86, année blanche – Lucie Bordes (133 pages)

Lucile Bordes - 86, année blanche

Voilà un livre qui se lit d’une traite. 86, l’année de Tchernobyl. 3 femmes se relaient pour raconter leur Tchernobyl. Une jeune fille de 15 ans voit cet événement comme la fin du monde, tandis que son père, bouleversé par la fermeture des chantiers navals de la Seyne sur Mer déprime au fond de son lit.

Bon, entre nous, j’avais le même âge en 86. Si les salades de mon père ont subitement décliné malgré les informations rassurantes qui nous rabâchaient que le nuage s’était miraculeusement arrêté à la frontière, si dans les années qui ont suivi, les cancers de la thyroïde, de l’hypophyse et les nodules ont subitement explosé, je ne me suis pas couchée habillée dans mon lit en pensant que j’allais mourir.

Ludmila raconte l’agonie de son beau et aimé Vassyl, un des premiers soldats du feu qui se sont relayés pour sauver l’Europe d’un désastre encore plus grand. Ioulia, elle, voit Tchernobyl comme le point de départ de la fin de son couple, et le départ tout court de son amant, ressortissant français, appelé à rentrer en France.

J’ai trouvé le style remarquablement poétique, et le livre terriblement réaliste. Finalement, malgré leur plongée au coeur de la tragédie, les deux Ukrainiennes vivent la catastrophe d’un point de vue quasi uniquement affectif, alors que c’est la jeune française qui l’appréhende comme le début de la fin du monde.

Un rappel sur un événement dramatique de notre histoire à quelques milliers de kilomètres seulement, avec son hécatombe humaine, masquée par ce qui était encore à l’époque, une dictature communiste. ça fait froid dans le dos, surtout que le prologue et l’épilogue s’appuient sur un épisode vécu par l’auteur dans un train (le Paris Cherbourg, Cherbourg étant une ville où il y a une usine nucléaire), où un homme minimise les risques liés à ce mode de production d’électricité. 

Rencontre avec Michel Bussi

Rencontre avec Michel Bussi pour une séance de dédicaces avec la librairie Eureka Street et la bibliothèque de Mathieu. Interview très bien menée et auteur très en verve. Bon… J’en ai profité pour acheter deux romans que je n’ai pas lus. Je vous conseille en priorité « Nymphéas noirs » mon préféré (c’est aussi le préféré de l’auteur) et « un avion sans elle » qui sont vraiment originaux. À venir : un plus ancien « Maman a tort » et le dernier : un recueil de nouvelles « T’en souviens-tu mon Anaïs ?  »

Le début des haricots–Julie Nodet-Gayral (179 pages)

Un petit feel good book, après tous ces meurtres, ça fait du bien. Après une erreur médicale, une jeune urgentiste écrasée par son père professeur dans le même hôpital, part en congrès à San Francisco et bifurque à l’aéroport pour faire un stage d’introspection. Je vous spoile : cela va l’aider à se reconstruire. Merci Julie, c’est bien écrit et le contrat est rempli, on est content que ça finisse bien. Bisous je vous aime.

L’enfant aux yeux d’émeraude- Jacques Saussey (410 pages)

Ce qui est bien avec Jacques Saussey Page Auteur, c’est que chacun de ses livres racontent des histoires vraiment différentes. Il est quelque part, l’endroit lui plaît et il invente une histoire autour du lieu qui lui a plu, les paysages et les personnes rencontrées sont le point de départ de son inspiration.

La suite des aventures de Lisa et Daniel est encore un très bon cru, avec un coupable qu’on découvre dès le début. Mais qu’a donc vécu cet homme lorsqu’il était enfant pour péter les plombs comme ça ?

L’enfer de church street- Jake Hinkson (204 pages)

(Traduction en français ci dessous)

I have to write this article in English so that the author can read it if he wants. Well, this book is not a ‘polar’. There are no policemen that make an enquiry and at the end the bad people are under arrest. All the people in this book are bad, ugly or dumb. This looks like this wonderful little book called ‘drive’. I do not speak about the sickly film version but the book where all the characters are bad, even if they want to find a way to be good, they never succeed. Same story here, but even worse. How can we trust in humanity after reading this? Priests, sheriff, lawyers, all have to burn in hell! I am just wondering something even more scarying :what is the autobiography part in this book? 😈

J’écris cet article en anglais au cas où l’auteur souhaiterait le lire. Alors, ce livre n’est pas un polar à proprement parler. Il n’y a pas de policier qui enquête pour mettre les méchants sous les verrous à la fin. Tous les personnages sont méchants, affreux ou idiots. Ce livre est noir comme le merveilleux ‘drive’ et je ne parle pas de la version film mièvre, où tous les personnages, malgré leur bonne volonté pour certains ne peuvent que mal tourner. Pareil ici, mais en pire. Peut-on encore croire en l’humanité après avoir lu ce livre ? Prêtres, shérif, avocats, tous doivent brûler en enfer ! Je m’interroge juste sur un point encore plus inquiétant : y a t il une part autobiographique dans ce roman ??? 😈