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Katherine Pancol

Katherine Pancol est une surdouée. Professeur de lettres, journaliste, romancière, son premier livre est un tel succès qu’elle part vivre aux Etats-Unis pour éviter de prendre la grosse tête. Depuis son succès ne s’est pas démenti, et elle a explosé avec la trilogie des “Yeux jaunes des crocodiles” qui précède celle de “Muchachas”. Son nouveau livre qui s’appelle « Eugène et moi » sort début novembre,  un road-book qui raconte les pérégrinations de deux filles au Mexique d’abord, puis à Paris et enfin à Saint Tropez. Une sorte de Thelma et Louise, deux insouciantes sur la route et mille dangers collés au train ! Et ne loupez pas la sortie de Bed Bug (roman paru en novembre 2019) en livre poche en avril 2021. Les jaloux, les aigris lui reprocheront d’écrire des romans populaires et faciles. Moi je dis : Quand on vend des millions de livres et qu’on garde une telle simplicité, un grand sourire en plus, on s’incline et puis c’est tout. Katherine me fait l’honneur de participer à ma rubrique un auteur, trois livres. Merci.

– Quel est le livre qui a marqué votre enfance ou votre jeunesse ?

« Sans famille » d’Hector Malot. Le premier livre que j’ai lu. Je devais avoir cinq ans, (j’ai appris à lire très tôt). La première phrase « Je suis un enfant trouvé »… J’ai ouvert le livre, j’étais assise sur les marches d’un escalier en pierres, et je fus tout de suite emportée ailleurs dans un grand bonheur.

– Quel est votre classique de chevet ?

J’hésite entre n’importe quel livre de Balzac ou la correspondance de Flaubert  (850 pages en collection livre de poche). 
En ce moment, c’est Flaubert avec qui je passe tous mes petits déjeuners…

 – Quel est le livre que vous n’avez jamais terminé de lire ?

« Ulysse » de James Joyce.

Bibliographie

  • Moi d’abord (Seuil, 1979, Points-Seuil, 1998)
  • La Barbare (Seuil, 1981, Points Seuil, 1995)
  • Scarlette si possible (Seuil, 1985, Points Seuil, 1997)
  • Les hommes cruels ne courent pas les rues (Seuil, 1990, Points Seuil, 1997)
  • Vu de l’extérieur (Seuil, 1993, Points Seuil, 1995)
  • Une si belle image (Seuil, 1993, Points Seuil, 1995)
  • Encore une danse (Seuil, 1998, Points Seuil, 1999)
  • J’étais là avant (Albin Michel, 1999)
  • Et monter lentement dans un immense amour (Albin Michel, 2001)
  • Un  homme à distance  (Albin Michel, 2001)
  • Embrassez-moi  (Albin Michel, 2003)
  • Les yeux jaunes des crocodiles  (Albin Michel, 2006, Le livre de poche, 2007)
  • La valse lente des tortues  (Albin Michel, 2008,  Le livre de poche, 2009)
  • Les écureuils de Central Park sont tristes le lundi  (Albin Michel, 2010, Le livre de poche, 2011)
  • Muchachas 1 (Albin Michel, 2014, Le livre de poche, 2015)
  • Muchachas 2 (Albin Michel, 2014, Le livre de poche, 2015)
  • Muchachas 3 (Albin Michel, 2014, Le livre de poche, 2015)
  • Trois baisers (Albin Michel, 2017, Le livre de poche, 2019)
  • Bed Bug (Albin Michel, 2019, Le livre de poche, 2021)
  • Eugène et moi (Albin Michel, 2020)
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Luca Di Fulvio

Luca Di Fulvio est un homme de théâtre et un écrivain italien, auteur de romans policiers, de fantastique et de littérature d’enfance et de jeunesse.

Avant de fonder sa propre compagnie de théâtre (Le Moveable Feast), il travaille avec Paola Bourbons, Sergio Graziani, Mario Marans, Andrzej Wajda. Il est également consultant éditorial de plusieurs maisons d’édition.

Luca Di Fulvio est devenu l’un des nouveaux phénomènes littéraires à suivre avec la sortie de « Le gang des rêves » (« La gang dei sogni », 2008) publié en France en juin 2016 et premier tome d’une forme de trilogie. Plébiscité par les libraires et les lecteurs, le livre, qui raconte le New York des années 20 par les yeux d’un jeune Italien, s’est lentement mais sûrement transformé en best-seller. Luca me fait l’honneur, avec sa gentillesse légendaire de participer à “Un auteur, trois livres”.

– Quel est le livre qui a marqué ton enfance ou ta jeunesse ?

Bonjour à tous et bonjour Isabelle et pardon pour mon horrible français !Alors, il y a deux livres très différents l’un de l’autre qui ont marqué ma véritable entrée dans la lecture quand je n’étais qu’un gamin. Ils m’ont ensorcelé, m’ont hypnotisé, mais surtout, ils ont parlé à mes tripes. Ce sont ces lectures qui ont fait de moi un accro aux livres. Le premier est certainement ” Croc-Blanc”  de Jack London. Je l’ai relu plusieurs fois, même récemment, et chaque fois, je me rends compte qu’il ne s’agit pas simplement d’un livre pour enfants car il est souvent catalogué. Comme tous les livres de London il parle de notre société, des lignes de l’amour et des rejetés qui essaient d’être acceptés. L’autre est “le vieil homme” et la mer d’Hemigway. Pendant des années après l’avoir lu, à chaque fois que je sortais seul sur un bateau, je me sentais comme Santiago le vieux pêcheur cubain. Dans une interview qui m’a beaucoup fait sourire, Hemingway a déclaré : “Cette fois, ils sont capables de me donner le Nobel ! Et savez-vous quelle est la raison? parce que c’est mon premier roman dans lequel je n’écris pas de “mauvais” mot.” Et il avait raison. Il a remporté le Pulitzer et le Nobel.

– Quel est ton classique de chevet ?

Ah, les classiques. C’est une question à laquelle il est pratiquement impossible de répondre. Parce que la vérité, et je pense qu’elle s’applique à tout le monde, il y a un livre qui vous marque à tout âge. Quand vous avez vingt ans, vous n’êtes pas la même personne que vous serez à quarante ou soixante, donc je ce que je peux faire, c’est une liste. “Tonio Kröger” par Thomas Mann, “Les misérables” de Victor, “Martin Eden” de Jack London – et c’est déjà la deuxième fois que le mentionne, car  à mon avis, c’est un immense écrivain – le Comte de Monte Cristo par exemple de Dumas, “Jude l’obscur” par Thomas Hardy, “Light in August” (Lumière d’août) par William Faulkner, “Thérèse Raquin” par Emile Zola, et … Ok, je m’arrête ici parce que je pourrais continuer pendant une semaine, mais je ne peux pas omettre tout le travail du plus grand de tous pour moi, William Shakespeare.

 – Quel est le livre que tu n’as jamais terminé de lire ?

Ah, j’ai fini… Sûrement, “Ulysse” par James Joyce. Je sais que c’est un chef d’oeuvre, je sais que c’est une révolution littéraire, mais j’ai essayé au moins dix sept fois, je ne peux juste pas le faire, je démarre, et au bout d’un moment, je me saoule, je n’ai pas honte de l’admettre ! Mais même les Russes, extraordinaires aussi, bien sûr, ne parlent pas à mon être. C’est tout! Ciao ! Merci !

Bibliographie

Romans adultes

  • Zelter (1996)
  • L’impagliatore (2000)
    Publié en français sous le titre L’Empailleur, traduit par Arlette Lauterbach, (2003, Gallimard, collection série noire)
  • Dover Beach (2002)
  • La scala di Dioniso (2006)
    Publié en français sous le titre L’Échelle de Dionysos, traduit par Marina Boraso, (2007, Albin Michel)
  • Il grande scomunicato (2011)
  • Kosher mafia (2011)
  • La gang dei sogni (2008)
    Publié en français sous le titre Le Gang des rêves, traduit par Elsa Damien, (2016, Slatkine & Cie, 2017, Pocket)
  • La ragazza che toccava il cielo (2013)
    Publié en français sous le titre Les Enfants de Venise, traduit par Françoise Brun, (2017, Slatkine & Cie, 2018, Pocket)
  • Il bambino che trovò il sole di notte (2015)
    Publié en français sous le titre Le Soleil des rebelles, traduit par Françoise Brun, (2018, Slatkine & Cie)
  • La figlia della libertà, (2018)  Publié en français sous le titre Les Prisonniers de la liberté, traduit par Elsa Damien, (2019, Slatkine & Cie)

Roman jeunesse

  • I Ragazzi dell’Altro Mare (2016) Publié en français sous le titre Les Aventuriers de l’Autre Monde, traduit par Elsa Damien,(2020 Slatkine & Cie)

Adaptation

  • Ochi di cristallo, film italien réalisé par Eros Puglielli, d’après le roman L’Empailleur, avec Luigi Lo Cascio et Lucia Jiménez (2004)
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Erik L’homme

Il passe son enfance à Dieulefit dans la Drôme provençale, proche de la nature et des livres. La passion de la nature ne le quittera d’ailleurs jamais, et après avoir passé une maîtrise d’histoire à l’Université de Lyon, il part à la découverte du monde pendant de nombreuses années, accompagné de l’un de ses frères, photographe, dans des voyages qui les conduiront du Pakistan à la Malaisie en passant par l’Afghanistan, les Philippines, le Liban, le Maroc et la Thaïlande. De retour en France, il écrit son premier ouvrage, « Parlons khowar : langue et culture de l’ancien royaume de Chitral au Pakistan » (1999), consacré au royaume de Chitrâl où son frère et lui ont séjourné pendant deux ans, et à sa langue qu’ils y ont apprise.

Il se lance en 2001 dans l’écriture de romans jeunesse avec la publication de « Qadehar le sorcier », premier tome de la trilogie « Le Livre des étoiles ». Une première publication qui recevra dès sa sortie le prix Jeunesse du Festival international de géographie de Saint-Dié-des-Vosges.

Erik L’homme a vendu 1 100 000 exemplaires de ses douze titres en France et plusieurs millions d’autres à l’étranger.

En octobre est prévue la réédition au format poche (Pôle Fiction Gallimard) de « Nouvelle Sparte » ainsi que la parution du deuxième tome de la série pour enfants (Roman Auzou Pas à pas) « Sidh le génie du frigo ».

Son roman adulte « Un peu de nuit en plein jour », paru à la rentrée littéraire de septembre 2019, a été sélectionné cet été pour le prix de la Ligue de l’Imaginaire-Cultura. Le résultat devrait être connu autour du 21 septembre 2020 et on lui souhaite bonne chance. Je remercie Erik pour sa confiance et sa participation à la rubrique un auteur, trois livres.

Quel est le livre qui a marqué votre enfance ou votre jeunesse ?

Ma jeunesse a été marquée par Le capitaine Fracasse  de Théophile Gautier, mon adolescence par les insolences télévisées et littéraires de Pierre Desproges.

Quel est votre classique de chevet ?

Le seigneur des anneaux de JRR Tolkien

Quel est le livre que vous n’avez jamais terminé de lire ?

 Dans le sens qu’ils me tombent des mains, la quasi-totalité des livres de littérature française paraissant actuellement. Dans celui que je ne cesse de relire tellement ils sont riches, les deux tomes en français (La pierre et le sabre / La parfaite lumière) du roman japonais «Musashi» d’Eiji Yoshikawa.

Bibliographie

Romans jeunesse

  • Le Livre des étoiles
    • Tome 1 : Qadehar le sorcier, (2001, Gallimard Jeunesse)
    • Tome 2 : Le Seigneur Sha, (2002, Gallimard Jeunesse) 
    • Tome 3 : Le Visage de l’Ombre,  (2003, Gallimard Jeunesse) 
  • Les Maîtres des brisants
    • Tome 1 : Chien-de-la-lune,  (2004, Gallimard Jeunesse) 
    • Tome 2 : Le Secret des abîmes,  (2005, Gallimard Jeunesse) 
    • Tome 3 : Seigneurs de guerre,  (2009, Gallimard Jeunesse) 
  • Contes d’un royaume perdu, illustré par François Place,  (2005, Gallimard Jeunesse) 
  • Phænomen
    • Tome 1,  (2006, Gallimard Jeunesse) 
    • Tome 2, (2006, Gallimard Jeunesse) 
    • Tome 3, (2006, Gallimard Jeunesse) 
  • Cochon rouge, (2009, Gallimard Jeunesse, collection Folio Junior)
  • Des pas dans la neige, aventures au Pakistan, (2010, Gallimard Jeunesse) 
  • A comme Association  (commencée par Pierre Bottero 1964 – 2009)
    • Les Limites obscures de la magie (commencée par Pierre Bottero)  (2010, Gallimard Jeunesse et Rageot Éditeur)
    • La Pâle Lumière des ténèbres, (2010, Gallimard Jeunesse et Rageot Éditeur)
    • L’Étoffe fragile du monde, (2011, Gallimard Jeunesse et Rageot Éditeur)
    • Le Subtil Parfum du soufre, (2011, Gallimard Jeunesse et Rageot Éditeur)
    • Là où les mots n’existent pas, (2011, Gallimard Jeunesse et Rageot Éditeur)
    • Ce qui dort dans la nuit,  (2011, Gallimard Jeunesse et Rageot Éditeur)
    • Car nos cœurs sont hantés,  (2012, Gallimard Jeunesse et Rageot Éditeur)
    • Le Regard brûlant des étoiles,  (2012, Gallimard Jeunesse et Rageot Éditeur)
  • Le Regard des princes à minuit, (2014, Gallimard Jeunesse)
  • Terre-Dragon
    • Tome 1 : Le Souffle des pierres, (2014, Série Romans Junior, Gallimard Jeunesse)
    • Tome 2 : Le Chant du fleuve,  (2014, Série Romans Junior, Gallimard Jeunesse)
    • Tome 3 : Les Sortilèges du vent, (2015, Série Romans Junior, Gallimard Jeunesse)
  • La Patience du Héron, (2017, Gallimard Jeunesse, textes Erik L’Homme, illustrations Lorène Bihorel)
  • Nouvelle Sparte, (2017, Gallimard Jeunesse)

Romans adultes et documentaires

  • « Erik Robert », Le Faiseur de royaumes, (1999, Les Amis de la culture européenne)
  • Parlons khowar : langue et culture de l’ancien royaume de Chitral au Pakistan (1999, L’Harmattan)
  • Déchirer les ombres  (2018, Calmann-Levy)
  • Un peu de nuit en plein jour  (2019, Calmann-Levy)
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Christos Markogiannakis

Christos Markogiannakis est écrivain et “criminartiste”. Après des études de Droit et de Criminologie à Athènes et à Paris, et après avoir travaillé comme avocat pénaliste en Crète, il vit actuellement en France où il réalise des recherches sur la représentation du meurtre dans l’art.Il écrit des romans policiers à la “whodunit” (littéralement : Qui l’a fait? Des romans à énigme, donc) qui se passent en Grèce, avec un jeune capitaine de police, Christophoros Markou, comme personnage récurrent, et des livres « criminartistiques » qui mélangent ses deux passions, l’art et le meurtre. Son nouveau roman policier, « Mourir en scène » est paru aux éditions Albin Michel en mars 2020. Je le remercie chaleureusement pour sa participation à un auteur, trois livres.

Quel est le livre qui a marqué ton enfance ou ta jeunesse ?

Ce n’est pas un, mais trois, les livres qui ont marqué le jeune lecteur que j’étais, et qui résonnent toujours dans mes goûts littéraires et dans mon style d’écriture. L’étrange cas du docteur Jekyll et M. Hyde de Robert Louis Stevenson, Le portrait de Dorian Gray de Oscar Wilde et surtout Dix petits nègres de mon idole littéraire, Agatha Christie. Les trois parlent de l’ambiguïté de la nature humaine, la beauté et le côté noir de la psyché, la notion de la justice et de la punition, qui m’intéressent beaucoup.  

Quel est ton classique de chevet ?

 Les livres des Histoires d’Hérodote. Quand je veux m’échapper de la réalité contemporaine, je me (re)plonge dans les aventures des Grecs, des Perses et des Dieux, comme racontées par l’historien. 

Quel est le livre que  tu n’as jamais terminé ?

Quand j’étais plus jeune je voulais absolument terminer tous les livres que je commençais, même s’ils ne captaient pas mon intérêt. Depuis quelques années, comme le temps est devenu précieux, je ne le fais plus. Mais, parfois je retourne aux livres que je n’ai pas terminés et je les lis avec un nouveau regard. Le seul livre que j’ai commencé 3 fois, et je n’ai pas pu terminer (mais je vous assure je le ferai un jour!) est le  À la recherche du temps perdu. Vous ne me jugez pas, j’espère… 

Bibliographie

Criminarts

Romans, Nouvelles

Mourir en scène (Albin Michel 2020)

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Vincent Crouzet

Après avoir travaillé pendant vingt ans pour la DGSE, où il a couvert des terrains compliqués comme l’Angola, le Mozambique ou le Congo, il s’est mis à l’écriture de romans d’espionnage (ses maîtres étant les grands du genre, les Britanniques Ian Flemming, Graham Greene ou John Le Carré). A ce jour, il a écrit sept romans pour adultes, deux recueils de nouvelles pour ados (Mad Froggy, Mad l’Africain – Thierry Magnier), et un document (« Une Affaire Atomique » / Robert Laffont) qui fait partie des pièces à conviction de l’affaire Areva-UraMin dont il est l’un des témoins. Vincent me fait l’honneur de participer à son tour à ma rubrique un auteur, trois livres, et je suis ravie de redémarrer la saison avec lui.

Quel est le livre qui a marqué ton enfance ou ta jeunesse ?

« Le dernier des Mohicans » de Fenimore Cooper. C’est un roman d’action extraordinaire mettant en jeu au XVIIIème siècle l’affrontement en Amérique du Nord entre les tribus indiennes engagées soit dans le camp anglais, soit dans le camp français. Déjà, les « grandes puissances » instrumentalisaient dans les conflits les peuples locaux. J’ai finalement retrouvé cette situation en Afrique australe, avec la fin de la guerre froide, où Américains, Anglais et Français affrontaient les Russes par nations interposées comme en Angola ou bien au Mozambique. L’action se déroule dans une nature sauvage et hostile, que j’ai aussi traversée pendant plus de vingt années sur le terrain africain. Et si “Le dernier des Mohicans”, finalement, avait été un livre précurseur ? Le hasard fait décidément bien les choses : j’ai appris assez tard, aussi, que Fenimore Cooper avait été le premier romancier d’espionnage, avec son roman « L’espion » (« The Spy »), écrit en 1821, et portant, là encore sur la guerre d’indépendance américaine. Un autre roman a joué un rôle majeur, c’est « Fin de siècle », de Jean-Edern Hallier, mon premier livre d’« adulte » , qui m’a vraiment donné l’envie du voyage, et celle de l’écriture. 

Quel est ton classique de chevet ?

« Citadelle », d’Antoine de Saint-Exupéry. C’est écrit comme un nouveau testament, mais c’est celui d’un roi évoquant ses soldats, ses courtisanes, ses amours, son peuple, sa citadelle, et le désert qui l’entoure. C’est un texte sublime, nocturne, humaniste et naturaliste, universaliste. Le dernier texte écrit par Saint-Ex avant sa disparition. Je peux m’y plonger à n’importe laquelle des pages, et y trouver sens à méditation, ou contemplation. 

Quel est le livre que  tu n’as jamais terminé ?

C’est rare que je ne termine pas un livre entamé. Mais mon dernier abandon est récent : le dernier Ellroy, « La tempête qui vient ». Comme beaucoup, j’ai longtemps été fasciné par l’oeuvre d’Ellroy. Je ne crois pas trop au storytelling de l’écrivain qui crée dans sa cave décrépie avec sa vieille machine à écrire, et son chien tout aussi vieux, mais tout ça, avec la légende de L.A et la propre histoire d’Ellroy participait à un ensemble cohérent, permettant la remontée des temps violents. La trilogie dite « américaine » était déjà laborieuse pour le lecteur. Je comprends le plaisir qu’a pris l’écrivain, enfermé avec ses personnages, ses silhouettes, ou plutôt ses ombres, et surtout ses mythologies. Cependant, parfois le lecteur, même averti, ne suit plus. « La tempête qui vient » n’est jamais venue. On n’y comprend plus rien – ou du moins je n’y comprends plus rien – Ellroy poussant ses tics et ses obsessions littéraires à l’extrême. Et m’obligeant à m’avouer : « Je deviens vieux, et Ellroy, aussi, tout ça n’aide pas à la sauce… ». Cela demeure donc réservé à son dernier carré de fidèles… 

Bibliographie

Romans adultes

  • Vesper  (Robert Laffont, 2020)
  • Retex (Le Passeur, coll. « Rives Noires », 2017) 
  • Radioactif (Éditions Belfond, coll. « Domaine Français – Policiers », 2014)
  • Le Seigneur d’Anvers (Flammarion, 2009)
  • Villa Nirvana (Flammarion, 2007)
  • Rouge intense (Albin Michel, 2005 ; Librairie générale française, 2007)
  • La Tête du cobra (Albin Michel, 2003 ; Librairie générale française, 2006)

Documentaire

  • Une affaire atomique : UraMin/Areva, l’hallucinante saga d’un scandale d’État, (Robert Laffont, 2017)

Romans jeunesse

  • Mad Froggy (Thierry Magnier, 2010)
  • Mad l’Africain (Thierry Magnier, 2012)
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Natacha Diem

Née en Belgique, Natacha Diem vit à Paris depuis vingt ans. Elle travaille dans le milieu de l’audiovisuel. Elle écrit des scénarios et des nouvelles, et elle dessine. L’invention d’Adélaïde Fouchon est son premier roman et elle travaille déjà sur le second. 

Elle nous dit écrire avec des images, avec son corps; avec des sensations aussi. Elle travaille en ayant des photos dans la tête, déformation professionnelle. S’il y a une part autobiographique, où elle s’est parfois inspirée de souvenirs de son enfance pour les chapitres d’Adélaïde petite fille, et bien qu’elle insère aussi des réflexions de la femme qu’elle est, il s’agit bien d’un roman. Je remercie Natacha pour sa participation à un auteur, trois livres.

Quel est le livre qui a marqué votre enfance ou votre jeunesse ?

Très jeune, j’étais éprise des contes d’Andersen, dont un en particulier : Les Fleurs de la petite Ida. Des fleurs qui vont au bal pendant que les hommes dorment, c’était magique. Je comprenais enfin pourquoi les fleurs fanaient.

Ensuite, Il y a deux livres qui ont marqué mon enfance. Le premier est L’Appel de la forêt, de Jack London, et le second, plus tard, au moment de l’adolescence, le Portrait de Dorian Gray, d’Oscar Wilde. Il y a également eu pas mal de nouvelles d’Edgar Allan Poe.

J’étais révoltée par la cruauté des hommes en lisant L’Appel de la forêt. Et pour la première fois, je me suis rendu compte de toute la violence dont ils étaient capables. Ce roman m’a bousculée et m’a fait mal. 

Concernant le Portrait de Dorian Gray, bien que je pense n’avoir pas saisi toute la profondeur et la noirceur de ce roman, j’étais fascinée par le personnage de Dorian et le lien qui se tissait entre l’âme et le corps. Les miroirs m’ont même effrayée pendant quelque temps.

Quel est votre classique de chevet ?

Mon livre de chevet ? Je ne pense pas en avoir. Il y a tant de livres que j’ai aimés, même adorés. Par contre, il n’y a que quelques livres que je relis avec plaisir, dont plusieurs de Stefan Zweig, La Pitié dangereuse en particulier. Ah si ! il y a un livre qui m’a tellement emballée que j’ai eu envie de le relire tous les ans (même si je ne le fais pas) : Tout ce que j’aimais, de Siri Hustvedt. Je rechignais un peu à lire cette autrice car je la voyais plus comme l’épouse de Paul Auster que comme une écrivaine. Et je me rappelle avoir dévoré ce roman tout en acceptant de m’y perdre. J’étais à la fois accro et perdue dans un labyrinthe. J’ai relu récemment Le Monde selon Garp de John Irving. Fantastique. Actuellement, je relis Bonjour Tristesse, de Sagan, et j’alterne avec Blonde, de Joyce Carol Oates. Et sur ma table de nuit, il y a également le prix Goncourt 2018, Leurs enfants après eux, de Nicolas Mathieu. Ce n’est pas facile de répondre à toutes ces questions, il y a tellement de romans que j’ai adorés, et j’ai une très mauvaise mémoire, j’oublie très vite. C’est gênant, mais salvateur dans certains cas.

Quel est le livre que vous n’avez jamais terminé ?

Belle du Seigneur et À la recherche du temps perdu en font partie. Cette confession me désole et m’embarrasse encore plus étant donné qu’ils sont deux monuments de la littérature. Promis, je réessaye :). 

Bibliographie

  • L’invention d’Adélaïde Fouchon (Editions Piranha, 2020)
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Romuald Giulivo

Romuald Giulivo a démarré sa carrière comme architecte naval. Il a écrit plusieurs ouvrages pour la jeunesse avant d’écrire l’île d’elles, son premier roman pour adultes. Il dit qu’il est un jour passé devant le panneau qui annonçait ce lieu et qu’il s’est dit que ça faisait un très bon titre pour un livre.  Pour lui, un livre commence par le titre, l’histoire vient après. Merci à Romuald pour sa participation à “un auteur, trois livres”

Quel est le livre qui a marqué votre enfance ou votre jeunesse ?

Je suis devenu lecteur assez tardivement, passant d’un jeune garçon qui s’intéressait avant tout au cinéma classique à un dévoreur de littérature. Beaucoup d’écrivains, de romans, sont donc arrivés en même temps, dans cette tempête de l’adolescence, et m’ont marqué durablement. Zone érogène est sûrement l’un des premiers. Djian m’a fait découvrir par des références tout un pan de la littérature nord-américaine. Puis pas mal de vocabulaire aussi. C’est des années plus tard, en m’y mettant moi aussi, que j’ai découvert qu’être écrivain ne se résumait pas en fait à boire des bières dans le soir triomphant pendant que des filles en petite culotte arpentent votre appartement.

Quel est votre classique de chevet ?

Un classique par lacune, en vérité. Îles à la dérive est un texte posthume d’Ernest Hemingway que j’aime énormément, un assemblage de trois novelas autour du thème de la mer. Initialement, ce roman étrange contenait une quatrième partie, que Hemingway a finalement extraite en abandonnant le projet d’ensemble et a publiée à part. Ça a donné Le Vieil Homme et la Mer.

Quel est le livre que vous n’avez jamais terminé ?

J’ai toujours eu du mal avec l’injonction à terminer un livre, notamment les classiques. Je crois que l’on peut avoir lu un livre en en sautant des passages ou sans arriver à la fin, je ne vois pas le problème. Par exemple, je n’ai pas terminé L’Homme sans qualités, je me suis arrêté au premier tome quand c’est pourtant l’un des ouvrages qui m’a le plus marqué. C’est un livre qui n’est pas fait pour être terminé. Robert Musil n’a même pas terminé de l’écrire d’ailleurs…

Bibliographie

Roman adulte

  • L’île d’elles (Anne Carrière, 2020)

Romans jeunesse

Le Sourire de sang, (Bayard jeunesse, 2001)

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Benoît Séverac

Benoît Séverac a grandi aux pieds des Pyrénées et il est devenu toulousain à l’âge de 18 ans. Il a été tour à tour guitariste-chanteur, comédien, ouvrier saisonnier agricole, gardien de brebis sur le Larzac, restaurateur de monuments funéraires, professeur de judo, photographe dans l’armée de l’air, serveur en Angleterre, clarinettiste dans un big band de jazz puis cofondateur d’une fanfare rock-latino-jazz… Il s’est formé à la dégustation de vin en Alsace, est diplômé du Wine and Spirit Education Trust de Londres et il enseigne aujourd’hui l’anglais à l’école vétérinaire de Toulouse ainsi qu’au Diplôme National d’œnologie. Il a cofondé avec Victor del Arbol et Gildas Girodeau les Molars (association internationale des motards du polar).

Il publie à la fois des romans noirs et policiers pour les adultes à La Manufacture de Livres (repris chez Pocket en format de poche) et pour les ados chez Syros.

Ses dernières parutions sont Le jour où mon père a disparu, un roman noir ado aux éditions Syros (janvier 2020) et Tuer le fils, un roman policier aux éditions de La Manufacture de Livres (février 2020). Son Rendez-vous au 10 avril est un roman qui utilise le polar comme prétexte pour explorer les traumatismes des survivants de la première guerre mondiale. Les chevelues se déroule aux temps de la Gaule romaine. Son prochain roman, écrit en Oklahoma chez les Indiens Osages à quatre mains avec Hervé Jubert et qui a pour titre provisoire Skiatook Lake paraîtra aux éditions Le Passage en mars ou avril 2021. 

Quel est le livre qui a marqué ton enfance ou ta jeunesse ?

J’avais 8 ans : L’appel de la forêt de Jack London. Une grande claque. Un roman qui contient tout : l’esprit d’aventure, la découverte et le dépassement de soi, la confrontation de l’Homme à la nature, de l’Homme à l’Homme, la lutte entre éducation et instinct, la transgression et l’affranchissement de la morale… Aujourd’hui, après l’avoir relu plusieurs fois à différents moments de ma vie (adolescence, jeune adulte etc.), je comprends pourquoi il m’a marqué. Même si, à huit ans, je n’en ai pas saisi toute la portée, j’ai senti que j’avais affaire à quelque chose de majeur. Ce roman me fait aussi comprendre pourquoi j’écris comme j’écris. Ne me faites pas dire ce que je n’ai pas dit : je ne me compare pas à Jack London ! Mais on écrit comme on aime lire, finalement ; des tas de choses s’expliquent chez un écrivain à travers le prisme de ses lectures.

Quel est ton classique absolu ?

Question très difficile. La réponse est périlleuse, parce que choisir, c’est exclure. Mais puisqu’il en faut un… Barry Lyndon de William Thackeray. Pour la construction (comme un road movie, finalement), la langue, le rythme et l’étude humaine. Il y a dans le roman picaresque un souffle, un élan, que j’aime retrouver dans les romans contemporains.
Sans les comparer, je mettrais ce roman au même niveau que Le hussard sur le toit de Giono.
Je me rends compte qu’avec L’appel de la forêt, on est toujours dans le schéma « aventure, étude psychologique, drame humain ». J’y étais sensible à un très jeune âge ; cela ne m’a pas quitté, visiblement.

Quel est le livre que tu n’as jamais terminé ?

Under the volcano de Malcom Lowry. Trop déstructuré. C’est à cette occasion que je me suis rendu compte que je n’avais aucun pouvoir d’abstraction et que j’étais au fond un lecteur (et un écrivain) très linéaire, très rationnel, qui n’aimait pas (ou ne saisissait pas) les allers-retours, les touches pointillistes, les aberrations à qui seules les associations d’idées peuvent donner un sens… La poésie pour la poésie, je n’y arrive pas. Il faut que la poésie raconte une histoire. Je suis conscient que Lowry en a raconté une, mais je n’en ai pas identifié le récit.
Pour moi, Under the volcano s’apparente à du free jazz. Je comprends le plaisir que le musicien peut en tirer, l’état de transe dans lequel le travail du son pur peut mettre le musicien, mais en tant qu’auditeur, je me sens exclu de la performance.

Bibliographie

Romans adultes

  • Les Chevelues (Tme 2007, 10-18 Grands Détectives 2019)
  • Rendez-vous au 10 avril (Tme 2009, Pocket 2018)
  • Arrête tes six magrets (Baleine 2015 collection Le Poulpe)
  • On peut pas faire ça à Guy Novès (Court Circuit 2016)
  • Trafics (La manufacture de livres 2016 sous le titre de Le Chien arabe, Pocket 2017)
  • 115 (La manufacture de livres 2017, Pocket 2019)
  • Wazhazhe co-écrit avec Hervé Jubert. (Éditions Le Passage 2018)
  • Tuer le fils (La Manufacture de Livre 2020)

Romans jeunesse

  • Silence (Syros 2011)
  • Le garçon de l’intérieur (Syros 2013)
  • L’homme-qui-dessine (Syros 2014)
  • Little sister (Syros 2016)
  • Une caracane en hiver (Syros 2018)
  • Le jour où mon père à disparu (Syros 2020)
Galerie

Benoît Vitkine

Benoît Vitkine est journaliste au Monde depuis 15 ans, correspondant à Moscou. Il a obtenu le prix Albert Londres pour ses articles sur la guerre en Ukraine, qu’il suit depuis le début, en 2014. Son premier roman, Donbass, était l’occasion pour lui de nous parler un peu mieux de cette région qu’il connaît bien, afin de nous rapprocher d’un conflit dont on parle peu, alors qu’il se déroule quasiment à nos portes.  Il prépare un deuxième livre, où l’Ukraine est à nouveau au coeur du récit. Il veut cette fois nous montrer « l’autre face » : Kiev, la corruption, les oligarques, ces requins qui aiment la lutte et se bouffer entre eux plus encore que l’argent… Avec une héroïne aux faux airs de Ioulia Timochenko, une dure qui veut s’imposer dans un monde d’hommes, prête à tout ou presque pour conquérir, survivre… L’histoire commence le soir de sa victoire à la présidentielle.

Il y a un côté romantique, extravagant, chez ces gros poissons, mais aussi une réalité derrière, celle de pays condamnés à stagner…On a hâte. Benoît me fait à son tour l’honneur de répondre à ma rubrique, un auteur, trois livres.

Quel livre a marqué ton enfance, ta jeunesse ?

Sans remonter jusqu’à l’enfance, toute l’oeuvre d’Isaac Bashevis Singer a marqué ma jeunesse. C’est sans doute lui qui, le premier, m’a donné envie d’écrire. J’ai eu la sensation, aussi, de grandir avec lui : à l’adolescence, les histoires tarabiscotées mais quand même un peu gentillettes du shtetl, du folklore juif d’Europe orientale ; la Pologne de l’entre-deux guerres, ce monde sur le point de disparaître ; et plus tard, ce thème que l’on retrouve chez plusieurs écrivains, l’émigration aux Etats-Unis et cette focalisation sur le sexe, un monde en soi qui s’ouvre… Je me dis souvent qu’il faudrait que je le relise, mais j’ai peur d’être déçu!

Quel est ton classique de chevet ?

Svetlana Alexievitch. Pas un livre en particulier, là encore, mais toute son oeuvre. C’est probablement elle qui m’a donné envie d’exercer mon métier de journaliste, elle qui transmet mieux que personne le tragique et la beauté de cette zone sur laquelle je travaille. C’est elle aussi qui m’a donné envie, dans « Donbass », de parler de la guerre soviétique en Afghanistan.

Quel est le livre que tu n’as jamais terminé ?

Le Nouveau Testament. L’Ancien, ça va, mais le Nouveau je ne l’ai jamais terminé.

Bibliographie

Galerie

Nicolas Mathieu

Après des études d’histoire et de cinéma (dont il dit : « Je venais d’Epinal, on n’était pas bien conseillés, je me suis orienté par rapport à mes goûts, je n’ai pas visé des études qui m’apporteraient un travail rémunérateur), passionné par la sociologie, et au cœur des drames des fermetures successives des entreprises de sa région, il écrit d’abord un premier roman, Aux animaux, la guerre qui traite de ce sujet douloureux. Son deuxième roman, Leurs enfants après eux obtient le prix Goncourt en 2019. Il évoque également une région sinistrée et des ados plus ou moins paumés qui survivent dans une ambiance terne où l’avenir et les lendemains ne chantent pas beaucoup.

Nicolas me fait l’honneur de poursuivre ma rubrique, un auteur, trois livres, en nous confiant le lecteur qu’il est :

Quel est le livre qui a marqué votre enfance ou votre jeunesse ?

J’étais très fan de Sherlock Holmes quand j’étais petit. Donc le livre qui m’a peut-être le plus marqué, c’est un vieux recueil de nouvelles de Conan Doyle, je crois.

Quel est votre classique de chevet ?

Voyage au bout de la nuit. ça fait partie des livres que je relis. Et c’est resté pour moi un sommet, un livre qui a changé ma vie. Après la question est un peu traitre, parce que le livre de chevet, est-ce c’est celui qu’on aime le plus, ou celui qu’on pose sur sa table de nuit, pour l’avoir sous la main quand on se réveille au milieu de la nuit? Dans ce deuxième cas de figure, j’aime bien les correspondances, les chroniques et les journaux. Bernard Frank, Flaubert ou Matthieu Galley.

Quel est le livre que vous n’avez jamais terminé?

Il y en a beaucoup, mais celui sur lequel je me suis vainement acharné, c’est Au-dessous du volcan de Malcolm Lowry. Rien compris.

Bibliographie

  • Aux animaux la guerre
  • Leurs enfants après eux