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Un corbeau sur l’eau – Jérôme Lefèvre (234 pages)

Max est le propriétaire d’un bar restaurant au bord de l’eau, et ses amis ont instauré un rituel pour s’y retrouver le dimanche. Max, le paternaliste est inquiet. Aïcha, sa petite serveuse, si jolie a disparu. Et un mafieux serbe patibulaire considère Max comme responsable de sa disparition. Le monde de Max s’écroule peu à peu, et tous ses amis semblent aussi en danger que lui. Pourtant, tout est tacite et on pressent le malheur comme un corbeau qui effleure l’eau. Un roman noir psychologique dont on tourne les pages pour découvrir ce que chacun cache. Les faux semblants et les secrets finissent toujours par remonter à la surface.

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Ton/Nom – Esther Yi traduit de l’anglais par Floriane Herrero (175 pages)

Une jeune femme américaine d’origine coréenne basée à Berlin tombe par hasard sous le charme d’un membre d’un groupe de K pop. Sa vie va en être fondamentalement transformée.
Un roman purement coréen, pour ceux qui apprécient cette littérature tout à fait à part dans l’univers des livres, barrée et singulière. Il y a ce je-ne-sais-quoi d’identifiable dans la structure narrative, dans les intrigues et les intrigues secondaires. Un moment hors du temps d’où l’on sort toujours un peu groggy et étonné.

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Un cœur à haut potentiel – Aryé Baumzecer (349 pages)

Aryé Baumzecer nous parle d’un syndrome mal connu et à mon avis employé souvent à mauvais escient dans les séries : Asperger. Ce mot perdure pour ce syndrome, bien qu’on lui préfère maintenant la dénomination de neuroatypique pour définir cet aspect du spectre des troubles de l’autisme. Aryé en fait une force pour son héros, qui parvient malgré les difficultés à se positionner au plus haut poste de l’État. Il insiste sur la différence plutôt que le handicap dans une histoire naïvement touchante où les personnages sont attachants. Un joli premier roman qui met l’écologie au premier plan grâce à des élus sincères, ça change !

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Le colonel Ramollot – Charles Leroy (159 pages)

Charles Leroy avait le même humour absurde que son illustre beau-frère, Alphonse Allais.
Ce colonel est un abruti fini, inculte, ignorant, imbu de lui-même, ridicule. Ce méchant colonel se démène au milieu de soldats moins gradés que lui, qui lui doivent obéissance malgré l’incohérence des ordres.
Au dix-neuvième siècle, il a fait fureur dans les gazettes où il était publié en feuilleton. La lecture est un peu ardue, car pour éviter de truffer le texte de gros mots éructés par le malotru, l’auteur s’applique à égrener son texte de petits points, si bien qu’on finit par lire un texte à trous où le néologisme f…d’nom de nom est sur employé. Pour autant, je me suis délectée de cette découverte.

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Cendres ardentes – Marc Voltenauer (395 pages)

Un corps mutilé est retrouvé dans le lac Léman. L’histoire oscille entre l’Albanie et la Suisse, le choc des cultures, le poids des traditions et une mafia qui utilise les traditions (et notamment la vendetta) comme alibi aux meurtres. J’ai appris des choses sur l’Albanie qu’on connaît mal, tant cette dictature qui a duré quarante ans a isolé le pays au point d’en être presque oublié. J’ai notamment découvert le statut de vierge sous serment, qui est l’un des rares cas d’encadrement légal des concepts de transgenre et de travestissement. J’ai trouvé le style un poil trop pédagogue, après tout, on est dans un polar et on n’est pas obligé de décortiquer les techniques de la police scientifique, mais l’auteur ne risque pas d’être pris en défaut de raconter des balivernes sur les sujets qu’il traite. Et sinon, comme toujours pour les romans policiers, zéro spoil, donc je n’en dirai pas plus.

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Flagrant Déni – Florence Machelon (212 pages)

Le déni de grossesse est un sujet qui me passionne. Comment un fœtus peut se couler le long de la colonne vertébrale pour disparaître jusqu’à un terme avancé ? Dans le cas de ce roman, une jeune fille sans histoires, en rébellion contre sa mère arrive à l’hôpital pour des maux de ventre importants, et pour cause, elle a des contractions d’accouchement. Incrédule, elle pèse 48 kilos et sort d’une compétition de natation, l’adolescente ne peut imaginer qu’un bébé s’est faufilé et s’est fait tout petit pour que sa mère n’ait aucune velléité d’avorter. Ce roman est raconté caméra au poing comme un documentaire, et décrit toutes les étapes que va traverser cette mère qui n’a pas eu le temps de se préparer.

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Villa Bergamote – Mona Messine (154 pages)

Mona messine s’est inspirée d’un couple politique véreux ultracélèbre pour l’écriture de ce roman au style recherché. Chaque mot semble avoir été choisi avec soin, comme dans un bouquet de fleurs japonais, un ikebana. Chaque mot est à sa place, comme chaque personne dans le roman est à la sienne, chorégraphie bien huilée. Ce roman se lit comme un thriller, alors que la violence est le plus souvent larvée, entre fêtes mondaines et vacances au bord de la piscine dans cette maison qui, à l’instar de Manderley, est un personnage à part entière. En 155 pages où l’on déteste et plaint la narratrice tour à tour, l’autrice décrit l’ascension et la déchéance d’une jeune et jolie jeune femme qui aimait l’argent jusqu’à la compromission. Un roman très original avec une écriture très ciselée, un petit bijou.

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Zen altitude – Sonia Dagotor (218 pages)

Ceux qui me suivent (et lisent mes retours de lecture en ne se contentant pas de mettre des cœurs sous les visuels créés par Clara Punch, très beaux, au demeurant) savent que le feel good n’est pas mon genre de prédilection, mais comme je suis maso, et/ou que j’aime bien les gens, et/ou que je me lance dans des challenges, je continue à en lire de temps en temps. Sonia Dagotor, fait partie des autrices de feel good rigolotes et sympathiques qui incitent à lui donner un coup de pouce et donc à lire ses livres. Ses personnages sont attachants, ses histoires font le job, et l’ensemble est bien écrit. En résumé, pour les amateurs du genre, ce livre est parfait. Pour ma part, je vous confirme que je ricane, un peu moqueuse, devant tant de naïveté emphatique. Parfois, ce qui est censé faire du bien, rôle du feel good par excellence, a l’effet exactement contraire sur moi et me met mal à l’aise, me gêne, voire m’oppresse un peu, tant j’ai l’impression d’être dans une autre dimension, un monde qui ressemble à celui de Barbie. Gros divulgâchage : ce livre finit bien. Allez, bisous.

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Roman fleuve – Philibert Humm (289 pages)

Trois jeunes fous germanopratins ou assimilés décident d’acheter un canoé pour effectuer une croisière sur la Seine de Paris au Havre. Ce roman raconte l’histoire véritable de Philibert et de ses deux acolytes, dont aucun n’a le pied marin, ni même fluvial qui se sont lancés dans une aventure risquée et inconsciente, et surtout interdite. C’est rigolo, même si j’ai trouvé l’auteur condescendant avec tout le monde, les gens qu’ils croisent et surtout les lecteurs, mais on passe un bon moment de rigolage à suivre leurs aventures loufoques sur l’eau.

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Brown’s requiem – James Ellroy traduit de l’anglais américain par François Guerif et Freddy Michalsky (392 pages)

J’ai une tendresse particulière pour cet ouvrage, je veux parler de l’objet livre. En effet, par un hasard inouï, j’ai réussi à décrocher in extremis une dédicace de ce monstre de la littérature noire américaine, plus connu pour L.A. confidential ou le Dahlia noir. Brown’s requiem est le premier roman de James Ellroy, celui de la genèse de son œuvre majeure. On y suit Brown, ancien flic alcoolique, reconverti en mandaté pour récupérer des voitures de location aux loyers impayés. Brown a aussi une agence de détective minable où les affaires se font rares. Jusqu’au jour où un type antipathique, très gros, malsain et antisémite lui demande d’enquêter sur un juif richissime et mécène de sa sœur violoncelliste. Une enquête alambiquée dans le milieu des caddies de golf va emmener notre détective jusqu’au Mexique où la pègre a parfois un visage bien respectable. Les bases sont posées.