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À la recherche du vivant – Iida turpeinen, traduit du finnois par Sébastien Cagnoli (292 pages)

Steller, scientifique du milieu du 18ème siècle part en expédition pour trouver d’autres chemins vers l’Amérique. Le commandant Bering mourra en laissant son nom au détroit, à la mer et à l’île où il est décédé. Le scientifique donnera son nom à plusieurs animaux, tous disparus, dont la rythine de Steller, cette vache de mer géante, sans prédateur depuis la préhistoire, qui va s’éteindre en moins de 30 ans. L’autrice raconte l’histoire de ce pauvre animal, mais aussi tous les méandres philosophiques qui ont accompagné ces exterminations. L’homme n’imaginait pas qu’il pouvait être à l’origine de l’ extinction d’une espèce. De même, il a fallu longtemps pour découvrir que les mammouths que l’on trouvait dans la tourbe n’étaient pas des animaux vivants sous terre qui mourraient en essayant d’en sortir, mais qu’il s’agissait de vestiges d’un lointain passé.

J’ai été intriguée par ce roman qui évoque des sujets originaux et pourtant d’une extrême actualité, puisque des espèces disparaissent chaque jour, à cause de l’homme. J’ai trouvé ça passionnant !

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Le grand amour de la pieuvre – Marie Berne (144 pages)

Jean Painlevé était un cinéaste et biologiste, le premier à avoir utilisé le cinéma comme moyen d’observation scientifique. Méprisé par ses pairs qui jugeaient ses techniques peu rigoureuses, il sera remarqué par André Breton et les surréalistes. L’histoire de ce cinéaste oublié est racontée du point de vue de l’animal, avec une écriture poétique et aquatique qui nous donne l’impression de lire au travers d’un aquarium. J’ignorais tout de ce scientifique, et la façon dont est relatée sa vie est une expérience pour le moins surréaliste et très originale.

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Jack l’éventreur démasqué – Sophie Herrefort (278 pages)

Sophie Herrefort est LA spécialiste de cette série de crimes à la fin du 19ème siècle jamais élucidés. Un homme s’est attaqué à quatre femmes, en augmentant au fur et à mesure la sauvagerie avec laquelle il a massacré les malheureuses. L’autrice nous décrit tout d’abord le contexte historique, politique, économique et géographique de ce Londres de fin de siècle. Elle a travaillé pendant une quinzaine d’années sur le sujet, obtenant parfois l’accès à des documents qu’elle n’aurait normalement pas pu voir. Son étude est fouillée, précise, et elle démonte point par point chacun des suspects qui a été envisagé pour donner sa version des faits. Elle s’appuie aussi sur des témoignages qui montrent que vraisemblablement la vérité était au fond connue ou tout du moins fortement soupçonnée par des proches, et même par certains membres de la police elle-même. Aujourd’hui, ce type ne ferait pas dix pas dans la rue sans être confondu. A l’époque, beaucoup de paramètres n’étaient pas accessibles et trop d’enjeux auraient nui à la bonne société anglaise. Un cas très intéressant pour ceux qui sont en quête de vérité.

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Une conquête d’indépendance : Lettres sur l’éducation et un monde nouveau – Maria Montessori, Simone Lanza traduit de l’italien par Delphine Ménage (64 pages)

Maria Montessori est connue en France pour les écoles auxquelles elle a donné son nom. Des écoles où les enfants expérimentent l’autonomie, et où l’apprentissage n’a pas le même modèle pour chacun. On oublie que Maria Montessori a été une des premières femmes médecins en Italie à la fin du 19ème siècle, contemporaine de Ghandi avec lequel elle s’entretiendra longuement sur leur vision respective de l’être humain et qu’au-delà de son modèle d’éducation, elle avait un modèle de communauté utopique assez élaboré. En quelques lettres et discours minutieusement choisis, on découvre cette féministe engagée, catholique croyante et pratiquante qui a laissé sa trace dans l’histoire.

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Le lecteur de cadavres – Antonio Garrido, traduit de l’espagnol par Alex et Nelly Lhermillier (751 pages)

Inspiré du premier médecin légiste de l’histoire, Song Ci, ce roman retrace la culture chinoise au 13ème siècle au travers d’enquêtes, de leur résolution et de trahisons.

Aujourd’hui, certains préceptes de ce médecin extrêmement novateur sont toujours en pratique. Il a écrit un traité de médecine légale, visant à ordonner les observations et analyses pour apporter aux conclusions une rigueur jamais observée auparavant.

S’appuyant sur des connaissances anatomiques poussées, il a établi les premiers principes de cette discipline. Les histoires s’entremêlent habilement dans ce polar historique très fouillé, et très documenté.

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Alfie – Christopher Bouix (440 pages)

Un appareil de domotique, une intelligence artificielle bouleverse le quotidien d’une famille lambda.
Alfie est cette aide précieuse plutôt sympathique qui fait les courses, vous réveille en douceur, aide les enfants à faire leurs devoirs. Comme il a un module de deep learning (apprentissage profond), ses algorithmes gèrent les évènements et il s’ajuste au fur et à mesure pour fournir un service de plus en plus précis et adapté.

Mais peut -on faire complètement confiance à une machine ? C’est très drôle, car Alfie tâtonne et s’interroge sur l’humanité. C’est aussi glaçant, car le livre aborde des questions essentielles et philosophiques. Quelle est la définition de l’humanité ? Du libre arbitre ? De la liberté ? Il nous rappelle aussi que nous ne sommes pas loin de ce type de situation. En Chine, l’état pousse le curseur très loin avec des caméras partout et des « points » qui donnent ou enlèvent des droits aux citoyens.

Raconté du point de vue de l’intelligence artificielle, truffé d’ « œufs de Pâques », ces références qui sont disséminées dans le récit, ce roman addictif drôle et flippant vous embarquera dans le futur 2.0

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L’Odyssée de l’espèce – Bruno Charlaix (317 pages)

Quatre nouvelles décrivent l’humanité du début à la fin. Oui, la fin, car l’auteur l’imagine. J’ai trouvé dommage qu’il n’y ait pas de fil conducteur entre les histoires mais c’est bien écrit et on aborde les problématiques actuelles de l’humanité. Les histoires sont toutes abordées sous l’angle du progrès, ce qu’il représentait à différentes époques de l’évolution humaine. Si on sait que la planète est en danger, il suffirait de bien peu pour faire écrouler notre fragile équilibre. Une sorte de préambule au livre de Jean Hegland « la forêt »

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Une hirondelle dans la tête – Patrick Agostini (310 pages)

Un gourou de l’altermondialisme est terrassé par une crise cardiaque lors d’une conférence dans un théâtre obscur. Mais le corps disparaît. Que se cache t-il derrière cette étrange disparition ? Cela aurait-il un lien avec les anciennes activités de cet as de l’informatique ?
Patrick Agostini a ce don du langage, il a son univers de mots bien à lui, il les manie et s’en délecte avec poésie et précision, et son style magnifique et exigeant a un air de Pierre Combescot.
Ça peut dérouter sur les premières pages, mais vous serez rapidement happés par l’histoire et vous ne lâcherez pas ce livre avant d’en avoir décousu. Un très bon roman au style unique. Un ouvrage à ne pas manquer.

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Un jour d’été au garde meuble de la couronne – Agnès Walch et Gatien Wierez (159 pages)

Ce livre est un documentaire qui éclaire un bâtiment qu’on connaît plutôt comme l’Hôtel de la Marine. Sur une journée d’été (parce qu’elles sont plus longues), on y évoque tous les aspects de la vie de l’époque (milieu et fin 18ème, donc les cinquante dernières années avant la révolution et un peu au-delà, pour expliquer notamment comme il a été difficile d’éviter des pillages, et raconter aussi la fameuse histoire du vol des bijoux de la couronne)  : métiers, objets, logistique, arts, histoire. Avec des papiers de couleur différentes pour représenter les différentes périodes de la journée, ce livre est un beau livre qui est un petit bijou original dans un format pratique et peu encombrant.