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Du miel sous les galettes – Roukiata Ouedraogo (268 pages)

Vous connaissez peut-être Roukiata Ouedraogo au travers de ses chroniques sur France Inter ou de son one woman show ? Elle nous livre dans ce premier roman une description de son Burkina Faso natal plein de fraîcheur et d’amour de la vie. Si vous lisez le livre en ayant sa voix et son joli accent chantant dans la tête, franchement, c’est un plus. Elle nous raconte les traditions, la culture et sa mère, cette femme forte qui a élevé sept enfants pendant plusieurs années toute seule, suite à une aberration du système judiciaire. Elle fait des parallèles amusants entre la culture française et la culture burkinabé, pleins d’humour, de dérision et de tendresse. un moment dépaysant, gai et touchant, à son image.

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Ensemble, on aboie en silence – Gringe (170 pages)

Gringe est un artiste complet, rappeur, acteur qui apporte une pierre supplémentaire à son parcours avec ce livre. Un livre écrit en partie avec son frère, schizophrène. Il s’agit à la fois d’un livre sur la schizophrénie, sur l’amour fraternel, sur la culpabilité.

Il y a déjà eu des écrits sur des différences, l’autisme, la bipolarité, mais à ma connaissance, jamais on a donné la parole à une personne qui le vit de l’intérieur. Les photos de Thibault, sont incroyablement fortes, poétiques et belles. Sa plume est magnifique, ses textes écrits en hôpital psychiatrique sont poignants. La déclaration d’amour de Gringe pour son frère est comme une lettre d’excuses où il évoque sa culpabilité.

Car au moment où Guillaume devenait célèbre, Thibault sombrait dans une vie pour toujours compliquée et ils ont appréhendé ces deux facettes (célébrité / hôpitaux psychiatriques) comme ils ont pu. Parce que tout le monde fait comme il peut, tout le temps. L’énergie déployée par les malades, mais aussi leurs proches. Chacun avance comme un funambule sur le même fil déstabilisant qui bouge tout le temps. C’est épuisant pour tous et en continu. On croit par moment trouver des pistes pour stabiliser le cours des choses, mais c’est toujours temporaire et jamais acquis. Un texte qui se lit vite et d’une traite et qui laisse une trace.

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La grande roue – Diane Peylin (248 pages)

J’ai enfin réussi à me procurer le dernier livre de la sélection Cezam 2019. 

La grande roue, c’est quatre personnages dont on suit le parcours tour à tour. Aucun lien entre les 4. On se doute que tout va se rejoindre à un moment, comme lorsqu’on est dans une grande roue et qu’on voit le paysage de points de vue différents. Ce côté-là est plutôt réussi, et bien malin qui comprendrait qui sont David, Nathan et Tess, et leur lien avec Emma. On découvre assez tard les liens entre les différents personnages. On se doute aussi qu’il y a plusieurs époques et il n’y a pas d’indice qui nous éclaire. Le sujet est d’actualité, la maltraitance féminine.

Plusieurs ingrédients favorables à une bonne histoire donc. Pourtant, à mon sens, un certain nombre d’incohérences et d’invraisemblances viennent gâcher un peu le plaisir. Et pour le coup, on tourne un peu en rond au milieu, et on a l’impression de lire plusieurs fois des chapitres similaires. Comme dans une grande roue. C’est peut-être volontaire, mais moi, ça m’a un peu ennuyée. Pour autant, ça se lit bien, et la fin est assez inattendue.

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Une ombre qui marche – Tiphaine Le Gall (205 pages)

Ce livre de la rentrée littéraire est présenté comme un essai sur l’œuvre d’un auteur décédé qui aurait transformé le monde et la vision du monde en produisant une œuvre totalement vide, avec 283 pages blanches.

D’ailleurs, le sous-titre du roman est « essai sur les fondements et les enjeux de l’Oeuvre absente de Timothy Grall, par Maxime Desvaux, maître de conférence émérite en littérature française et comparée à l’université Sorbonne, Paris 4. C’est à la fois, bien sûr, loufoque, mais aussi sérieux, en présentant les travers de notre monde actuel. Elle y fait référence à des textes de Montaigne méconnus, mais aussi Kundera, Baudelaire, Flaubert.

L’autrice dont vous aurez noté la similitude de consonance avec l’auteur supposé invente également tout un tas de références. Un livre vraiment original, pas très facile, car il y a beaucoup de références philosophiques, mais il y a des trouvailles vraiment drôles et savoureuses !

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Mon chien stupide – John Fante Traduit de l’anglais (Etats-unis) par Brice Matthieussent (188 pages)

Brice Matthieussent n’a pas son pareil pour révéler l’humour des ouvrages qu’il traduit. Mon chien Stupide n’échappe pas à la règle. 

Molise est un écrivain en berne qui survit grâce à des scénarii de télévision. Sa vie le déprime énormément, les signes extérieurs de richesse qu’il essaye tant bien que mal de maintenir ne le rendent pas heureux et il aimerait assez se débarrasser de ses quatre enfants, tous adultes, qu’il considère comme des parasites encombrants et ingrats. 

Un soir de forte pluie, un chien élit domicile chez lui, au grand dam de son épouse. Ce chien est tellement bête que tout le monde s’accorde à l’appeler Stupide. Sous une apparente placidité, ce chien va se révéler être un obsédé homosexuel, prêt à s’attaquer à tout ce qui bouge, et devenir agressif si on essaye de le contrer.

John Fante s’attaque à des mythes du rêve américain : belle maison, belle voiture, mais surtout une bonne couche de vernis pour masquer la misère de l’ensemble. Doit-on continuer à sauver les apparences, ou bien vivre ses rêves et ses envies d’ailleurs ? Cru et désabusé.

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Les pantoufles – Luc-Michel Fouassier (113 pages)

Encore un tout petit ouvrage découvert lors des “Varions les éditions en live” (VLEEL) avec les Editions de l’Arbre Vengeur pour se détendre à la rentrée. Un homme s’aperçoit qu’il a oublié de mettre ses chaussures, et que ses clés sont à l’intérieur de son appartement. Pressé, il décide de démarrer sa journée en l’état. Cela va changer sa vie. En quelques pages, l’auteur aborde les grands thèmes de la vie : le travail, l’amour, l’argent, l’art, l’amitié, au travers du regard des autres sur un détail incongru. Absurde, drôle et poétique.

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Otage – Aloysius Wilde (258 pages)

Un homme est appelé pour aller chercher son fils à l’école qui a mal au ventre. Lorsqu’il arrive sur place, il constate que la classe de deuxième section de maternelle où se trouve l’enfant a été prise en otage.

Pour l’ambiance, on est à un croisement entre Kill Bill, Kika et le 5ème élément. Pour l’histoire, on est entraîné dans un thriller où chaque chapitre apporte ses propres rebondissements. On appelle ça un page turner efficace.

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Le Cercle de Dinas Bran – Sophia Raymond (378 pages)

J’ai découvert Sophia Raymond grâce au challenge Bloody Fleury et son haletant Cercle de Caïn, où elle élaborait une intrigue autour de la découverte de la momie Ötzi. Je viens de terminer ce qui est en réalité son premier roman, où elle mêle une intrigue bien ficelée autour des thèmes de l’EMI (expérience de mort imminente) et les tsunamis de 1755 au large de Lisbonne qui détruisit complètement la ville, et celui de 2004 qui fit plus de 200000 morts en Thaïlande. 

Will est envoyé pour un reportage sur un colloque sur les EMI à Paris, un phénomène qui le laisse sceptique. Mais il découvre que toutes les expériences ne sont pas positives et que certaines personnes ont des visions plutôt d’enfer que de paradis. En cherchant à creuser davantage cet aspect, il va se trouver embarqué dans une histoire plus personnelle qu’il ne l’aurait crû.

Déjà à l’époque, l’autrice s’inspirait de faits historiques pour ciseler une histoire entre Da Vinci Code et Les aventuriers de l’Arche perdue. Un incroyable premier roman qui se lit d’une traite. 

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Une bête à tuer – Jean-François Regnier (216 pages)

J’avais découvert Jean-François Regnier au travers de son premier thriller : “Ma bête”, il me fait l’amitié de me confier la suite de l’histoire au travers d’”Une bête à tuer”. A la fin de “Ma bête”, on ne sait qui a survécu, alors bien sûr, je ne peux rien dévoiler du deuxième ouvrage, sous peine de déflorer (désolée, divulgâchage, je dis non) le suspens de la première histoire. Je peux juste vous dire que vous saurez tout de ce qui est arrivé à chacun, alors amateurs de thrillers où vous aimez connaître le dénouement, on fonce pour capturer la bête.