Le serment de Compostelle – Brigitte Piedfert (270 pages)

Brigite Piedfert - Le serment de Compostelle

Bon, désolée, je vais un peu vous raconter ma vie. Mon rêve, un jour, c’est de retourner à Compostelle. J’ai totalement idéalisée cette ville, à l’ambiance mystique, où, croyant ou non croyant, on est imprégné de l’atmosphère particulière qu’elle dégage. Je voudrais le faire à pied. Alors, forcément, un livre qui parle d’un pèlerinage de Bayeux (pas très loin de chez moi) à Saint Jacques, ça m’a attiré.

Et puis, Brigitte Piedfert est tellement sympathique, on sent le soin extrême qu’elle apporte à son travail, vérifié par historien pour être sûre qu’elle ne fait aucune faute historique, c’est touchant. C’est peut-être ça le problème de ce roman. Trop écrit, un peu surfait, les parties historiques ou légendaires ne sont pas très bien amenées. Le style est trop travaillé, ça manque un peu de légèreté. Dommage.

La tresse- Lætitia Colombani (238 pages)

Laetitia Colombani - La tresse

Le problème quand on vient de lire un chef d’œuvre somme toute féministe comme « dans la forêt », le suivant paraît forcément un peu insipide… Comme m’a dit Inès Punch qui me l’a conseillé, c’est bien, mais ce n’est pas un chef d’œuvre. C’est un bon résumé. Assez rapidement prévisible, mais plutôt sympathique. Les trois femmes que l’on suit sont chacune fortes et rebelles dans leur genre et dans leur pays. Et puis ça se lit tellement vite que ça ne valait pas le coup de passer à côté.

Dans la forêt Jean Hegland (301 pages)

Jean Hegland - Dans la forêt

Et si la fin du monde et de l’humanité se passait dans une relative douceur ? Comment survivre sans ravitaillement dans les grandes surfaces, plus d’essence, d’électricité, de vivres, de téléphone, de gouvernement de médecins de médicaments ? Cette fois, il n’y a pas de bombes ou de martiens, juste plus d’argent dans les caisses et une déliquescence progressive de tout ce qui nous paraît naturel aujourd’hui, comme allumer la lumière le soir ou se faire un café le matin. Et Nell pour nous raconter ses attentes et ses espoirs, son envie de vivre sa vie d’adolescente, ses ambitions d’entrer à Harvard, tandis que sa sœur, danseuse particulièrement douée veut entrer au ballet de San Francisco. La question finale est : qu’est-ce qui compte vraiment ? Quelle est la substantifique moelle de nos besoins ?

Jean Hegland nous fait revenir aux sources et nous interroge. C’est poétique et fataliste, cruel et plein d’amour. C’est aussi mesquin et sauvage que l’homme, qui, c’est bien connu, devient vite un loup pour l’homme. C’est désespéré et plein d’espoir car tant qu’il reste une étincelle de vie, on s’accroche, surtout quand on n’a même pas 20 ans. Ce livre magnifique fait partie de la sélection j’ai lu, j’élis. Il date de 1996, et cette fin du monde semble très réelle et encore plus proche qu’il y a 20 ans. Tout le monde sait qu’il y a urgence, et Jean Hegland nous met en garde. On devrait l’écouter. 

Le dernier arrivé – Marco Balzano (240 pages)

Jusqu’à 1962, une émigration massive d’enfants de moins de 13 ans d’Italie du Sud et de Sicile s’est déroulée vers l’Italie industrielle du nord, notamment Turin, Milan et Gênes. Marco Balzano a réalisé une quinzaine d’interviews, sans notes et sans enregistrement pour mieux s’imprégner des histoires qui lui étaient racontées et en a modelé un roman d’une tendresse et d’une poésie incomparables.

Ninetto, est sur le point de sortir de prison, après avoir passé dix ans derrière les barreaux. Il a débarqué à Milan à neuf ans pour gagner sa vie. Il repense à son parcours, à son ancien instituteur qui lui a fait aimer la poésie et lui a donné envie d’être poète. Le boulot, l’amour, sa fille qui ne veut plus le voir, la difficulté des repris de justice, des anciens pour trouver du travail (à 9 ans, il a trouvé du travail en une demi-journée, à 57, on lui demande un CV et il ne sait même pas ce que c’est), la condition d’immigré en général, qui est celle du dernier arrivé, qu’on soit « Napolo » ou Chinois. Un très beau livre du prix « J’ai lu, j’élis ».

Juste avant l’oubli-Alice Zeniter (288 pages)

Galwin Donnell, l’auteur de polars, vous ne connaissez pas ? Vous saurez tout de lui dans ce roman magnifiquement écrit. Le style est travaillé, l’histoire un peu déjantée comme je les aime. Sur une île écossaise, des conférences autour de l’auteur sont organisées. Un infirmier qui déteste son prénom tente de sauver son couple et son amour. Il se lie d’amitié avec le gardien de l’île, un ours mal léché et alcoolique. Un petit bijou.

Sortez-moi de là ! Sonia Dagotor (320 pages)

Sonia Dagotor réussit à nous entraîner dans son histoire d’Auvergnate, vierge tardive, qui découvre Paris. Madeleine nous souffle une petite brise rafraîchissante avec son œil neuf et naïf sur à peu près tout. Ces derniers temps, pourtant, les feel good books n’ont pas mes suffrages. Les histoires mièvres où on connaît la fin avant d’avoir fini le premier chapitre m’ennuient, voire m’irritent un tantinet, avec leur style en plus un peu facile, quelques fois mauvais.

Là, force est d’avouer qu’on sort des sentiers battus avec cette fille pas si jeune et pas du tout branchée qui débarque de sa campagne. On y lit quelques passages franchement drôles et on ferme le livre avec le sourire. L’énergie que dégage l’auteur se retrouve dans son écriture. Un bon moment !

Les tables de Sargon- Marc S. Masse (319 pages)

Marc S. Masse nous livre un thriller rondement ficelé avec comme point de départ le pillage du musée de Bagdad en 2003. 15000 pièces y avaient été dérobées. Seules 6000 ont été retrouvées. Dans le berceau de l’humanité, des pièces d’une valeur historique inestimable ont disparu. L’auteur imagine des tablettes en pierre, datant de l’époque de Sargon d’Akkad, soit près de 4500 ans avant notre ère. Un consultant est missionné par un étrange milliardaire et mécène pour les retrouver. À qui pourra-t-il se fier pour mener sa mission à bien ? Et qui a donc intérêt à ce point à le faire échouer ?