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L’appel – Fanny Wallendorf (352 pages)

Pour mon dernier retour de lecture de l’année, je finis en beauté avec le dernier livre de la sélection du prix Cezam de l’année dernière. Je me rappelle les cours de gym au lycée où l’idée seule de me jeter en arrière, la tête à l’envers, me procurait des frissons de dégoût. Tout ça pour dire que je ne suis pas férue de cette discipline a priori.

Fanny Wallendorf a ce don pour rendre passionnant un sujet qui pourrait paraître rebutant. En pleins jeux olympiques, cette lecture entre particulièrement en résonnance avec l’ambiance du moment. Inspiré de la vie de l’inventeur d’une technique de saut en hauteur qui porte désormais son nom, Richard Fossbury, ce roman est aussi la description d’une époque, du rêve américain des années soixante et de l’envers du décor qui envoyait des enfants conscrits à la guerre.

Ce superbe livre empli de joie tranquille, de constance, de détermination dénuée d’esprit de compétition, raconte l’histoire d’un jeune homme qui a seulement fait ce qu’il avait envie de faire.

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Lolita – Vladimir Nabokov traduit de l’anglais par Maurice Couturier (516 pages)

Mon rendez-vous avec Lolita aura été une amère déception. Je croyais lire l’histoire d’une jeune fille un peu délurée qui aurait rendu fou d’amour un homme mûr. Je ne crois pas beaucoup me tromper en affirmant que c’est un peu ce qui est  entré dans l’imaginaire collectif. Toutes les couvertures le sous-entendent. Quand on dit d’une jeune fille qu’elle est une lolita, on pense allumeuse. Jamais on ne pense victime. Jamais on ne dit petite fille violée.

Ce livre est la confession d’un pédophile assumé, qui sait parfaitement que ses pulsions sexuelles sont interdites et malsaines. C’est de surcroît un assassin, ce qui nous est dévoilé très rapidement. Ce livre a fait scandale à l’époque, on se demande même si quelqu’un oserait le publier de nos jours, mais ce scandale a eu lieu pour de mauvaises raisons selon moi. En 1955, ce qui a prévalu, c’est à la fois le caractère pornographique de l’œuvre (or ce n’est en aucun cas pornographique) et l’absence finalement de pornographie (ceux qui attendaient, comme l’a lui-même dit Nabokov, une escalade de scènes de plus en plus sexuelles ont été déçus). Ce livre était donc inclassable, et c’est ce qui a déclenché le scandale.

Nous n’avons que le point de vue de cet homme, empli d’une morgue dédaigneuse, imbu de lui-même, qui justifie tous ses comportements hideux en mettant de côté le ressenti de cette pauvre enfant. On sent qu’elle fait ce qu’elle peut pour éviter, contourner, vivre avec cette dépendance infâme. Il la menace, lui ment, lui fait du chantage pour la forcer.

C’est par ailleurs assez monotone et si on trouve quelques belles pages littéraires, on s’ennuie plutôt ferme durant les 500 et quelques pages du roman

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Mardi gras – Lainy Leang (135 pages)

Un écrivain de romans policiers très connu est invité à la Nouvelle Orléans. Chacun de ses déplacements est le théâtre de crimes calqués sur le pitch du roman qu’il vient d’écrire. Pourtant, il n’a jamais pu être confondu.

Un polar efficace comme un épisode des experts. L’histoire originale à la Nouvelle-Orléans pose en toile de fond les traumatismes liés à l’ouragan Katrina.

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Des tréfonds de mon âme, jaillit la lumière – Sandra Ligeour (94 pages)

Il m’est difficile de juger un univers qui m’est assez étranger. Je suis du genre joyeux, j’ai toujours adulé la vie, malgré un traumatisme (viol par un de mes proches à 14 ans, si vous
voulez tout savoir). Je n’ai jamais eu l’impression d’être une victime ou d’être malheureuse.
Peut-être que mon histoire familiale, bien plus lourde, m’a toujours amené à relativiser.

J’espère que cet essai, par ailleurs très bien construit et écrit pourra aider des personnes
moins chanceuses que moi à trouver un sens à leur vie.

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Une vie de résilience – Brigitte Gonçalves (40 pages)

Ana a 38 ans et s’interroge sur sa capacité à être mère, à cause de son enfance et adolescence calamiteuses, avec une mère qui n’a cessée de la rabaisser, de la maltraiter moralement et physiquement. Alors elle fuit sa vie sans rien dire à son mari pour des vacances au Maroc, histoire de faire le point. Un format qui s’apparente à une nouvelle. Ana est en pleine confusion et son guide, charmant, tente de la séduire au milieu de ses réflexions. Un style plutôt agréable, (cependant émaillé de beaucoup trop de fautes à mon goût) mais une histoire plutôt terne.

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Marie Jeanne Cueff – Marguerite Marie James (603 pages)

C’est l’histoire d’une petite fille belge qui est adoptée et qui ne le vit pas très bien. Elle découvre son adoption car elle soupçonne que son histoire n’est pas tout à fait celle que ses parents lui ont racontée, et elle découvre par la même occasion qu’ils lui ont menti sur leur âge. Tant bien que mal, aidée par la religion et les pigeons qui sont ses confidents, elle se construit de plus en plus bancalement, avec une tendance assez forte à l’auto-apitoiement un peu agaçante, sur ce secret de famille dont elle n’aura de cesse de découvrir la vérité et dont elle ne se remettra jamais complètement.

Un peu longuet, en partie lié au fait qu’on y répertorie avec (trop de) minutie les menus détails presque sous forme d’inventaire des livres lus, des films vus, des repas mangés, et des évènements historiques qui jalonnent l’histoire, qui au fond n’apportent pas tant que ça au récit, on s’attache néanmoins au personnage de Marguerite, cette petite fille choyée à sa manière (quel que soit le ressenti final de la principale protagoniste) mais étouffée par une mère d’adoption angoissée et peu féminine.

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Il y a un bon Dieu pour les anarchistes – Marie Bellando Mitjans (148 pages)

Rosa est une sorcière. Elle vit et meurt et renaît, et fait passer les morts dans l’autre monde. On la suit en tant qu’homme, en tant que femme, selon ses réincarnations, on la suit en poilu de la première guerre ou esclave noire aux Etats-Unis. Mais en filigrane, Rosa est amoureuse et elle qui lit généralement à livre ouvert les humains, elle se heurte cette fois à un esprit au moins aussi fort que le sien. Un joli petit ouvrage qui parle de vie, de mort, de racisme, de tolérance, d’histoire… et d’amour.

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Né d’aucune femme – Franck Bouysse (334 pages)

Encore un livre qui a été encensé par la critique, les prix et nombre de lecteurs auquel je n’ai pas adhéré… Il semblerait que le public soit fan du côté vierge blonde pure qui est violée et torturée pour racheter nos péchés en quelque sorte.

Alors, l’histoire horrible et peu crédible (les filles de ferme qui savent lire et écrire de mère en fille, vraiment ?), le côté franchement malsain et voyeur, la couche glauque du pédophile qui est un bon gars parce que lui, au moins, il est sincère dans ses sentiments (la fille a 14 ans !!!), la fin, bâclée, et le style de plus en plus confus, tout ici me laisse perplexe. 

Comme dans le sketch des Inconnus, il y a le mauvais pédophile, celui qui prend la fille de force devant sa mère, pour bien enfoncer le clou du côté glauque, et le bon pédophile, celui qui prend la fille de 14 ans, mais c’est euh… non ce n’est pas beau, c’est moche. Par ailleurs, Rose finit à l’asile, mais ça, tout le monde s’en moque, apparemment. Navrée pour tous ceux qui ont adoré.