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Du miel sous les galettes – Roukiata Ouedraogo (268 pages)

Vous connaissez peut-être Roukiata Ouedraogo au travers de ses chroniques sur France Inter ou de son one woman show ? Elle nous livre dans ce premier roman une description de son Burkina Faso natal plein de fraîcheur et d’amour de la vie. Si vous lisez le livre en ayant sa voix et son joli accent chantant dans la tête, franchement, c’est un plus. Elle nous raconte les traditions, la culture et sa mère, cette femme forte qui a élevé sept enfants pendant plusieurs années toute seule, suite à une aberration du système judiciaire. Elle fait des parallèles amusants entre la culture française et la culture burkinabé, pleins d’humour, de dérision et de tendresse. un moment dépaysant, gai et touchant, à son image.

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Une ombre qui marche – Tiphaine Le Gall (205 pages)

Ce livre de la rentrée littéraire est présenté comme un essai sur l’œuvre d’un auteur décédé qui aurait transformé le monde et la vision du monde en produisant une œuvre totalement vide, avec 283 pages blanches.

D’ailleurs, le sous-titre du roman est « essai sur les fondements et les enjeux de l’Oeuvre absente de Timothy Grall, par Maxime Desvaux, maître de conférence émérite en littérature française et comparée à l’université Sorbonne, Paris 4. C’est à la fois, bien sûr, loufoque, mais aussi sérieux, en présentant les travers de notre monde actuel. Elle y fait référence à des textes de Montaigne méconnus, mais aussi Kundera, Baudelaire, Flaubert.

L’autrice dont vous aurez noté la similitude de consonance avec l’auteur supposé invente également tout un tas de références. Un livre vraiment original, pas très facile, car il y a beaucoup de références philosophiques, mais il y a des trouvailles vraiment drôles et savoureuses !

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Debout-Payé – Gauz (204 pages)

Après cette incroyable rencontre VLEEL (varions les éditions en live, rencontres avec des éditeurs et des auteurs) avec les éditions le nouvel Attila et Gauz, j’ai immédiatement couru chez mon libraire pour me procurer la prose de cet érudit si humble. 

Gauz est un homme au discours fabuleusement simple et à la plume acérée. Sous l’apparente simplicité de son écriture, il avoue lui-même avoir énormément travaillé. Rien n’est acquis dit-il. Le talent n’existe pas, seul le travail compte. Il retrace dans ce roman l’histoire de plusieurs générations d’immigrés Ivoiriens en France, et l’évolution de la politique qui a façonné l’image populaire qui en a découlé. Ce récit est émaillé de réflexions sur la condition de vigile. Théorèmes, corollaires, sophismes, on est fasciné par le métier de ces hommes transparents, invisibles. On rit beaucoup aussi, des petits ou des gros travers des clients, mais parfois, on est soufflé par la poésie ou la tendresse qui se dégage de ce texte.

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Honoré et moi – Titiou Lecoq (295 pages)

J’ai adoré Honoré de Balzac, jeune. Je ne l’ai jamais trouvé ennuyeux, ou trop descriptif. Mais je n’aurais jamais imaginé que cet écrivain génial et prolifique était un dépensier compulsif, fou de fringues et de décoration d’intérieur. Pas étonnant que les femmes se sentaient tellement en phase avec un homme qui avait les mêmes hobbies et qui les comprenait si bien. Titiou Lecoq a épluché la correspondance et la comptabilité (plutôt fantaisiste) de l’écrivain pour nous en dresser un  portrait extrêmement moderne. Elle parvient à cette conclusion fondamentale et lucide : les auteurs sont des gens comme les autres. Même géniaux, même prolifiques, ils sont confrontés à des réalités bassement matérielles, et peuvent en arriver à être des menteurs invétérés pour éviter leurs créanciers. Ce livre est un enchantement, offre un visage et une facette méconnus de Balzac, et donne envie de se replonger dans littérature dans laquelle il s’est finalement inventé sa vie de rêve.