Les protagonistes de la police des rennes Kemlet et Nina vont devoir enquêter sur la mort d’un loup, tué par balle, alors que c’est une espèce protégée. Les règles qui régissaient ancestralement les troupeaux de rennes ont été compliquées par les lois suédoises qui rendent la pratique de l’élevage encore plus difficile. Les territoires de pâturages, de lieux de naissance des faons, impactés par l’industrie minière amènent les éleveurs à des conflits intestins difficiles à comprendre et parfois inextricables. Seuls les Sames ont droit d’élever des rennes, mais les places dans les Samebyars, ces villages qui n’ont pas de frontières sont chères.
Ce roman est dense, et il essaye vraiment de nous immerger le mieux possible dans cet environnement hostile et très beau à la fois, où les règles s’empilent de façon compliquée pour des gens qui s’accrochent à ce qui disparaît peu à peu. Finalement, la culture Same, qui a su résister aux formes de domination du passé s’étiole peu à peu dans notre monde dans lequel il est de plus en plus difficile d’adapter ce mode de vie. Comme toujours, Olivier Truc ajoute un Candide à son récit, et compare deux modes d’élevage, les brebis en France, les rennes en Laponie avec leurs différences et leurs similitudes. Plongez vous dans le froid du grand nord !
Et pour prolonger l’expérience, retrouvez une chronique plus complète et une interview de l’auteur
https://radio-toucaen.fr/emission/isa-se-livre14/
