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Pour une heure oubliée – Frédéric Perrot (290 pages)

Entre passé, présent et futur, les chapitres s’alternent sur une histoire tragique : une femme est morte, assassinée. Et le coupable était tout trouvé. Pendant 19 ans, Emile ressasse cet acte qu’il a complètement oublié sous l’emprise d’alcool et de drogue. Sa vie a repris son cours, mais cette abomination le suit bien après la peine de prison qu’il a purgée. Pendant longtemps il a clamé son innocence, et puis, il a fini par accepter, pour accepter aussi le fait qu’il a été incarcéré. Mais une seule taffe, comme pour les vrais fumeurs, peut faire replonger.

Plus qu’un polar, ce livre qui se lit d’une traite est une réflexion profonde sur qui on est vraiment, quels sont les actes dont on est capable, comment vivre avec ça, et comment continuer à vivre après avoir commis l’innommable. Excellent.

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Chair et âme -Blanche Martire (185 pages)

On le sait, on nous le rabâche, notre société est de plus en plus sexualisée. On peinturlure des gosses de 5 ans qu’on affuble de strings et de talons hauts pour les faire défiler pour les concours de mini-miss (merci à la présence d’esprit de la ministre qui a fait interdire ces concours), on vend tout et n’importe quoi avec des pubs de plus en plus suggestives, l’accès à la pornographie n’a jamais été aussi facile.

Bon, et l’art ? et la liberté d’expression ? L’autrice attire notre attention sur le fait que ces dérives poussent des jeunes filles à perdre tous leurs repères et à ne plus se respecter du tout. La pornographie n’est PAS le reflet d’une vie sexuelle normale et épanouie. J’ai bien aimé aussi le passage où elle évoque les cours de SVT où l’on parle sexualité. En réalité, des cours totalement déshumanisés où on n’évoque ni l’amour ni le désir qui devraient pourtant être le départ de toute relation, normalement.

On ne peut pas prétendre défendre les femmes, être féministe et laisser en réalité l’hypocrisie prendre le dessus. Ce roman inspiré de la vie de l’autrice, et émaillé d’exemples qui font frémir, est terrifiant, instructif et je l’espère, salutaire pour tous les parents et les ados, car nous sommes tous concernés. 

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Les mains propres – Jean-Louis Bailly (115 pages)

Un héros entomologiste, je n’en ai croisé qu’un avant « Les mains propres », et c’était dans « Le premier siècle après Béatrice », d’Amin Maalouf, mon livre préféré, alors autant vous dire que celui-ci avait intérêt à être à la hauteur.

Librement inspiré de l’histoire vraie de Jean-Henri Fabre, le roman retrace l’histoire de ce naturaliste du 19ème siècle, autodidacte, grand observateur des insectes, provençal d’extraction modeste reconnu par les plus grands (Darwin se fendra d’une missive à son égard, excusez du peu !) on découvre un homme incroyable, amoureux des insectes, des femmes, de la vie.

Ecrit dans le style qui rappelle l’époque, ce court roman est à découvrir. Merci à l’arbre vengeur pour leur confiance sur cette belle découverte.

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L’homme qui aimait les îles – David Herbert Lawrence, traduit de l’anglais par Catherine Delavallade (75 pages)

Vous avez forcément entendu parler de DH Lawrence qui publia un ouvrage au parfum de scandale au début du siècle dernier “l’amant de lady Chatterley”. Cette œuvre a injustement éclipsé le reste de ses écrits. L’arbre vengeur s’est spécialisé entre autres dans la publication de textes oubliés et “l’homme qui aimait les îles” entre tout à fait dans cette ligne.

Ce petit texte caractérisé par une économie de mots, où chacun est juste et a sa place, au charme légèrement suranné est l’histoire d’un homme qui veut posséder une île et y vivre pour être dans une sorte de cocon. Sa quête est autant une quête d’introspection. En trois étapes, et trois îles de plus en plus austères ; cet homme se détache peu à peu des contingences matérielles et des hommes pour se tourner au fur et à mesure vers une vie d’ermite et s’enfermer dans sa folie. Merci à l’arbre vengeur pour leur confiance.

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Skeleton coast – Laurent Whale (475 pages)

Après l’excellent « Vesper » de Vincent Crouzet, je suis retournée faire un tour en Afrique australe pour y suivre ce thriller haletant sur fond de scandale politique et écologique.

Richard est accablé par la vie. Après avoir perdu sa femme dans un accident de voiture et son fils militant, tué accidentellement par une grenade anti-émeute en pleine tête, sa fille, médecin pour une ONG a disparu. Rapidement, Richard a compris que ses recherches dérangeaient et il doit se cacher pour continuer son enquête. Mais Angéline est tout ce qu’il lui reste et rien ne le fera abandonner.

Le livre suit tous les codes du genre avec maestria et vous serez trimballés de la Namibie à l’Angola en passant par la RDC. De situations inextricables en barrages sur la route, dans la forêt où les pluies diluviennes sont tour à tour des obstacles ou des aides inopinées et précieuses, vous tremblerez pour le héros et ses compagnons de fortune.