Vagabonde – Hervé Jubert (507 pages)

A l’instar de Guillaume le Cornec et ses Jaxon, qui revisitent le concept des héros de notre enfance, le Club des Cinq, Hervé Jubert, lui, s’attaque plutôt au mythe de Fantômette, avec Vagabonde, une petite ado haute en couleurs qui part à la recherche de son père qui a disparu. La différence, de taille, je vous l’accorde, c’est que Vagabonde, est la fille d’un voleur, et qu’elle rêve de suivre les traces de son père. Avec cette disparition plus qu’inquiétante, elle se jette de fait dans le grand bain… et dans la gueule du loup, bien sûr.

Très moderne, très drôle, on est tout de suite absorbé par l’histoire de cette famille atypique et les quêtes haletantes qu’ils poursuivent. C’est frais, c’est léger, malgré les personnages inquiétants et le fond de l’histoire, bien triste. Pour autant, un vrai vent de légèreté souffle tout au long de ce roman.

Hervé Jubert nous entraîne dans le road trip que suit la jeune fille et son petit frère, ses amis, un drôle d’étudiant, un grand-père fantasque, un parrain qui ne l’est pas moins, une chatte siamoise sournoise et un combi Vévé qui leur permet de parcourir l’Europe de long en large et en travers.

Amusez-vous beaucoup et passez-le à vos gamins ensuite, ils vont adorer. Rafraîchissant !

Et que celui qui a soif vienne, Un roman de Pirates – Sylvain Pattieu (470 pages).

Sylvain Pattieu - et que celui qui a soif vienne, un roman de pirates

Un roman de pirates? Vraiment? A priori pas trop ma tasse de thé, mais bon, il fait partie de la sélection, on se lance dans ce livre d’aventures, d’amour de philosophie et de réflexion sur la lutte des classes.

Un bateau, des esclaves nègres, un guerrier géant, une belle esclave que le capitaine s’approprie, une vieille sorcière, un pauvre gosse, devenu mousse, violé par les marins, un bosco qui fait tourner la boutique… Puis un autre bateau, d’autres personnages hauts en couleurs, un vitrier et un charpentier ennemis, un prêtre qui a des discours plus philosophiques que religieux, une femme qui fait tourner les têtes, un noblieau idiot. Un autre bateau encore, une femme déguisée en homme, son frère, illuminé. Des pirates qui attaquent tous ces bateaux…

Une foison de personnages (je ne les cite pas tous) qui ont chacun une importance, des allusions actuelles, des anachronismes voulus, une touche d’humour… On a l’impression de faire partie de la famille. Un hommage à la mère de l’auteur aussi, la description pudique et touchante de sa fin de vie, chacun ayant perdu un parent d’un cancer se retrouvera dans ses mots: c’est magnifique, c’est merveilleux. Tout est beau, tout est juste. C’est violent comme la vie au XVIIème ou XVIIIème siècle, ça pue la sueur et la merde de ceux qui vont mourir, on vit sur les bateaux, on a chaud, on a peur, on est exaltés.