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Trencadis – Caroline Deyns (376 pages)

La vie de Niki de Saint-Phalle racontée de façon très originale dans la structure même de l’objet livre. Encore une fois, les éditions Quidam se lancent dans un projet audacieux auquel j’ai totalement adhéré. Si la forme peut dérouter, on sent chez l’autrice une vraie admiration pour l’artiste et aussi une grande compassion pour le drame de son viol incestueux par son père. Un destin en tout cas hors normes dans lequel il est intéressant de se plonger.

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Vol de nuit – Antoine de Saint-Exupéry (178 pages)

Je me suis plongée dans ce classique de l’auteur du Petit Prince que je n’avais jamais lu. Un chef odieux mène ses équipes à la baguette, en pensant que c’est grâce à ça que le courrier arrive à l’heure et à bon port au point de centralisation avant d’être acheminé vers l’Europe. Il est vrai que ça manque de « bienveillance », de « mieux travailler ensemble », de « qualité de vie au travail ». Ici, pas de Happiness Manager, tout le monde est humilié de la même façon. Sauf que ce soir-là, on a beau tenter d’avoir des nouvelles de l’avion en provenance du Chili qui est dans l’œil d’une tempête sans précédent, le radio et le pilote finissent par ne plus donner signe de vie. Un roman sur les relations humaines, sur les forces et les faiblesses des uns et des autres. Parce que Rivière, le chef abominable, ne maîtrise pas tout, même pas les sentiments des pilotes qu’il croit manipuler.

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T – Ma vie en T-shirts – Haruki Murakami, traduit du japonais par Hélène Morita (200 pages)

Murakami est un écrivain connu pour ses romans tel Kafka sur le rivage. Je suis entrée dans l’univers Murakami par la petite porte et son amour des teeshirts dont il a une collection impressionnante. Dans cet ouvrage, il en sort quelques-uns de sa collection, pour la plupart acquis dans des friperies de Hawaï et nous en raconte l’histoire. Divertissant, en particulier pour ses fans.

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Monstres – Frédéric Richaud (181 pages)

Catherine Beauvais a été la lavandière du postérieur de la reine Anne d’Autriche. Intrigues au Louvres, mœurs et soins de l’époque, on plonge dans un univers malodorant et peu ragoutant mais instructif et prenant. Connue pour sa laideur (elle était borgne), elle a dû son salut à l’étude des plantes qui lui ont permis de soigner avec succès la famille royale. Un petit bouquin réjouissant et agréable, malgré son thème scatologique.

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Le loup peint – Jacques Saussey (432 pages)

Pauvre Vincent, vétérinaire du côté d’Auxerre ! Il a perdu son fils dans un accident de voiture où il était le conducteur et il vient de rater son intervention dans une ferme de la région. Sa femme ne lui ayant jamais pardonné la mort de leur fils, il se réfugie dans les bras de sa maîtresse. Malheureusement, son retour à la maison, tard dans la nuit, va lui faire perdre bien plus encore. Jacques Saussey sort pour cet opus de son duo Daniel / Lisa et il élabore une histoire assez complexe qui fonctionne plutôt bien. Détendez-vous avec un bon polar où ce qui semble angélique peut devenir votre pire cauchemar.

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Opium – Géza Csáth, traduit du hongrois par Eva Brabant Gero et Emmanuel Danjoy (234 pages)


Ce psychiatre et écrivain a été longtemps proscrit. Dépendant à la morphine, avec des tendances paranoïaques, il a tué sa femme et s’est suicidé peu après. C’est un bon résumé de ce que vous trouverez dans ses nouvelles morbides. C’est pas très livre de plage, les tortures sur les animaux et les gens.

Un tantinet too much pour moi.

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Seul l’océan pour me sauver – Samantha Hunt, traduit de l’anglais par Alex Ratcharge (178 pages)

 

Paf, une baffe. Une écriture poétique dont la couleur dominante est le bleu. Une écriture également élégiaque, où le temps s’étire jusqu’à l’horizon. Une histoire d’amour magnifique, à la fois crue et platonique. Jude est plus âgé, Jude rentre d’Irak où il a été traumatisé par la guerre. Et la mère de l’héroïne attend le retour de son mari en scrutant l’océan. Une pure merveille d’écriture.

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Théoda – S. Corinna Bille (252 pages)
Suisse, début du 20ème siècle, dans la montagne où la vie est rythmée par l’élevage et les saisons. Le poids de la religion se pose sur les épaules de tout le monde. Théoda, elle, se moque du qu’en dira-t-on. Elle est jeune, elle est belle, elle aime les belles choses, les foulards, qu’elle change régulièrement, sous le regard désapprobateur des villageois. Elle a épousé Barnabé, l’aîné d’une nombreuse fratrie et l’histoire est raconté par l’une de ses sœurs, une petite fille fascinée par cette femme. On pressent le drame, dès le début. L’écriture est à la fois exaltée et toute en retenue. La petite fille est partagée entre son admiration et sa répulsion. Ce livre est aussi une histoire d’amour, un amour destructeur et fatal. Le roman nous plonge dans une époque puritaine et surannée, avec une jolie écriture.

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Camaraderie – Matthieu Rémy (165 pages)

Je le dis et le répète, la nouvelle est un genre très exigeant, sous-coté en France. Il existe deux sortes de bons textes à nouvelles : Ceux qui privilégient le style et ceux qui privilégient l’histoire et donc, la chute. Cruciale, la chute. Bon, ici, rien de tout ça, le style, sans être mauvais, n’est pas exceptionnel, et les chutes, il n’y en a pas. Pour tout dire, j’ai mis trois « chapitres » à me rendre compte que c’était des nouvelles. Pour couronner le tout, je ne devais pas d’humeur, mais j’ai trouvé les histoires malsaines, à la fois condescendantes (le caïd du lycée qui ne fait pas de fautes d’orthographe, youpi, j’applaudis) et machistes (le gars qui coince une fille pour l’obliger à rester avec lui en lui tordant le poignet). Je suis une féministe raisonnable, compte tenu de mon grand âge, je suis rarement choquée par des propos phallocrates. J’arrive même à me gondoler grâce à des blagues franchement limites. Alors pour que je me sente limite mal à l’aise, c’est qu’il y avait une atmosphère un peu moisie. Ce n’est pas mon coup de cœur de l’année, pour résumer.