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Debout-Payé – Gauz (204 pages)

Après cette incroyable rencontre VLEEL (varions les éditions en live, rencontres avec des éditeurs et des auteurs) avec les éditions le nouvel Attila et Gauz, j’ai immédiatement couru chez mon libraire pour me procurer la prose de cet érudit si humble. 

Gauz est un homme au discours fabuleusement simple et à la plume acérée. Sous l’apparente simplicité de son écriture, il avoue lui-même avoir énormément travaillé. Rien n’est acquis dit-il. Le talent n’existe pas, seul le travail compte. Il retrace dans ce roman l’histoire de plusieurs générations d’immigrés Ivoiriens en France, et l’évolution de la politique qui a façonné l’image populaire qui en a découlé. Ce récit est émaillé de réflexions sur la condition de vigile. Théorèmes, corollaires, sophismes, on est fasciné par le métier de ces hommes transparents, invisibles. On rit beaucoup aussi, des petits ou des gros travers des clients, mais parfois, on est soufflé par la poésie ou la tendresse qui se dégage de ce texte.

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Les pantoufles – Luc-Michel Fouassier (113 pages)

Encore un tout petit ouvrage découvert lors des “Varions les éditions en live” (VLEEL) avec les Editions de l’Arbre Vengeur pour se détendre à la rentrée. Un homme s’aperçoit qu’il a oublié de mettre ses chaussures, et que ses clés sont à l’intérieur de son appartement. Pressé, il décide de démarrer sa journée en l’état. Cela va changer sa vie. En quelques pages, l’auteur aborde les grands thèmes de la vie : le travail, l’amour, l’argent, l’art, l’amitié, au travers du regard des autres sur un détail incongru. Absurde, drôle et poétique.

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Le gang de la clé à molette – Edward Abbey Traduit de l’anglais (Etats-unis) par Jacques Mailhos (552 pages)

Quatre personnes que rien ne prédisposait à se rencontrer, décident de protester contre l’urbanisation et la destruction de l’environnement du désert entre le Colorado, l’Utah, le Nevada et l’Arizona, ainsi que de son majestueux fleuve par des sabotages de bulldozers sur les chantiers de construction des routes et des ponts. 

Parfois c’est très drôle, on éclate franchement de rire. Par moment, on se perd un peu dans les descriptions techniques des engins de chantiers. 

Ce livre est l’histoire d’une longue cavale et d’une longue traque. L’histoire est politiquement incorrecte, crue, parfois absurde. Mais on comprend que cet écrivain, qui s’est fait enterrer dans un lieu secret de ce même désert, ait tenté avec son arme, l’écriture, de s’opposer aux aberrations écologiques créées par les hommes dans cette partie sauvage du monde. Un Panthéon de la littérature américaine qu’il faut absolument avoir lu.

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L’invention d’Adélaïde Fouchon – Natacha Diem (204 pages)

Adélaïde est une petite fille comme les autres, ou presque puisqu’elle a une maman et deux papas et cette singularité l’empêche d’être vraiment bien dans sa peau. Alors elle se réinvente tant qu’elle peut. Lorsqu’elle devient adulte, elle cherche à comprendre si cette enfance si particulière l’empêche encore de vivre normalement.

Le premier livre de Natacha Diem est à la fois poétique et cru, drôle et émouvant. Adélaïde parle tour à tour de ses souvenirs en tant qu’enfant et de ses réflexions de femme. Son style est moderne et sans concession. Certaines phrases sont de vraies pépites de style, des trouvailles ingénieuses qui ne sonnent jamais faux et qui font toute la beauté de l’ouvrage. Une vraie découverte.

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Brétécher – Morceaux choisis (125 pages)

Un petit hommage supplémentaire à cette grande dame si belle et si talentueuse qui nous a quittés en février dernier. Et heureusement qu’elle n’est pas là pour lire ces mots, elle m’aurait méprisée dédaigneusement de sa modestie légendaire.

Si vous souhaitez en savoir un peu plus sur sa carrière et retrouver quelques morceaux d’anthologie, précipitez-vous comme Agrippine le fait sur l’image de couverture.

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Le Club des cinq arrête le gluten – Enid Blyton – Bruno Vincent (127 pages)

Claude, François, Mick, Annie ont grandi et Dagobert a vieilli.  Cet opus parodique vous rappellera votre enfance, mais vous fera sentir comme le monde du club des cinq tel qu’on l’a connu a évolué. Du coup, entre les formules candides et enthousiastes qui caractérisent nos souvenirs, les dessins qui illustrent de manière décalée les phrases mises en exergue, et le décalage du thème abordé, vous rirez franchement. Un vrai bon moment de détente.

Pyongyang 1071 – Jacky Schwartzmann (185 pages)

Paulsen, éditeur spécialisé dans les voyages et le sport a eu l’idée saugrenue d’envoyer des écrivains réaliser des épreuves sportives un peu extrêmes dans des situations inhabituelles.

Ainsi a vu le jour le périple de Jacky Schwartzmann en Corée du Nord pour y effectuer un Marathon.

Jacky Schwartzmann a un don particulier : celui de vous donner l’impression d’être avec lui pendant qu’il vit son épreuve, son entraînement, son voyage. On a envie d’être pote avec lui, parce qu’on se reconnaît dans ses réactions, et qu’on se dit qu’on se serait marré avec lui, qu’on aurait eu peur en même temps, qu’on aurait souffert de la même manière. Avec l’humour qui le caractérise, et qu’on retrouve dans ses autres romans, on le suit dans cette épopée Nord Coréenne en se disant, comme lui, qu’on n’y retournera jamais. Dépaysant.

Le coffre – Jacky Schwartzmann / Lucian-Dragos Bogdan (153 pages)

A l’instar de Pension Complète que Jacky Schwartzmann a écrit tout seul, ce roman noir est un roman noir et drôle. Un cadavre retrouvé dans un coffre de toit de voiture, une enquête que se partagent deux flics : un Roumain, un Français, un choc culturel. Deux auteurs, un Roumain, un Français, qui ont eu les mêmes difficultés de communication que leurs flics respectifs. Une enquête urgente, un livre urgent, une commande pour quais du polar, 4 mois pour sortir un bouquin entre deux auteurs qui ne se connaissent pas, trois mois avant la retraite du gendarme français. 

Exercice littéraire réussi, deux auteurs bien choisis pour le réaliser. La conversation téléphonique entre les deux représentants de l’ordre est à mourir de rire. On apprend plein de choses sur l’histoire de la Roumanie, sur ses chocs culturels internes (La Moldavie / La Transylvanie). Les clichés sont abordés de part et d’autre et font la saveur de ce petit roman bien marrant.

Pension complète – Jacky Schwartzmann (184 pages)

Dino est issu d’une banlieue pauvre de Lyon, mais il vit depuis vingt ans au Luxembourg avec Lucienne, multimilliardaire de trente-deux ans son aînée. Il n’est pas gigolo, Dino, parce qu’il l’aime vraiment, Lucienne. Pourtant, à un moment, elle lui demande de prendre le large et d’aller un moment à Saint-Tropez. Et là, tout dérape.

Dans ce polar déjanté, deuxième de la sélection du prix des lecteurs de Bloody Fleury 2020, on rit beaucoup. A l’instar de l’excellent Mamie Luger, de Benoît Philippon, le style sert énormément le livre. Comme c’est assez court, je ne veux pas déflorer plus, mais foncez pour une vraie tranche de rigolade. ça pourrait sembler incongru de qualifier un roman noir ainsi, mais c’est vraiment désopilant.