Asymptote – David Hue – auteur (206 pages)

En pleine affaire Griveaux, je trouve amusant de parler d’Asymptote, le premier roman de David Hue sur la manipulation des politiques et de la déliquescence de notre système démocratique.
Rien à voir bien sûr, Asymptote est carrément plus sombre qu’une pauvre histoire de vidéo turgescente, mais on a un fond qui pourrait y ressembler. Cette dystopie décrit le monde tel qu’il pourrait évoluer dans le pire des cas : Fond politique inexistant, mais communication des partis très au point, système d’éducation appauvri, fécondité quasi inexistante, désordres climatiques très importants sans aucune volonté réelle de les améliorer, monde noir, gris sombre, déprimant.

Parfois, au milieu de ce chaos, une conscience essaye de faire un monde plus juste, plus beau. C’est le cas de ce policier qui enquête sur le meurtre d’un juge très aimé, très consciencieux, très droit. Deux skinheads ont été vus proches du lieu du crime et une croix gammée a été entaillée sur le torse de la victime. L’extrême-droite serait-elle derrière ce crime odieux, ou bien la ficelle est trop grosse, trop visible pour être vraie ? On a tendance à ne plus croire en grand-chose dans ce monde décadent.

Le poids de la neige – Christian Gay-Poliquin (251 pages)

A l’instar de “Dans la forêt”, on ne sait pas vraiment ce qu’il s’est passé, juste qu’il n’y a plus d’électricité, que l’essence et la nourriture se font rares, que les villages s’organisent pour se protéger. Il est gravement accidenté, mais les villageois acceptent de le sauver parce que c’est le fils du garagiste, décédé, et qu’il a peut-être des compétences en mécanique, lui aussi. Matthias, lui, n’a qu’une idée en tête, retrouver sa femme hospitalisée, alors qu’il est bloqué par la neige. On lui demande pourtant d’héberger et de soigner le blessé, en échange de bois, de vivres et d’une place dans le convoi qui partira pour la ville dès que la neige aura fondu. La hauteur de la neige ponctue les chapitres comme autant d’obstacles  qui éloignent Matthias de son but.

L’ambiance est lourde, comme le poids de la neige, les relations humaines sont modifiées par ce nouvel ordre des choses. Un bon cru de la sélection du prix Cezam 2019, même si la fin semble un peu bâclée. Pesant.

La servante écarlate – Margaret Atwood (521 pages)

Je ne regarde pas de séries, mais j’aime bien lire les livres qui les ont inspirées. Ecrit il y a trente-quatre ans, la servante écarlate est une dystopie où, du jour au lendemain, un puritanisme massif régit les Etats-Unis. 

Quand on voit que 14 états aux Etats-Unis ont voté des restrictions sur les droits à l’avortement, avec une loi particulièrement restrictive en Alabama, et tous les endroits dans le monde où les droits des femmes régressent, on est forcément interpellé pendant notre lecture. D’un jour à l’autre, les comptes bancaires des femmes sont bloqués, elles n’ont plus le droit de travailler, et les couples remariés après un divorce sont considérés comme illégitimes.

La planète ne fournit plus un air, une eau et une alimentation de qualité, si bien que la natalité a fortement plongé. (finir le livre précisément le jour où on annonce qu’on a déjà dépensé les ressources annuelles de la planète interpelle aussi.)

Ce qui est intéressant dans la démarche de Margaret Atwood, c’est qu’elle s’est appliquée à ne rien inventer, rien exagérer, tout ce qu’elle décrit a été appliqué par les êtres humains, dans diverses civilisations et époques. l’obscurantisme n’a jamais fait avancer l’humanité, l’a au mieux freinée, au pire, fait régresser.

Quand on sait que les Grecs avaient déjà compris que la terre était ronde, et qu’ils en avaient calculé la circonférence, mais qu’il a fallu 1800 ans ensuite pour l’admettre à nouveau, et que certains, aujourd’hui encore, revendiquent la platitude de la terre, j’ai juste envie de dire : Restons vigilants !