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Dans le fossé – Sladjana Nina Perković traduit du serbo-croate par Chloé Billon (264 pages)

Le premier roman de cette autrice bosniaque est une satire sociale déjantée autour d’une famille dysfonctionnelle le temps d’un enterrement. L’autrice en profite pour nous brosser un portrait acide de la culture bosniaque. L’héroïne est envoyée par sa mère pour la représenter à l’enterrement d’une tante qui s’est étouffée avec un os de poulet. Le village débarque chez l’oncle apathique d’avoir perdu sa femme pour se restaurer aux frais de la princesse. Cupides, avares, profiteurs, égocentriques, tout le monde espère récupérer un bout d’héritage. Mené à toute vitesse, ce roman nous entraîne dans le fossé d’une montagne brumeuse et humide,  jusqu’au dénouement inattendu.

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Le bras du dragon – Philippe Valry (196 pages)

Vous connaissez ces concours de bûcherons à la télé ? C’est un truc qui me fascine : Des hommes taillés comme des bûcherons (ça tombe bien, c’est leur métier), s’affrontent dans des épreuves où ils doivent couper des troncs énormes dans un temps record, à la hache, à la scie, à la tronçonneuse. J’ai toujours du mal avec le fait de couper des arbres, je suis un peu comme Idefix, le chien d’Obelix, je pleure quand on coupe des arbres pour rien.

Ce roman, c’est complètement ça : On coupe des arbres pour rien. Sauvez des arbres, épargnez-vous cette lecture qui alimente les polémiques sur les maisons d’édition peu scrupuleuses : Histoire indigente, irréaliste (quand on écrit un polar, la moindre des choses est de prendre deux trois renseignements sur le fonctionnement de leur institution : les titres d’inspecteur et de commissaire ont disparu depuis belle lurette), humour douteux voire misogyne, style et écriture lamentables. J’ai peiné pour aller au bout, alors je vous le confirme sans difficulté : il n’y a rien à sauver. Il s’avère que je connais l’auteur. Son objectif était d’écrire un livre, il l’a fait. Ce n’est l’objectif de personne de le lire. Allez, bisous.

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Cherche David, éperdument – Paule Darmon (312 pages)

Lorsque j’ai su que Paule Darmon sortait un nouveau roman, je me suis aussitôt enthousiasmée. J’avais adoré « Robert De Niro, le Mossad et moi », à la fois ultra documenté sur l’histoire tragique de l’espion Eli Cohen et drôle sur cette scénariste qui veut absolument faire un film sur ce super espion.

Je me demandais comment elle allait se renouveler. Mes amis, quel renouvellement ! J’ai dévoré cette histoire d’amour d’un romanesque échevelé. Claire tombe par hasard sur une carte postale sur l’étal d’un bouquiniste parisien. Sur cette photo, c’est elle, prise par son premier amour, David, amour impossible, passionné et merveilleux. Commence alors une quête qui mènera Claire de Paris à La Paz, puis New York.

L’autrice nous raconte L’Algérie et le Maroc des années 30 au travers de cette belle histoire. Se pourrait-il que 50 ans plus tard, elle puisse le retrouver ? Vous serez embarqués dans cette folle épopée romantique et exaltée, lisez Paule Darmon.

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Roman de Ronce et d’Epine – Lucie Baratte (204 pages)

Après « Le chien noir », Lucie Baratte nous entraîne à nouveau dans son monde gothique de contes d’autrefois. Moins surprise que pour son premier roman, on retrouve néanmoins son style particulier qui remet au goût du jour les histoires à l’ancienne, où elle fait la part belle aux symboles fantastiques. Son écriture fluide nous propose un moment de lecture agréable, malgré des passages un peu gores (comme dans son précédent roman) où l’amour entre deux sœurs que tout oppose vaincra la malédiction de la forêt qui entoure leur château.

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Un bon million ou le démembrement de Lemuel Pitkin – Nathanael West traduit de l’anglais par Catherine Delavallade (222 pages)

Encore un livre complètement loufoque qui fait penser à un Candide américain. Sur le modèle des contes de Voltaire, Nathanael West écrit une fable terriblement pessimiste sur une morale inversée où les bons honnêtes ne peuvent pas réussir sans la force du pouvoir et de l’argent. C’est désespéré et cynique, mais pourtant léger dans le sordide.

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La guerre est une ruse – Frédéric Paulin (269 pages)

Premier volet de la trilogie Benlazar, l’intrigue se situe dans le milieu des années 90, années de guerre civile effroyable en Algérie où la France n’a pas su voir les ramifications d’un conflit qui se déploierait bientôt sur son territoire. Un excellent moyen de se remettre dans un pan de l’histoire proche qu’on connaît trop mal avec des personnages complexes et attachants. L’auteur nous étreint d’angoisse, nous faisant effleurer du doigt ce que la population a enduré, terrorisée et impuissante, prise en tenailles entre la montée d’un intégrisme religieux et des militaires sanguinaires.

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La sexualité normande comme ma poche – Jean-Yves Cendrey (122 pages)

Deux frères, l’un bricoleur et l’autre jardinier se piquent du jour au lendemain de devenir des spécialistes de la sexualité. Clin d’œil à Bouvard et Pécuchet qui explorent tout sauf le sexe, l’auteur s’attache au travers de ses personnages à rendre hommage à Flaubert en complétant le chef d’œuvre du maître. C’est complètement barré, mais drôlatique.

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L’honorable collectionneur – Lize Spit traduit du néerlandais par Emmanuelle Tardif (134 pages)

Avec une jolie écriture, Lize Spit nous raconte cette histoire tristement inspirée de faits réels d’une amitié entre Jimmy, un petit garçon solitaire, grand collectionneur de flippos, vignettes qu’on trouve dans les paquets de chips et Tristan, réfugié Kosovar. Pour aider Tristan et sa famille à rester en Belgique, Jimmy est prêt à tout. Ça tombe bien, Tristan a un plan.

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Le grand amour de la pieuvre – Marie Berne (144 pages)

Jean Painlevé était un cinéaste et biologiste, le premier à avoir utilisé le cinéma comme moyen d’observation scientifique. Méprisé par ses pairs qui jugeaient ses techniques peu rigoureuses, il sera remarqué par André Breton et les surréalistes. L’histoire de ce cinéaste oublié est racontée du point de vue de l’animal, avec une écriture poétique et aquatique qui nous donne l’impression de lire au travers d’un aquarium. J’ignorais tout de ce scientifique, et la façon dont est relatée sa vie est une expérience pour le moins surréaliste et très originale.