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Âme stram gran – Christiane Legris-Desportes (142 pages)

La sœur de François est mourante, mais il lui écrit une lettre pleine de haine pour expliquer
pourquoi il n’ira pas la voir, ni même ira à son enterrement. Non-dits, malentendus, secrets,
culpabilité, dans ce court roman, la rancune est tenace, mais une explication aurait dissipé
des certitudes fondées sur des mythes inexistants.
Nous le savons tous : les mots peuvent autant blesser qu’apaiser et Christiane Legris￾Desportes nous en fait en quelques pages une brillante démonstration. Et si la vie, l’amitié et
l’amour sont des soutiens de taille, seuls les mots peuvent vraiment délivrer.

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Des tréfonds de mon âme, jaillit la lumière – Sandra Ligeour (94 pages)

Il m’est difficile de juger un univers qui m’est assez étranger. Je suis du genre joyeux, j’ai toujours adulé la vie, malgré un traumatisme (viol par un de mes proches à 14 ans, si vous
voulez tout savoir). Je n’ai jamais eu l’impression d’être une victime ou d’être malheureuse.
Peut-être que mon histoire familiale, bien plus lourde, m’a toujours amené à relativiser.

J’espère que cet essai, par ailleurs très bien construit et écrit pourra aider des personnes
moins chanceuses que moi à trouver un sens à leur vie.

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Une vie de résilience – Brigitte Gonçalves (40 pages)

Ana a 38 ans et s’interroge sur sa capacité à être mère, à cause de son enfance et adolescence calamiteuses, avec une mère qui n’a cessée de la rabaisser, de la maltraiter moralement et physiquement. Alors elle fuit sa vie sans rien dire à son mari pour des vacances au Maroc, histoire de faire le point. Un format qui s’apparente à une nouvelle. Ana est en pleine confusion et son guide, charmant, tente de la séduire au milieu de ses réflexions. Un style plutôt agréable, (cependant émaillé de beaucoup trop de fautes à mon goût) mais une histoire plutôt terne.

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Chère Ijeawele – Chimamanda Ngozi Adichie traduit de l’anglais par Marguerite Capelle (78 pages)

L’autrice au nom compliqué pour nous, européens est une très grande écrivaine. Dans ma tête, je dis toujours « Americanah », la Nigériane, car j’ai du mal à retenir les noms. Qu’elle me pardonne.

En revanche, ses livres sont inoubliables. Americanah est un chef d’œuvre absolu. Chère Ijeawele, en 78 pages dit tout ce qu’une fille doit savoir pour être prête à être féministe et féminine, mère de famille et working girl, libre d’aimer et aimer être libre. Il dit aussi tout ce qu’un homme devrait entendre et comprendre de la femme pour que l’humanité avance et aille mieux. Elle explique aussi le poids des traditions, de l’éducation et de la culture, comment vivre avec et comment s’en détacher. Encore une fois, Chimamanda Ngozi Adichie est parfaite en quelques mots, simplement justes.

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Une enfance pour toute la vie – Anne Carpentier (192 pages)

Anne Carpentier a travaillé pendant 35 ans comme psychologue. Elle s’est spécialisée au fil du temps comme psychologue des enfants et a exploré la piste du petit sac à dos, ce bagage héréditaire qui est rempli par le vécu des parents. Elle confesse que ses études n’ont pas toujours correspondu à ce qu’elle a rencontré sur le terrain, et profite de cet ouvrage pour nous faire part de son expérience, plus concrète, proche du terrain, avec énormément d’ exemples.

Elle y aborde des grands thèmes de société contemporains, comme la garde des enfants, le complexe d’Œdipe, les abus sexuels, la transmission sans paroles, le culte du secret, la somatisation. Un livre qui remet l’église au milieu du village sur un certain nombre d’idées reçues qui peuvent aider les parents à gérer des situations délicates, ou leur faire comprendre des comportements de leurs enfants. Un livre qui pourra aussi servir aux psychologues, notamment les jeunes, qui pourront s’inspirer de l’expérience de l’auteur. Un livre utile pour tous.

Affaires de familles – Agnès Naudin (422 pages)

La première fois que j’ai rencontré Agnès, je lui ai posé la même question que tout le monde : ça doit être dur de travailler dans une brigade qui traite des affaires familiales ? 

J’étais moi-même très mal à l’époque, et travailler dans un service où on passe son temps à voir des violeurs menteurs, des incestes sur des petits, des viols conjugaux, des enfants qui décèdent sous les coups, ça me paraissait insurmontable. 

Très jolie, très souriante, elle dégage quelque chose de serein et d’attirant qui subjugue. Elle m’a répondu avec douceur qu’on ne pouvait pas ramener ces histoires chez soi, sinon, ce serait en effet intolérable. Je lui ai dit que c’est précisément ce que je n’arriverais pas à faire. Du coup, j’appréhendais un peu la lecture de ce livre. 

Mais en réalité, il ne s’agit  pas vraiment d’une immersion au sein d’une brigade spéciale. Si vous attendez un livre gore qui détaille des histoires familiales sordides, ce n’est pas l’objet de celui-ci. Elle nous distille trois histoires qui sont presque des prétextes à nous expliquer son parcours de vie. Comment elle en est arrivé là où elle est aujourd’hui. Comment sa spiritualité l’aide au quotidien. Comment on gère sa vie personnelle en dehors des histoires lourdes que l’on traite dans le cadre professionnel. Comment son histoire, ses rencontres l’ont amenées à l’écriture. Pour moi, c’est plutôt un livre sur la découverte de soi, presque un livre de développement personnel.

L’atelier des cœurs égarés -Virginie Paquier (264 pages)

Virgine Paquier - L'atelier des coeurs égarés

Après un roman noir, quoi de mieux qu’un petit feel good ? j’ai donc jeté mon dévolu sur l’atelier des cœurs égarés de Virginie Paquier. Alors oui, c’est un feel good book, mais c’est aussi le moyen pour l’auteur de parler d’un phénomène qu’on croit tous bien connaître, qu’on côtoie tous les jours, mais dont on n’imagine en réalité pas les ravages : la solitude. La vraie, celle qui est une maladie, qui anéantit des vies. Une solitude tellement solide qu’elle se matérialise, qu’elle représente une sorte de personne toxique.

Virginie Paquier nous parle de différents profils, une femme proche de la cinquantaine divorcée dont le fils est parti à l’étranger, un chauffeur de taxi, une jeune femme comptable etc… Des gens qui travaillent, qui voient du monde dans la journée, qui parfois ont des conjoints, des enfants mais qui sont accablés par ce mal insidieux. Comment l’entourage peut comprendre une personne qui semble être entourée ? Malgré une fin facile et un peu bancale, le roman nous fait plutôt bien réfléchir à cet aspect de la vie que beaucoup de monde peut côtoyer, notamment des citadins, noyés dans la masse.