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Arc Atlantique – Denis Brillet (151 pages)

J’ai lu avec plaisir ce recueil de nouvelles dont toutes les histoires ont des contextes très différents mais chacune renvoie à un littoral de l’Atlantique. Qu’on en rêve ou qu’on y vive, qu’on y passe des vacances ou qu’on y travaille, ces tranches de vie sont toujours bien campées avec des personnages odieux ou attachants, des moments tendres, tragiques ou inquiétants. L’art de la nouvelle, pourtant exigeant est sous-estimé en France, mais je vous invite à vous y plonger.

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Le jour des morts – Nicolas Lebel (472 pages)

J’ai retrouvé avec plaisir le capitaine Mehrlicht et son équipe ainsi que le style impeccable de Nicolas Lebel (chez Lebel, y’a du level). Une empoisonneuse sème la panique à Paris. Les victimes n’ont aucun point commun. Frapperait-elle au hasard ?
J’aime les interrogations ironiques de l’auteur sur l’indigence de nos journaux télévisés (je me demandais si j’étais la seule à trouver inepte les micros-trottoirs au sujet de la météo, qui ont légitimé successivement les spécialistes en maladies infectieuses qui ont évolué vers des carrières de stratèges en géopolitique, pour devenir plus récemment des prix Nobel en économie. Pardon pour cette digression). Bref, je ne dévoilerai rien du suspens, mais je ne tarirai pas d’éloges sur l’intrigue bien ficelée, les personnages bien campés (on se surprend à penser à eux une fois le livre refermé) et l’humour qui donne des couleurs à la noirceur du monde.

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Le Pré des Oiseaux – Florence Lizé (427 pages)

Judith Gautier, vous connaissez ? Cette femme oubliée de l’histoire, à l’instar de tant d’autres, est la fille de Théophile Gautier. Lui, sa renommée n’a pas été effacée.  Mais elle, a surtout été la première à proposer des traductions d’ouvrages en chinois, elle était bilingue, écrivaine et peintre. Elle a côtoyé tous les grands du monde artistique de la deuxième moitié du 19 ème siècle. Elle a réalisé les premiers décors du Tannhauser de Wagner dont elle a été la muse et l’amie, tout en étant l’amie de sa femme Cosima et la marraine de leur fille. Elle a aussi été la maîtresse de Victor Hugo, a été plébiscitée par Baudelaire et Flaubert, été l’amie de Debussy, du dernier prince d’Annam et de tant d’autres qui ont tous passé un moment au pré des oiseaux, sa dernière demeure. Grande amoureuse, elle finira ses jours avec Suzanne, de trente-sept ans sa cadette. Avec son style poétique et très travaillé, Florence Lizé nous livre une nouvelle fois une biographie romancée où une jeune adolescente dans les années soixante va grandir le temps de son séjour pour les vacances de Pâques. De l’autrice aux personnages, réels ou fictifs, toutes ces femmes sont à découvrir.

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Mourir en scène – Christos Markoginnakis, traduit du grec par Loïc Marcou et Hélène Zervas (222 pages)

La plus grande diva pop grecque meurt en direct lors de son concert d’adieu, brûlée vive sur la plate-forme au large de la plage où elle chantait. Il s’avère qu’elle avait reçu des menaces de mort et subi des incidents qui laissaient penser qu’on essayait d’attenter à sa vie. C’est ce qui l’avait décidée à rendre son tablier. Le capitaine Markou avait été désigné pour la protéger et il prend cet évènement comme un échec personnel. Il va donc tout mettre en œuvre pour trouver le coupable. Il va découvrir que les apparences et les paillettes cachent des inimitiés et des rancœurs qui élargissent la liste des suspects. Un bon scénario que j’ai malheureusement compris trop vite pour ma part.

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Kim et les papys braqueurs – Patricia Tourancheau (253 pages)

Patricia Tourancheau nous livre encore une fois une enquête fouillée dont elle a le secret, mêlant sa personnalité drôle et profondément humaine pour interviewer les protagonistes de cette affaire hors norme. Elle n’hésite pas à délier les langues au côte-rôtie. Cette histoire traumatisante pour les victimes a été tournée en dérision tant le choc des deux mondes qui se sont affrontés lors de cette nuit tragique était violent. Je pense à la victime finale de ce braquage, celui qui a perdu le plus dans cette affaire et qui n’a jamais reçu de compensation, ni morale, ni sonnante et trébuchante à la hauteur du préjudice, ce pauvre vigile qui a payé le prix fort. Déjà spécialiste des grands braquages en France et dans le monde, l’autrice ne pouvait pas passer à côté de ce sujet qu’elle maîtrise sur le bout des doigts, alliant sa précision journalistique sans faille et sa personnalité pétillante.

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Le dernier thé de maître Soho – Cyril Gély (190 pages)

Une jeune fille rejoint un maître Samouraï pour se former à le devenir aussi. Un roman doux et délicat entre thé et épée où une jeune fille déguisée en garçon et un vieil homme à l’âme blessée s’apprivoisent dans la douceur de vivre. Il fera tout pour la sauver de la folie des hommes et de la guerre. J’ai bien aimé le style délicat et l’histoire ciselée.

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Motl, fils du chantre – Sholem Aleikhem, traduit du Russe par Nadia Dehan-Rotschild et Evelyne Grumberg (281 pages)

Motl est un petit garçon espiègle et joyeux qu’aucun malheur ne peut abattre. Des malheurs, pourtant, sa vie en est truffée, à commencer par la mort de son père et les entreprises désastreuses de son frère pour sortir de leur pauvreté crasse. Dans l’Ukraine antisémite des années 1920 où les pogroms ont fait rage, la famille décide d’émigrer aux Etats-Unis. Mais pour passer l’immigration, il faut avoir des yeux en bonne santé et la maman de Motl pleure tout le temps, abîmant inexorablement ses yeux. Motl déplore tous les évènements avec l’insouciance de l’enfance. Sholem Alekheim disait : la vie est horrible, alors il faut impérativement en rire, car on ne changera pas la folie des hommes ; sa vision des choses se reflète merveilleusement dans ce roman et m’a donné très envie de lire la suite.

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Maman, je t’adore – William Saroyan, traduit de l’anglais américain par Annie Blanchet (237 pages)

Mama Girl est une jeune actrice divorcée qui s’occupe de sa petite fille. Elles s’aiment à la folie. Sur un coup de tête, elles partent à New York pour faire avancer la carrière de la jolie maman. Ce roman ressemble à une comédie musicale de Broadway des années cinquante, d’ailleurs l’intrigue se situe dans cette décennie. Un roman rose bonbon avec un joli ruban dans les cheveux, exhumé des cartons par Zulma.

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L’étrange journée de Raoul Sévilla – Jean-Pierre Gattégno (232 pages)

Raoul va se faire casser la figure, parce qu’il est bouc émissaire des gars plus costauds que lui dans la classe. Raoul n’est premier qu’en rédaction, et il veut être écrivain. Chez lui, sa mère craint pour sa santé et son père voudrait le voir devenir commerçant. Incompris et coincé entre sa famille et son rejet à l’école, il décide de faire l’école buissonnière. La traversée de Paris par ce jeune juif dans les années soixante est drôle et touchante à la fois. Il sortira grandi et mûr de toutes les expériences et rencontres qu’il va faire. Dans une France d’après-guerre où l’antisémitisme est encore bien présent, cette journée lui ouvrira les yeux sur sa vie, sa famille, et les gens qu’il côtoie au quotidien. Un joli roman sur l’adolescence qui s’éveille.

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Ibycus ou les aventures de Nevzvorov – Alexeï Tolstoï, traduit du russe par Paul Lequesne (251 pages)

Sur le moment j’ai pensé : Tiens ! Un inédit de Tolstoï ! Sauf que, si vous faites attention, vous verrez qu’il s’agit d’un homonyme, puisque le Tolstoï qu’on connaît le mieux, c’est Léon. D’ailleurs, Alexeï est mort en 1945, c’est ce qui m’a alertée, les dates ne collaient pas.
Ce Tolstoï nous décrit une Russie pendant la révolution, au travers du road trip de ce personnage qui va endosser différentes identités et fonctions au fur et à mesure des évènements qu’il va vivre avec comme toile de fond, la prédiction d’une Tsigane sur un avenir bien plus radieux que la destinée qu’il peut a priori imaginer. L’opportunisme se teint d’absurde dans une Russie folle où tout se délite et se disperse dans la plus grande confusion. Humour noir et cynisme pour ce petit roman déniché par l’Arbre vengeur.