Le tabac Tresniek- Robert Seethaler (248 pages)

J’ai découvert Robert Seethaler cette année grâce à la sélection de livres du club de lecture de ma bibliothèque  »une vie entière' ». C’est grâce à cette sélection que ma copine Nadine, qui a adoré le livre, a sauvé celui-ci de la destruction. Jamais emprunté, il était neuf et destiné au rebut. Quelle erreur ! Comme dans une vie entière, on découvre le quotidien d’un jeune homme simple. Plébiscité en Allemagne, pourtant, ce livre est passé inaperçu en France. Son style, à la fois épuré et riche, tragique et plein d’un humour fin, nous entraîne dans cette Autriche juste avant son annexion par l’Allemagne hitlérienne avec Freud en vieux sage fumant des hoyos. À découvrir absolument !

D’après une histoire vraie- Delphine de Vigan (480 pages)

Je dois avouer que je n’aime pas tellement les livres de Delphine de Vigan. Il manque toujours ce petit quelque chose qui me ferait dire que c’est un excellent livre. Et ça m’ennuie pour plusieurs raisons : d’abord, je trouve qu’elle écrit très bien, son style fluide et rond nous emporte. Ensuite, elle a l’air sympathique et je n’aime pas critiquer les gens qui ont l’air sympa. Mais de No et moi aux heures souterraines et même rien ne s’oppose à la nuit, livre autobiographique, ne m’ont transportée. J’ai donc mis deux ans avant d’ entamer celui-ci . Compte tenu de la couverture, j’ai pensé que c’était une sorte de suite à son livre précédent. Je mettais mon manque d’intérêt à ses livres sur le compte de sa jeunesse. Est-ce la photo de sa mère, si belle, sur la couverture de rien ne s’oppose à la nuit, ou ses photomatons sur celui-ci ? Au bout de quelques pages, j’ai dû me rendre à l’évidence : ses enfants ayant sensiblement l’âge des miens, elle avait vraisemblablement à peu près mon âge. Je suis donc allée vérifier. Du coup, l’histoire du livre non abouti pour cause de jeunesse ne tenait pas.

Dès le début, on sait que l’histoire va être terrible. Dès le début, on a envie de protéger Delphine, on sait qu’elle est fragile, avec ce qu’elle a vécu dans son enfance, et plus encore depuis qu’elle a écrit sur sa mère. On a envie de lui dire que nous aussi on a flashé sur Ivan Lendl dans les années 80. Est-ce que toutes les ados pas très bien dans leur peau ont imaginé que ce type était accessible ? Moi qui jouais du piano à assez haut niveau et qui avais interdiction de toucher à une raquette de tennis, je suivais Roland Garros avec assiduité. On a envie d’être cette amie avec laquelle on aurait beaucoup d’affinités, mais en mieux, pas psychopathe. Du coup, à un moment, on se sent un peu L. Voyeur, intrusif on veut en savoir plus.

C’est vrai ou pas cette histoire ? Le roman se lit à plusieurs niveaux: le vrai le faux, la relation amicale, l’emprise mentale. Quand je suis allée me renseigner sur l’auteur sur internet, j’ai regardé ses photos. Il y a un passage dans le livre où elle explique que les photos sur internet, souvent retouchées ne lui ressemblent pas. On reste scotché du début à la fin, complètement absorbé par : c’est vrai ou c’est pas vrai ? Alors que tout le roman tourne autour de cette question. Doit-on écrire de la fiction ou des histoires vraies? Est-ce que le lecteur a besoin de cette vérité ? Bref, merci Cécile Mercier Adeline, de me l’avoir offert, en fait, il est génial ce bouquin, j’ai adoré.

Quatre racines blanches- Jacques Saussey (496 pages)

Daniel et Lisa me manquaient, j’ai replongé avec délices dans leur aventure suivante. Ce livre compte beaucoup pour moi car il m’a été dédicacé par l’auteur lors du festival bloody Fleury de l’année dernière. Oui, bon, OK, j’ai un peu de retard dans mes lectures. L’histoire se déroule cette fois au Canada, et en cette période de neige et de frimas, il était fort à propos de le lire précisément maintenant. Cette histoire est particulièrement riche et bien construite, autour des indiens, des réserves et de leur culture et de leurs traditions, mais aussi des autres communautés de délinquants qui sévissent dans Montréal. Bref, plus je lis Saussey, et plus j’aime.

La délicatesse du homard – Laure Manel (316 pages)

Qu’attendre d’un feel good book? que l’histoire démarre mal et qu’elle finisse bien. De ce point de vue, objectif atteint. Quand je regarde sur internet la catégorie du livre, ils disent « roman d’amour », donc peut-être que tout s’explique, tout est cousu de fil blanc, et nous sommes comme Noémie, la soeur de François, on sait bien, nous, qu’il va finir sa vie avec Elsa! Je ne dévoile rien, comme toujours, mais pour ma part, Les GROS secrets d’Elsa sont évidents aussi, donc bref, un livre qui ne demande aucun effort intellectuel et qui finit bien, c’est déjà pas mal.

Bloody Fleury 2018

De beaux échanges avec des auteurs accessibles et sympathiques, décidément un salon gratuit à côté de chez nous, je reviens contente de ma moisson : un polar accessible dès l’adolescence : ‘l’île aux panthères’ de Guillaume Le Cornec est son premier roman (prix du roman jeunesse 2017 au festival du polar de Cognac). Un breton plébiscité par les normands, ça doit être vraiment bien 😉 ; le premier roman de Jake Hinkson ‘l’enfer de church street’ prix mystère de la critique 2016, la star incontestable de ce festival, ‘les loups et l’agneau’ de Christophe dubourg, un auteur normand (en photo), merci pour l’échange très sympathique et ‘pire que le mal’ de Sylvain forge, un thriller sur les pesticides.