Et que celui qui a soif vienne, Un roman de Pirates – Sylvain Pattieu (470 pages).

Sylvain Pattieu - et que celui qui a soif vienne, un roman de pirates

Un roman de pirates? Vraiment? A priori pas trop ma tasse de thé, mais bon, il fait partie de la sélection, on se lance dans ce livre d’aventures, d’amour de philosophie et de réflexion sur la lutte des classes.

Un bateau, des esclaves nègres, un guerrier géant, une belle esclave que le capitaine s’approprie, une vieille sorcière, un pauvre gosse, devenu mousse, violé par les marins, un bosco qui fait tourner la boutique… Puis un autre bateau, d’autres personnages hauts en couleurs, un vitrier et un charpentier ennemis, un prêtre qui a des discours plus philosophiques que religieux, une femme qui fait tourner les têtes, un noblieau idiot. Un autre bateau encore, une femme déguisée en homme, son frère, illuminé. Des pirates qui attaquent tous ces bateaux…

Une foison de personnages (je ne les cite pas tous) qui ont chacun une importance, des allusions actuelles, des anachronismes voulus, une touche d’humour… On a l’impression de faire partie de la famille. Un hommage à la mère de l’auteur aussi, la description pudique et touchante de sa fin de vie, chacun ayant perdu un parent d’un cancer se retrouvera dans ses mots: c’est magnifique, c’est merveilleux. Tout est beau, tout est juste. C’est violent comme la vie au XVIIème ou XVIIIème siècle, ça pue la sueur et la merde de ceux qui vont mourir, on vit sur les bateaux, on a chaud, on a peur, on est exaltés.

Colère Noire – Jacques Saussey (407 pages)

Jacques Saussey - Colère Noire

Premier vrai polar de l’année 2017. Jacques Saussey nous emmène dans un univers de chasse, d’industriels véreux et de politiciens qui le sont aussi. Il nous sert un flic borderline comme on les aime en littérature, droit et juste, mais violent et cabochard avec les méchants. on s’attache à lui comme à sa jeune collègue, bleue mais parfaite. Jolie et efficace.

Qui avait donc intérêt à tuer Taillard, patron industriel dans le domaine de l’acier, chasseur de fauves invétéré? A peu près tout le monde, en fait, la victime se révèle être rapidement un affreux salaud qui a peut être bien mérité son sort. Mais lequel de ses amis lui en voulait au point de le faire disparaître?

L’histoire est alambiquée et, entre nous, le tueur est un peu idiot: s’il n’avait pas imaginé toute cette mise en scène, l’aurait-on retrouvé? Franchement, tout ça fonctionne plutôt bien, les gentils gagnent et les méchants perdent, on se prend au jeu, on aime les personnages avec leurs qualités et leurs failles.

Jacques Saussey fait partie des auteurs que j’ai rencontrés au salon du polar Bloody Fleury édition 2016. Malheureusement le premier opus de son livre était épuisé et, dans le polar, c’est embêtant, car si les intrigues changent, les personnages sont récurrents, et il est toujours préférable de les lire dans l’ordre. Heureusement, encore dispo sur Kindle, j’ai pu démarrer par le commencement. Je vous donnerai bien sûr des nouvelles de la suite.

Dulmaa – Hubert François (232 pages)

Hubert François - Dulmaa

A la mort de son père, Elisa retourne pour la première fois en Mongolie, après dix ans sans y avoir mis les pieds. Sa mère les a quittés pour retourner dans son pays. Pourquoi est-elle partie? Elisa commence un long voyage, semé d’embûches, pour la retrouver. Aidée de son grand-père qui est toujours là dans les moments difficiles, Elisa nous dévoile quelques pans de la culture Mongole.

Je n’ai pas « choisi » de lire ce livre, puisqu’il fait partie de la liste du prix des lecteurs, mais c’est un bon parallèle au « loup bleu » que j’ai lu il y a quelques semaines. La culture mongole ne bouge pas malgré les siècles, et c’est amusant d’y voir les parallèles. Le livre est bien écrit et se dévore en quelques heures pour peu qu’on adhère aux prémices de cette culture.