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Les gardiens des forêts d’Amazonie – Raymond Delattre (109 pages)

Comment se replonger dans ses cours de civilisation Sud-Américaine ? En lisant le livre de Raymond Delattre. Il évoque les différentes tribus d’Amazonie, et leur disparition progressive, bien entamée il y a 6 siècles par l’arrivée des colons et à nouveau accélérée depuis quelques décennies avec la déforestation (20% ont déjà disparu à cause de la surexploitation de la région). Disparition des personnes, des cultures et des dialectes. Un peu scolaire à mon goût, ce récit est un constat qui accumule les informations mais qui manque à mon sens d’analyse.

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Mon ami Cyrano – Maya B.G. (82 pages)

Ce roman est un chouette roman jeunesse pour aborder l’œuvre en vers d’Edmond
Rostand. Rose-Hélène a la surprise de voir Cyrano de Bergerac, son personnage de
prédilection tomber dans son jardin. Comment a-t-il traversé le temps, comment va-t-il
rentrer chez lui ? Un roman joyeux et poétique qui aborde l’amitié, l’amour, le courage et
l’adolescence et ses souffrances lorsqu’on est un peu différent.

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Courtet Tome 2 – Le cri de l’ogre – Bertrand Garnier-Laroche (555 pages)

Hamon, Baron de Courtet est un héros chevaleresque, le plus habile à l’épée, fort et résistant, et aux qualités humaines colossales.

A la fin du 17ème siècle, il devient le collaborateur précieux du commis du Roi. Mais quelqu’un veut attenter à sa vie, au point de vouloir aussi s’en prendre à sa famille. Cette saga enchantera les amoureux de romans historiques, bien écrit, avec des personnages très attachants. C’est parfois un peu cousu de fil blanc, avec ses héros invincibles, mais ce livre fait du bien, et on se réjouit que les gentils triomphent du mal.

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Si la mort t’a pris quelque chose, rends-le. Le livre de Carl –Naja Marie Aidt Traduit du danois par Jean-Baptiste Coursaud (184 pages)

« Il n’y a rien de pire que la perte d’un enfant ». C’est ce que dit sa doctoresse, plusieurs mois après le décès de son fils de vingt-cinq ans, mort dans un accident funestement stupide. C’est ce que Naja Marie Aidt a expérimenté. La mort n’est jamais lisse, elle n’est jamais linéaire, elle ne commence pas par un sujet pour finir par un point, elle est faite de sursauts, de bonds, de routes qui s’arrêtent brutalement, d’abîmes, beaucoup d’abîmes. Elle se traduit par des cris, des pleurs, des moments d’abattement intenses. Alors dans ce court ouvrage qui ne souhaite pas verser dans le misérabilisme et le pathétique, l’autrice nous fait surfer sur des extraits de journaux intimes, de notes, de poèmes, d’écrits. Le livre exprime le chaos que représente un deuil aussi monstrueux que celui de perdre un enfant, polices différentes, physionomie déstructurée du récit, les mots se mettent à des endroits étranges dans la page, comme une chose abominable et impossible à appréhender.
Et en tant que mère, on pleure aussi.

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La lionne – Anne-Caroline Pandolfo, Terkel Risbjerg (195 pages)

Toujours dans le cadre du festival des Boréales qui approche à grands pas, l’illustrateur Terkel Risbjerg a collaboré avec Anne-Caroline Pandolfo sur plusieurs projets de romans graphiques. Ils se sont attaqués à des mythes comme Perceval, mais ont aussi adapté des romans (L’astragale, Serena…) ou des biographies. Ici, il s’agit de Karen Blixen, Danoise éprise d’aventure et de liberté. Cette femme hors du commun, née à la fin du 19ème siècle dans une famille où les femmes étaient d’un puritanisme absolu, mais dont le père a insufflé à cette petite fille rebelle son goût de l’aventure, des voyages et de l’écriture.

Vous avez peut-être entendu parler de « Out of Africa » le film un peu suranné avec la sublime Meryl Streep qui s’intéressait déjà à ce destin hors du commun, dont le titre est celui du récit que Karen Blixen elle-même a écrit au sujet de son expérience de plantation de café en Afrique (qui porte en français le terne titre de « La ferme africaine »).

Pour aborder toute la complexité de la personnalité de Karen Blixen, le sujet est ici traité avec un scénario empreint de poésie et de surnaturel. Vous adorerez rencontrer cette femme, fragile et forte à la fois.

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Le brûleur de Loups – Brigitte Allegre (166 pages)

Une histoire dans la grande Histoire. La guerre civile d’Espagne, puis la deuxième guerre
mondiale vues sous un angle à la fois lourd et léger. Inspiré par un évènement réel, la
coopérative de fabrication de confiseries, ce roman plein d’humanité, de joie et
d’enthousiasme est bien écrit, très documenté et l’aspect doux et joyeux qui s’en dégage
compense le côté tragique de cette période funeste.

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André-la-poisse – André Siniavski traduit du russe par Louis Martinez (150 pages)

Que dire de ce court roman écrit en France à la fin des années 70 par un homme qui aura déclenché la dissidence en URSS, été chassé de sa terre natale après avoir passé six ans au goulag et été fustigé en France par les « russes blancs », la diaspora russe et toute une population intellectuelle française bien-pensante ? André s’imagine lui-même maudit dans son roman où l’anti-héros porte son nom. La langue caustique et désinvolte à la fois, tel qu’on peut imaginer le vrai André Siniavski, vous transportera dans un monde absurde où le destin et le hasard vous sont imputés et, de ce fait, reprochés dans un même élan.

Réédité par les éditions du Typhon et re-traduit, ce court roman est préfacé par son fils, Iegor Gran, lui-même écrivain. Il nous apporte son éclairage sur cette histoire d’homme persécuté : le père et le personnage.

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Le répondeur – Luc Blanvillain (253 pages)

Il y a longtemps que je n’avais pas ri autant grâce à un roman. Les éditions Quidam, spécialisées dans l’originalité, ne dérogent pas à leur ligne avec ce roman. L’histoire est en effet inédite. Un imitateur excellent, mais peu connu, consacre son art à des personnages essentiellement morts ou oubliés. Qui se rappelle la voix d’André Gide, qu’il imite pourtant à la perfection ? Lorsque son écrivain préféré vient le voir dans sa loge, un soir après le spectacle pour lui proposer un étrange marché, celui de prendre son téléphone, se faire passer pour lui grâce à ses talents d’imitateur et devenir, donc, son répondeur, la vie de Baptiste bascule.

L’auteur nous interroge sur l’absurdité du monde, au travers d’une satire des nouveaux médias et de la célébrité, dans une langue à la fois fluide et érudite. Le roman de Luc Blanvillain est remarquablement bien écrit. On se régale autant de ses mots, de ses belles tournures de phrases que des situations cocasses qu’il sait parfaitement mettre en scène.

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Âme stram gran – Christiane Legris-Desportes (142 pages)

La sœur de François est mourante, mais il lui écrit une lettre pleine de haine pour expliquer
pourquoi il n’ira pas la voir, ni même ira à son enterrement. Non-dits, malentendus, secrets,
culpabilité, dans ce court roman, la rancune est tenace, mais une explication aurait dissipé
des certitudes fondées sur des mythes inexistants.
Nous le savons tous : les mots peuvent autant blesser qu’apaiser et Christiane Legris￾Desportes nous en fait en quelques pages une brillante démonstration. Et si la vie, l’amitié et
l’amour sont des soutiens de taille, seuls les mots peuvent vraiment délivrer.