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Maman, je t’adore – William Saroyan, traduit de l’anglais américain par Annie Blanchet (237 pages)

Mama Girl est une jeune actrice divorcée qui s’occupe de sa petite fille. Elles s’aiment à la folie. Sur un coup de tête, elles partent à New York pour faire avancer la carrière de la jolie maman. Ce roman ressemble à une comédie musicale de Broadway des années cinquante, d’ailleurs l’intrigue se situe dans cette décennie. Un roman rose bonbon avec un joli ruban dans les cheveux, exhumé des cartons par Zulma.

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Un plan simple – Scott Smith, traduit de l’anglais par Éric Chédaille (465 pages)

Quand trois pieds nickelés découvrent plus de 4 millions de dollars dans un avion qui s’est écrasé en forêt, le plan est simple : garder l’argent pendant 6 mois pour être sûr que personne ne le cherche, puis se le partager et disparaître pour toujours. Sauf que les plans simples deviennent parfois bien compliqués. Un humour caustique et déjanté qui a inspiré les frères Cohen pour leur film Fargo qui utilise aussi les mêmes paysages enneigés comme décor pour un roman sur le rêve américain dévoyé.

Et pour prolonger l’expérience, vous pouvez écouter l’émission Isa se livre https://share.google/ujvSRJJg6bNptNyX4

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Danser encore – Charles Aubert (173 pages)

Pour continuer dans le thème de l’aberration nazie, j’ai enchaîné avec cette biographie romancée du champion de boxe Tsigane allemand dans les années 30. Je ne vous fais pas de dessin, son destin est tragique, à l’instar des 300 000 autres Tsiganes et des 6 millions de juifs assassinés dans des camps d’extermination. Considérés comme inférieurs, associaux, dégénérés, le gouvernement du troisième Reich les a aussi stérilisés et contraints au travail forcé. Mais Rukeli était un grand champion de boxe et il a gagné le championnat d’Allemagne. Impensable qu’un singe dégénéré, qui semblait danser autour de ses adversaires obtienne le titre. Il en sera déchu pour avoir boxé de façon non conforme.

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Tosca – Murielle Szac (124 pages)

Ce roman s’appuie sur l’histoire vraie d’une tuerie gratuite. Sept juifs raflés par la milice française en juillet 1944 et assassinés en représailles de la mort de Philippe Henriot. Sept personnes avec un bristol mentionnant leur patronyme sur le corps, sauf un homme, anonyme. Un homme qui, la nuit précédant sa mort, a chanté Tosca dans le placard où il était enfermé avec les autres, pour se donner du courage, pour donner du courage à ses codétenus, pour mettre de la beauté là où il n’y en a pas. Deux résistants sont enfermés avec eux. Au procès de Touvier, Louis Guiraud, dit P’tit Louis se rappelle cet homme inconnu à la voix magnétique. Un roman bouleversant d’humanité dans la cruauté. On ne dit jamais assez à quel point la milice française a fait de dégâts humains en France. Des. Français. Alors, prétendre que Pétain a protégé les Juifs pendant la deuxième guerre mondiale est une hérésie historique qu’il ne faut jamais laisser passer.

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La fille de l’ethnographe – Timour Muhidine (265 pages)

C’est l’histoire des errances de cet ethnographe, ce Turc féru de Sade qui a passé des années et des années en France pour arriver à une analyse exhaustive de chaque provincial sans y arriver. Il se lasse de plus en plus face à cet exercice sisyphéen. Sa fille retrouve son travail à sa mort. J’ai lu, j’ai lu en me demandant où il voulait en venir. L’aspect un peu documentaire du récit, sans aspérités, sans rebondissement m’a laissée perplexe. Une lecture plutôt laborieuse en ce qui me concerne.

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On dira que c’était un accident – Véronique Presle (185 pages)

Freddie est bipolaire, alcoolique et mère célibataire. Un jour, on lui a enlevé Lior, son enfant pour le mettre dans un foyer. Elle en veut terriblement à la femme qui l’a dénoncée, à l’époque, qu’elle croyait être son amie. Alors, elle compte bien être irréprochable pour ne pas le perdre à nouveau. Pour l’anniversaire de son fils, elle a tout bien fait, ou presque. Une semaine du point de vue de Freddie, puis une du point de vue de Lior qui fait tout pour soutenir sa mère à bout de bras et ne pas sombrer à son tour, Véronique Presle nous livre un roman terrible sans pathos. Elle jongle avec ses personnages bien campés et attachants et on retient sa respiration jusqu’à la fin, car on sent que tout peut basculer à tout moment.

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1991 – Luc Brunshwig, Michel Montheillet, d’après Franck Thilliez (110 pages)

Je suis très fan des dessins magnifiques de Michel Montheillet, qui, en compagnie de Luc Brunshwig nous livre une adaptation du préquel des aventures de Sharko de Franck Thilliez. Une histoire moderne et complexe qui met en scène des crimes affreux menés par un tueur particulièrement minutieux. La traque commence, avec un élément nouveau et novateur qui va révolutionner la police scientifique : l’utilisation de l’ADN.

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Photo sur demande – Simon Chevrier (178 pages)

Un jeune homme étudiant navigue entre deux applications, Grindr et Giton, la première pour rencontrer l’homme de sa vie, la deuxième pour se prostituer, car il n’arrive pas à joindre les deux bouts. Déprimé, il arrête ses études et se consacre beaucoup à ses rencontres, de plus en plus tristes ou sordides. En parallèle, il entame des recherches sur le modèle d’une photo étrange qui le fascine. Dans un style moderne et épuré, l’auteur nous parle de cette moderne solitude où tant de jeunes sombrent, entre mélancolie et désespoir. L’histoire de cette photo iconique de Peter Hutjar apporte un thème de fond très intéressant qui sert habilement de fil conducteur obsessionnel. Un début prometteur pour cette entrée en littérature sur un sujet difficile.

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Magma – Thora Hjörleifsdóttir, traduit de l’islandais par Jean-Christophe Salün (144 pages)

Si vous suivez mes chroniques, un détail entre celle-ci et la précédente devrait vous interpeller. Deux ouvrages traduits de la même langue par le même traducteur. C’est ça, d’être bénévole dans des festivals, on rencontre des gens, ils parlent de lecture, et moi, pauvre papillon de nuit attiré par la lumière, je rajoute des titres à ma pile à lire, ou à ma liste d’envies. J’ai bien tenté de me boucher les oreilles, mais le destin m’a conduite dans une bibliothèque où ce livre était en évidence. J’étais en avance sur l’horaire de la rencontre à venir, d’autant plus que l’horaire indiqué sur le programme était erroné. Trois quarts d’heure parfaits pour avaler ce très court roman coup de poing. Il raconte une histoire d’emprise et de violence, comment cette jeune fille jolie et aimable se trouve sous le joug d’un homme manipulateur. Mais les coups portés ne sont jamais physiques, rien que des baffes à l’âme qui mènent notre héroïne au bord du gouffre. Un livre qui explique à merveille les mécanismes de la violence larvée.