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Le bonheur du cactus après la pluie – Claire Ballon (217 pages)

Blanche est une femme trompée et délaissée qui manque de confiance en elle. Avec trois enfants, elle doit jongler entre son travail de comptable et l’organisation de sa maisonnée, dans un brouillard affectif qui enlève une partie de sa capacité de raisonnement. Sans compter qu’elle est provisoirement mutée pour enquêter sur un détournement de fond dans une petite agence perdue au fin fond des Alpes. Comment va-t-elle pouvoir gérer cette situation ?

Avec un humour décapant et de jolies trouvailles stylistiques, Claire Ballon nous emmène dans le sillage de Blanche (dont le personnage m’a fait penser à La Blandine du film les Cyclades) et on croque ce roman comme un chamallow à la menthe poivrée.

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Journal d’un scénario – Fabrice Caro (188 pages)

Chouette ! un grand producteur a trouvé le scénario du narrateur génial ! Ils vont faire un beau film, une belle histoire d’amour en noir et blanc, lente et intellectuelle. Mais les contraintes économiques des financements amènent à faire quelques concessions. Fab Caro nous emmène à nouveau dans un roman très drôle qui décrit un univers malheureusement probablement proche de la réalité. Il n’a vraisemblablement que peu forcé le trait. Je vous ai déjà dit que j’étais acquise à la cause de l’humour de Fabrice Caro ?

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A la merci du désir – Fredrick Exley traduit de l’anglais (442 pages)

Fredrick Exley, essentiellement connu pour son roman « Le dernier stade de la soif » a peu écrit et a écrit sur le tard. Son ami, prix Pulitzer Jonathan Hardley, disait de lui qu’il était l’homme d’un seul roman. Ce premier roman a obtenu le prix de la fondation William Faulkner et il a été sélectionné pour le national book award. Monsieur Toussaint Louverture, éditeur à part s’il en est a traduit toute l’œuvre d’Exley qui se résume à trois romans. « A la merci du désir » est le troisième volet de ce qu’Exley appelait des mémoires fictionnelles. Il mêle dans un délire paranoïaque et alcoolique des personnages réels et d’autres inventés, et il en va de même pour les anecdotes racontées. Une œuvre fictionnelle, donc, où l’auteur se met en scène comme un personnage. Il y met toute sa paranoïa (il fera plusieurs séjours en hôpital psychiatrique) et son alcoolisme (qui finira par le tuer). Il réfutait ses origines irlandaises, pourtant on y trouve cet humour caustique et tragique que l’on lit aussi chez Robert mc Liam Wilson. Il y a aussi un peu de Tom Robbins dans ce roman foisonnant et délirant. Bref, un roman qui ne laisse pas indemne.

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Betterave – Kal Chitel (313 pages)

Malheureusement, égrener des blagues misogynes, scato et légèrement homophobes sur les bords qui font marrer les hommes blancs hétéros cinquantenaires prospères en soirée avec quelques grammes d’alcool dans le sang ou quelques grammes de coke dans le nez ne débouche pas sur un bon livre. A fortiori parce que ce n’est pas très bien écrit.

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Le koala tueur et autres histoires du bush – Kenneth Cook (154 pages)

Kenneth Cook est l’un des plus grands écrivains australiens. Malheureusement décédé très tôt à l’âge de 57 ans seulement, ce baroudeur a sillonné son pays pour en ramener des anecdotes, terreau de ses récits. Dans le koala tueur et autres histoires du bush, il expliquait que ces anecdotes étaient tellement incroyables qu’on ne pouvait pas les mettre dans un roman, personne ne les croirait ! Alors, réalité ou fiction, on s’en moque, comme l’auteur le fait de lui-même dans une autodérision à pleurer de rire et on se délecte de ces nouvelles sur la faune aussi étrange que dangereuse de ce pays continent.

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La fin va vous plaire – François Kufs (115 pages)

La nouvelle, je ne le martèlerai jamais assez, est un genre exigeant qui ne permet pas d’approximation.  Dans ce petit recueil facétieux, qui oscille entre Raymond Queneau et Bobby Lapointe, vous trouverez de petites histoires rigolotes. Elles n’ont rien à voir entre elles, mais l’auteur a su glisser ici et là de petits rappels qui fonctionnent en comique de répétition. J’ai beaucoup aimé « Mais où est donc Ornicar », un hommage à l’orthographe qui devrait être utilisé par tous les profs de français pour expliquer certaines règles de notre belle langue avec laquelle François Kufs jongle et joue.

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Le chien de Madame Halberstadt – Stéphane Carlier (136 pages)

Ce court roman est un petit délice d’humour. Ecrivain sans grand succès, abandonné par sa copine, Mathieu se sent obligé d’accepter de garder le chien de sa voisine qui doit se faire opérer. A partir du jour où le chien entre dans sa vie, tout change. Croquette serait-il un chien magique ? Une novella très amusante et totalement déjantée malgré une retenue qui ajoute au comique. Bref, passez un bon moment avec ce roman.

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Au-delà de cette limite, votre ticket n’est plus valable – Romain Gary (248 pages)

Ça y est ! Un de mes objectifs de l’année atteint : J’ai enfin lu Romain Gary. C’est ma chère Naomi qui m’a gentiment proposé ce titre. Expérience étrange, je ne m’attendais pas à ça. Ce roman, un des romans des dernières années met en lumière un personnage qui pourrait ressembler à l’auteur en plus vieux (le héros a presque soixante ans, quand le romancier a environ 45 ans en 1975). Il a, comme Romain Gary, une maîtresse beaucoup plus jeune que lui (Relation houleuse avec Jean Seberg), et il s’applique à la décrire à l’opposé de sa compagne. Laura est brune aux cheveux longs et brésilienne quand l’actrice qui partage sa vie est blonde aux cheveux courts. Tout le long du roman, il s’interroge sur sa capacité à satisfaire sexuellement sa compagne, tandis que l’âge et ses problèmes de prostate se font de plus en plus présents. Le type est tout à la fois pathétique et irritant. Et on ne peut se défaire de l’idée que Gary écrit là une sorte de supplique à l’égard de son amoureuse. C’est touchant, drôle, cynique et absurde, et en même temps un peu agaçant. Cet homme qui a traversé la deuxième guerre mondiale, qui a été résistant a comme principal souci d’être amoureux d’une femme beaucoup plus jeune que lui dont il craint l’abandon s’il ne peut pas lui faire l’amour tous les jours. Mais son angoisse ne viendrait-elle pas plutôt de son entreprise prise à la gorge à cause des hausses et de l’inflation ? Bref, on sent Gary se débattre avec ses propres démons qu’il expose sans pudeur dans ce roman qui ne fait pas écran avec sa propre vie, avec, déjà apparent en filigrane, sa tendance suicidaire. J’ai hâte de poursuivre ma quête Gary, avec ses autres écrits.

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Mon mari – Maud Ventura (350 pages)

J’ai bien sûr une pensée pour Sophie de Sivry qui nous avait présenté ce roman en avant-première, nous expliquant le côté drôle et décalé de l’ouvrage. Ensuite, j’ai vu beaucoup de chroniques très divergentes sur ce roman, feel good or not feel good ? Premier ou second degré ? Personnellement, je n’ai fait aucun effort pour le lire en mode second degré. Mais enfin ! TOUS les romans racontent 1 – soit des débuts d’histoires d’amour (ils se rencontrent, généralement, ils sont attirés mais ils se détestent, ou ils ne se remarquent pas, et il faut tout le roman ou presque pour qu’ils arrivent à la conclusion que leur vie ne vaut d’être vécue séparés) 2 – des chagrins d’amour (Adultère, décès, séparation…avec reconquête, ou nouvelle conquête. Surtout quand il y a mort du conjoint. Peu de romans nécrophiles, il faut bien le reconnaître, ce n’est pas tendance). Ici, Maud Ventura nous prend à contre-pied. Des nuages depuis quinze ans dans la vie de ce couple ? Aucun. Des trahisons ? Pas plus. Qu’est-ce qui cloche ? Rien. Sauf que cette femme, éprise comme au premier jour, angoisse et souffre d’une hypothétique altération de cet amour. Elle en devient insupportable, terrifiante même. J’ai beaucoup ri de ses manigances pour démasquer son mari fidèle, de ses interprétations tirées par les cheveux à cause de ses sentiments exacerbés. Si je dois mettre un bémol, c’est sur l’épilogue qui est pour ma part de trop, mais le reste est une véritable réussite.