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William – Stéphanie Hochet (190 pages)

Shakespeare a disparu pendant 7 ans. Quoi de plus romanesque pour une écrivaine comme Stéphanie Hochet, qui a étudié les œuvres de ce génie monumental pendant ses années d’études ? Mêlant biographie, fiction et autobiographie, l’autrice nous propose une version crédible de ces années perdues, tout en essayant de décrypter les mécanismes de sa famille dysfonctionnelle. Un roman très original dont les aspects très variés m’ont beaucoup plu et intéressé. Pour prolonger l’expérience, vous pouvez écouter l’émission de radio où j’ai invité l’autrice https://radio-toucaen.fr/emission/isa-se-livre-19-speciale-shakespeare/

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Le Grêlé : Le tueur était un flic – Patricia Tourancheau (362 pages)

Quelle histoire épouvantable, ce gendarme, puis flic qui a violé et aussi tué des petites filles pendant trente ans en échappant sans cesse à ses confrères ! Journaliste judiciaire, Patricia Tourancheau a suivi cette affaire pendant des années. C’est la spécialiste du sujet. Comme tous les protagonistes encore vivants et impliqués, elle a été soulagée qu’on ait finalement démasqué ce monstre à deux têtes. Un reportage glaçant et incroyablement bien documenté.

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Armures – Stéphanie Hochet (216 pages)

Après William Shakespeare, Stéphanie Hochet s’attaque sur le même principe au mythe de Jeanne d’Arc, en mélangeant les faits historiques, la fiction et l’autobiographie. L’autrice a trouvé une voie (une voix ?) bien à elle et l’exploite encore une fois avec brio. Et si Jeanne d’Arc avait douté ? A-t-elle vraiment cru elle-même à ses visions ? Et si elle avait un peu enjolivé pour échapper à un destin tout tracé ? Pourquoi a-t-elle tant insisté pour être « La Pucelle » sinon pour éviter un mariage et la vie associée, broderie et élevage de marmots ? Et quelle femme ! à l’époque où il est interdit de se travestir, elle s’habille résolument en homme et elle est suffisamment convaincante pour entraîner dans son sillage des guerriers qui la suivent sans broncher.
Puis l’autrice nous parle de son frère d’armes, Gilles de Rais, dont on a oublié la bravoure et les faits d’armes pour ne se rappeler que du tueur en série d’enfants. (Cherchez sur Google, ils vous le présentent ainsi). Cet ogre féru d’alchimie ressemble étrangement à l’oncle de Stéphanie. Laissez-vous embarquer dans la grande histoire. Peut-être y découvrirez-vous des secrets bien enfouis.

Pour prolonger l’expérience, vous pouvez écouter l’émission de radio où j’ai invité l’autrice https://radio-toucaen.fr/emission/isa-se-livre-19-speciale-shakespeare/

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Les dames de guerre – Laurent Guillaume (515 pages)

Laurent Guillaume nous embarque en pleine guerre d’Indochine. La légende dénonce les Américains comme la première armée à avoir utilisé le trafic de drogue pour financer la guerre, mais ce sont bien les Français qui s’y sont essayés pendant la guerre d’Indochine. Au travers de l’appareil photo d’une New-Yorkaise sophistiquée que rien ne préparait à être reporter sur des lieux de conflits, dans les pas de Kovacs, un photographe décédé qui ressemble à Robert Capa, cette Lee Miller bis va mener une enquête avec la naïveté des débutants. Un très bon polar qui sème des œufs de Pâques et rend hommage entre autres à Graham Green.

 

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Bunker – Philippe Huet (334 pages)

On croit que ce livre va être un roman policier mâtiné de terroir. Et puis non. On pense que ce livre va remettre certaines pendules de l’auto justice à l’heure. Et puis non. Il y a un tournant dramatique auquel on ne s’attendait plus. Philippe Huet vous balade avec brio sur les côtes du débarquement juste après le cinquantenaire des célébrations du 6 juin 44 en parlant de sujets peu abordés. C’est parce qu’il a arpenté le Cotentin en compagnie de son épouse pour se fondre dans le paysage et recueillir des milliers d’anecdotes sur cette période trouble et troublée. En tant que journalistes émérites, ils ont consigné dans deux ouvrages celles qu’ils ont pu vérifier. Les histoires qu’il n’a pas pu contrôler, il les a gardées pour rédiger des romans. C’est original et rudement bien fichu. On applaudit.

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Là où sont les oiseaux – Maren Uthaug traduit du danois par Françoise et Marina Heide (350 pages)

Un gardien de phare, sa femme, sa fille, les gens autour et là où sont les oiseaux. Encore une fois, Maren Uthaug nous parle de faux semblants, d’histoires vécues sous différents angles. Et ça change tout le point de vue ! Cette écrivaine a un don incroyable pour fignoler les détails qui vont bouleverser la façon de voir les choses. Style impeccable dans la traduction, histoire glaçante et bien menée de secrets de villages, un très bon opus de cette autrice qui change d’univers à chaque roman mais dont on reconnaît la patte que j’affectionne.

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Le réseau Daedalus – C.H. de Burgh (352 pages)

Après le prodigieux détective, Stanislas André Bonaventure s’attaque cette fois au démantèlement d’un réseau puissant et maléfique, le réseau Daedalus, aidé de son comparse Woodrow de Burgh, père de l’écrivain. Agaçant, misogyne, fin épéiste et cavalier émérite, notre détective, entre Hercule Poirot et Indiana Jones va parcourir Londres et la Normandie afin d’élucider une série de crimes « impossibles ». Références assumées à Agatha Christie, Conan Doyle, Gaston Leroux et Indiana Jones, ce roman foisonnant diffuse les indices au compte-goutte et C.H. de Burgh nous propose une fois de plus un tour de magie dont il est friand. Amateurs de bonneteau et autre passe-passe, foncez !

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ZU (Autoportrait flou) – Luc-Michel Fouassier (118 pages)

J’avais adoré « Les pantoufles «  du même auteur, alors j’ai pensé que cet hommage aux myopes allait forcément me parler. La couverture est géniale et représente bien ce que nous vivons, nous, les bigleux. D’ailleurs, si quelqu’un passait à ma portée, là, maintenant, il trouverait que je regarde mon téléphone de bien trop près, en me faisant remarquer que je devrais changer de lunettes ! Et je répondrais, comme toujours : « Mais je vois très bien de près ! » Nés à une époque où les verres n’étaient pas amincis, et où la technologie imposait par la même occasion des montures immenses quand ce n’était pas la mode, nous avons souffert de moqueries. Notre physique était mangé par des lunettes qui nous privaient de popularité. C’est ce que nous raconte l’auteur au travers de ses souvenirs. Il aurait pu aller plus loin. Il aurait pu être encore plus drôle. J’aurais dû me sentir encore plus en osmose avec ses souffrances, les quolibets reçus, les anecdotes vécues. Un petit livre sympathique qui brille moins que ses pantoufles lustrées.

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Le billet de cinq – Hakim Benbouchta (219 pages)

Un billet de cinq euros passe de main en main. D’un jeune homme handicap mental à un migrant héroïque, puis à une jeune femme victime de chantage pour finir dans les mains d’une gentille mamie juive qui est retombée amoureuse. Un paquet d’éléments feel good, un peu trop à mon goût pour sembler réaliste, mais on passe un moment agréable, loin de la fureur et du bruit.

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Écritures carnassières – Ervé (158 pages)

J’avais adoré Morsures de nuit, je me suis replongée avec délectation dans l’écriture de Ervé, âpre et poétique, où la lumière éclot de manière inattendue dans cette vie d’enfant brisée, dans le cul rond et blanc d’araignées ou dans la rosée qui fait scintiller leurs toiles. Le style de cet écrivain est vraiment magnifique et je vous invite à aller écouter le replay de l’émission de radio que nous avons fait ensemble, un moment touchant et pur, comme l’exquise personne qu’il est, où vous pourrez aussi découvrir d’autres aspects de cet artiste complet, musicien, dessinateur mais surtout : écrivain.

Isa se livre #18