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Une farouche liberté – Gisèle Halimi avec Annick Cojean (153 pages)

Il y a des êtres humains qui sont clairement au-dessus de la mêlée. Quand on naît femme en Afrique du Nord en 1927 dans une famille pauvre, le destin est a priori tout tracé : Se marier à quinze ou seize ans pour servir un mari après avoir servi ses frères. Gisèle Halimi,
elle, résiste à cet état de fait, dès le départ. Pour elle, c’est injuste, et elle passera sa vie à combattre l’injustice en général. Elle deviendra donc avocate. Et ses combats seront des avancées majeures pour les femmes, avec des modifications de lois ou de nouvelles lois comme le droit à l’avortement, à la contraception, la lutte contre le viol et la façon d’aborder
ce type de crime dans les tribunaux, l’abolition de la peine de mort. Quelle femme incroyable ! Et quelle plume merveilleuse que celle de la non moins merveilleuse Annick Cojean ! Elle retrace de manière tellement fluide cet entretien. Quelle chance a eu Annick de l’avoir rencontrée, d’avoir eu ces conversations sûrement passionnantes avec elle ! Je suis une femme de cinquante ans qui n’a jamais eu à se battre pour faire des études, pour me protéger de grossesses indésirables, pour être libre d’aimer qui je veux, comme je veux. On a tendance à oublier que tous ces droits qui ont été acquis de dure lutte restent fragiles et sont régulièrement bafoués, dans des pays qui se considèrent comme des démocraties
(l’actualité récente vient de raviver douloureusement la fragilité de ces acquis). Nous ne sommes pas à l’abri. Nous devons rester vigilants. Tous. Hommes et femmes ensemble.

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Blackwater 4 – La guerre – Michael Mc Dowell traduit de l’anglais par Yoko Lacour et Hélène Charrier (252 pages)

La saga continue, toujours aussi prenante. La couverture, signée Pedro Oyarbide, à l’instar de la série entière est pour moi la plus belle de toutes. J’ai avalé ce quatrième volume en une journée, autant vous dire que le rythme s’accélère dans cette série qu’on ne lâche pas ! Décidément une belle réussite !

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Delicious foods – James Hannaham, traduit de l’anglais américain par Cécile Deniard (392 pages)

J’ai acheté ce livre à la rentrée 2020, et il traînait dans ma Pal en me faisant de l’œil chaque semaine. J’ai acheté ce livre pour sa couverture hallucinante de beauté, pour son début terrifiant, parce que la drogue est un personnage, parce que j’avais rencontré les éditions Globe lors d’une rencontre « Varions les éditions en live » et que ma libraire me l’avait conseillée. En effet, ce livre est incroyable. Il décrit la descente aux enfers d’une femme. Scotty, son « mec » est la drogue et ses effets. L’histoire est racontée par trois protagonistes, Scotty, donc, Darlene, la mère et Eddie, le fils. Un roman terrible, terrifiant, sur l’esclavage moderne, l’addiction et la condition des noirs aux Etats-Unis. Je souligne tout particulièrement le travail démentiel de la traductrice pour retranscrire sans cliché le parlé populaire américain. Un roman fort.

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Blackwater 3 – la maison – Michael Mc Dowell traduit de l’anglais par Yoko Lacour et Hélène Charrier (238 pages)

La saga Caskey continue et à l’heure où j’entame le quatrième opus dans le cadre du challenge de l’été Vleel, je vous confirme que cette série est totalement addictive. Il va commencer à être difficile de faire le pitch des nouveaux épisodes sans dévoiler des éléments qui gâcheraient les premiers, donc je me contenterai de dire que la tension qui monte entre Marie-Love et Elinor arrive dans ce numéro trois à son paroxysme. Mais les autres personnages ne sont pas de reste et le mari violent de Queenie va revenir la tourmenter. On y verra aussi comment les deux filles d’Elinor et Oscar vont évoluer et comment Elinor va à nouveau mettre de l’ordre à sa manière.
Bref, je vous laisse, j’ai le quatrième sur le feu !

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Ultramarins – Mariette Navarro (146 pages)

Elle est le capitaine d’un gros cargo. Elle a toujours su qu’elle voulait faire ce métier et elle a su imposer sa légitimité. Elle dirige son immense bateau au cœur qui bat autant que ses hommes. Pourtant, un jour, elle dit « D’accord » en plein milieu de l’océan pour que l’équipe aille se baigner. Lorsque les marins remontent à bord, plus rien n’est pareil. Ce court roman est une pure merveille. A la fois fragile et dur comme son capitaine, sensible et ferme, poétique et descriptif. Une bulle, une parenthèse, comme un cargo arrêté au milieu de l’océan.

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Annam – Christophe bataille (92 pages)


Annam est un premier roman, écrit par un jeune homme de vingt et un an, en 1993. Ce très court roman a eu plusieurs prix, à juste titre. Il contient une belle histoire, beaucoup de poésie, et on s’imprègne des lieux comme si on y était. Il est incroyable de voir tout ce qui a été écrit en si peu de pages, et la maturité de cet écrit. Des murs froids du palais de Versailles, aux chaleurs moites du Vietnam, vous serez emportés par l’histoire de cette mission de militaires et religieux.

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La mère à côté – Thael Boost (199 pages)

Moi aussi, j’ai lu ce livre qu’on a vu massivement fleurir sur les réseaux sociaux ces dernières semaines. La tête de la mère de Thael, « c’est plus vraiment ça ». Depuis quelques années, la maladie d’Alzheimer lui prend ses souvenirs, ses connaissances et ses capacités. L’ensemble dans un maelström aléatoire, à la fois tragique, puisque la dégradation est inexorable, mais saupoudré de moments drôles, car cette mère au caractère espiègle arrive à faire rire et sourire sa fille avec ses réparties pétillantes.

Thael, par amour pour sa mère, écrit des bribes de souvenirs pour éviter qu’ils ne se perdent définitivement. Elle nous parle de cette maladie qui déboussole peu à peu, laissant les malades dans un flou et une incertitude où seule la bienveillance des proches peut les rassurer un peu. Elle y mêle ses propres souvenirs d’enfance. Car dans la tête des malades d’Alzheimer, tout se confond, notamment les époques et cette dame si gentille, on ne sait plus très bien si elle est sa fille, sa sœur ou sa mère. Un livre touchant d’amour parsemé de facéties.

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Lettres à un jeune auteur – Colum McCann traduit de l’anglais par Jean-Luc Piningre (138 pages)

L’écriture d’un livre est une épreuve. Une aventure émotionnelle intense, pleine de joies sublimes et de gouffres épouvantables. C’est en parlant avec Mika Mundsen lors d’une séance de dédicaces, que cet auteur de plusieurs romans (lisez son « Souffle des pierres », entre autres) m’a conseillé ce petit ouvrage de table de chevet. Colum McCann nous accompagne avec une brutalité bienveillante, ou bien au contraire, une bienveillance brutale. Il nous pousse à lire, à écrire, à danser. Il nous prévient des écueils, des embûches, des troubles, des doutes qui vont accompagner ce parcours. Il sait par quelles étapes de joies sublimes et de gouffres épouvantables nous allons passer. Il nous bouscule, nous rassure et nous met des coups de pied aux fesses pour qu’on se mette à notre table d’écriture . Qu’on s’y remette. Qu’on bosse. Une merveille. Avec ce clin d’œil à Rilke et ses « lettres à un jeune poète ». Rien que pour ça : Merci.

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A la recherche de Milan Kundera – Ariane Chemin (133 pages)

Comme beaucoup, je suis une inconditionnelle de Milan Kundera. Comme beaucoup, dans sa littérature, j’aime les parallèles entre la grande Histoire et les petites histoires personnelles. Ariane Chemin a enquêté pour rencontrer cet auteur qui a disparu de la vie publique depuis 1984. Elle a notamment beaucoup rencontré sa femme, des élèves, des gens qui l’ont connu. Ce monsieur, qui est fort âgé aujourd’hui est un mystère qui nous donne encore plus envie de le rencontrer lorsqu’on lit cette enquête.