert nous entraîne dans le road trip que suit la jeune fille et son petit frère, ses amis, un drôle d’étudiant, un grand-père fantasque, un parrain qui ne l’est pas moins, une chatte siamoise sournoise et un combi Vévé qui leur permet de parcourir l’Europe de long en large et en travers.

Amusez-vous beaucoup et passez-le à vos gamins ensuite, ils vont adorer. Rafraîchissant !

L’île aux panthères – Guillaume Le Cornec (355 pages)

Les héros de notre enfance, les membres du Club des cinq ayant bien trop et fort mal vieilli, Guillaume Le Cornec nous propose une alternative modernisée d’un groupe d’ados menant une enquête. Ces cinq-là ont tous une spécialité et une particularité. Ils sont tous surdoués et sur entraînés. On replonge avec délices dans notre adolescence mais dans une version 2.0 sur fond de mafia chinoise et serbe. Avec des portables pour communiquer. Et internet pour faire des recherches. Vos ados vont adorer. Mais en tant qu’adulte, on y prend beaucoup de plaisir aussi. L’enquête nous tient et les personnages, improbables sont attachants. C’était mon dernier livre dégoté lors du festival Bloody Fleury. Le tome 2 vient de paraître. On souhaite à Guillaume une longue série !

La Parole de Fergus – Siobhan Dowd (337 pages)

Siobhan Dowd - La parole de Fergus

Ecrit à l’origine pour la jeunesse, ce livre parle avec beaucoup de délicatesse de la guerre d’Irlande, vue par un jeune homme qui préférerait se concentrer sur ses études et son nouvel amour que sur la grève de la faim de son frère. Il sympathise avec un jeune soldat « ennemi ». Il a l’intelligence de se dire que ce garçon est un garçon comme lui, qu’ils pourraient être vraiment amis dans d’autres circonstances. Il découvre un corps dans la tourbe, très bien conservé, qui date en réalité de plusieurs centaines d’années.

L’histoire de cette jeune fille est présentée en filigrane pour expliquer une autre partie troublée de l’histoire d’Irlande, et ses martyrs volontaires. Prévert aurait bien résumé : Quelle connerie la guerre!