Affaires de familles – Agnès Naudin (422 pages)

La première fois que j’ai rencontré Agnès, je lui ai posé la même question que tout le monde : ça doit être dur de travailler dans une brigade qui traite des affaires familiales ? 

J’étais moi-même très mal à l’époque, et travailler dans un service où on passe son temps à voir des violeurs menteurs, des incestes sur des petits, des viols conjugaux, des enfants qui décèdent sous les coups, ça me paraissait insurmontable. 

Très jolie, très souriante, elle dégage quelque chose de serein et d’attirant qui subjugue. Elle m’a répondu avec douceur qu’on ne pouvait pas ramener ces histoires chez soi, sinon, ce serait en effet intolérable. Je lui ai dit que c’est précisément ce que je n’arriverais pas à faire. Du coup, j’appréhendais un peu la lecture de ce livre. 

Mais en réalité, il ne s’agit  pas vraiment d’une immersion au sein d’une brigade spéciale. Si vous attendez un livre gore qui détaille des histoires familiales sordides, ce n’est pas l’objet de celui-ci. Elle nous distille trois histoires qui sont presque des prétextes à nous expliquer son parcours de vie. Comment elle en est arrivé là où elle est aujourd’hui. Comment sa spiritualité l’aide au quotidien. Comment on gère sa vie personnelle en dehors des histoires lourdes que l’on traite dans le cadre professionnel. Comment son histoire, ses rencontres l’ont amenées à l’écriture. Pour moi, c’est plutôt un livre sur la découverte de soi, presque un livre de développement personnel.

L’atelier des cœurs égarés -Virginie Paquier (264 pages)

Virgine Paquier - L'atelier des coeurs égarés

Après un roman noir, quoi de mieux qu’un petit feel good ? j’ai donc jeté mon dévolu sur l’atelier des cœurs égarés de Virginie Paquier. Alors oui, c’est un feel good book, mais c’est aussi le moyen pour l’auteur de parler d’un phénomène qu’on croit tous bien connaître, qu’on côtoie tous les jours, mais dont on n’imagine en réalité pas les ravages : la solitude. La vraie, celle qui est une maladie, qui anéantit des vies. Une solitude tellement solide qu’elle se matérialise, qu’elle représente une sorte de personne toxique.

Virginie Paquier nous parle de différents profils, une femme proche de la cinquantaine divorcée dont le fils est parti à l’étranger, un chauffeur de taxi, une jeune femme comptable etc… Des gens qui travaillent, qui voient du monde dans la journée, qui parfois ont des conjoints, des enfants mais qui sont accablés par ce mal insidieux. Comment l’entourage peut comprendre une personne qui semble être entourée ? Malgré une fin facile et un peu bancale, le roman nous fait plutôt bien réfléchir à cet aspect de la vie que beaucoup de monde peut côtoyer, notamment des citadins, noyés dans la masse.