Cross – Marc Masse (263 pages)

Courez! Vous êtes pourchassé! Marc Masse nous entraîne dans une folle aventure où un ancien flic reconverti en détective privé part faire une course extrême à l’autre bout du monde pour trouver le chauffard qui a causé la mort du fils de son mystérieux client.

Ne lisez pas la quatrième de couv’ qui pourrit une partie du suspense et plongez-vous dans l’univers de ses malades qui se subliment à coup d’ampoules aux pieds, de crampes et de problèmes intestinaux. L’intrigue est très bien ficelée et j’ai retrouvé avec plaisir le style de Marc découvert dans « Les Tables de Sargon« . Haletant.

Ombilical – Alexandra Desnier (174 pages)

Chose promise, chose due, j’ai acheté les deux livres d’Alexandra Desnier – Auteure et voici mon ressenti sur le premier. C’est bien écrit, l’histoire est assez originale. Tamara est profiler renommée lorsque plusieurs cadavres de femmes sont découverts avec une boîte à musique dans les mains. Son passé va rapidement venir s’immiscer dans l’enquête. C’est assez effroyable et glauque, très très noir. Mais c’est l’effet voulu. En plus c’est tout petit, ça se lit très vite. Seul bémol, on sait très vite qui est le tueur et le suspense ne dure pas assez longtemps. Pour un premier livre noir, c’est plutôt prometteur. Je vous dirai bientôt ce que donne le deuxième.

Tr@que sur le Web – Didier Fossey (353 pages).

Didier Fossey - Tr@que sur le web

Et un polar pour bien démarrer l’année un! Didier Fossey nous présente ici la première enquête du commandant Le Guenn sur une histoire sordide de meurtres de femmes via un site de chat sur internet. L’accroche précise bien qu’il faut se méfier de ses amis virtuels. Les meurtres sont de plus en plus violents et l’étau se resserre autour du flic qui semble au-dessus de tout soupçon. Le Guenn et son équipe parviendront-ils à arrêter cette épopée macabre ? Glaçant

Surtensions – Olivier Norek (500 pages)

Un passage par hasard à la bibliothèque du village et le seul Norek pas encore lu disponible, j’ai foncé, bien sûr.
On retrouve l’équipe au complet, Victor, Johanna, Ronan, Sam et Léa sur une affaire d’enlèvement. Mais le livre démarre sur un entretien de Victor par la psy affectée à la SDPJ du 93, où notre Victor est fort affaibli, désabusé, anéanti, en surtension; on comprend qu’il souhaite arrêter son activité car il a tué deux personnes. Un cas de légitime défense, et un membre de son équipe. En fait, un membre de son équipe est mort et il se sent personnellement responsable.

Donc on galope dans le livre qui se lit en moins de deux car à chaque page, on s’attend au pire que l’on sait déjà. Mais qui ???? L’attente est insoutenable, et on n’a pas envie qu’un seul des membres de cette équipe formidable ne meure. Alors on pleure à la fin, forcément. En dire plus serait dévoiler l’intrigue, donc je ne dis rien de plus. Olivier Norek a pris son rythme de croisière dans l’écriture de ses polars, et ça se boit comme du petit lait.

Guérilla Social Club – Marc Fernandez (279 pages)

Marc Fernandez - Guérilla social club

Avant dernier roman de la sélection du prix des lecteurs du festival Bloody Fleury, il est aussi le deuxième opus de Marc Fernandez, après Mala Vida. On y retrouve donc notre équipe hétéroclite de choc composée d’un journaliste, d’un juge déchu, d’une détective transsexuelle et d’une avocate exilée.

Après l’enquête sur les bébés volés sous Franco, Marc Fernandez nous parle cette fois des dictatures d’Amérique latine, et de l’opération condor qui a traqué les dissidents partout dans le monde. Sous prétexte d’enquête, Marc Fernandez nous dévoile encore une fois un pan d’histoire oublié et relativement méconnu pour nous, en France, nés après 1970.

Dans cette période relativement agitée en France, où certains oublient que les députés et le président de la République sont des gens élus démocratiquement et qu’il est finalement relativement aisé de semer le trouble, rappeler que des guerres civiles, suivies de dictatures ultra répressives, justifiées par des généraux qui se sont emparé du pouvoir par la force, me paraît tout à fait d’actualité. Dans le contexte actuel politique mondial général, il imagine qu’un rien pourrait à nouveau mettre le feu aux poudres. C’est flippant.

Oublier nos promesses – Elsa Roch (352 pages)

Et de quatre! Roman de la sélection du prix des lecteurs de Bloody Fleury, ce roman très mélancolique et très noir nous entraîne dans les traumatismes des militaires qui rentrent de mission et dans les bas fonds de la mafia albanaise.

Emma a été sauvagement assassinée et l’équipe d’Amaury Marsac, se lance à la poursuite de son petit ami, militaire qui leur file entre les doigts. Pourquoi a-t-il fui? Qu’a-t-il à cacher? Globalement, il n’y a pas de grosses surprises dans ce roman, car on sait bien, nous, lecteurs, que ce n’est pas Pieaud l’assassin.

Mais ce qui est intéressant dans ce roman, ce sont les personnages. Tous travaillés, tous profonds, dans le sens qu’on s’approprie chaque personnalité. Ils ont tous des failles, plus ou moins tues, et bien présentées par l’auteur. Elsa Roch n’y va pas avec le dos de la cuillère pour son histoire ultra sordide, mais elle est très fine sur la description des personnages, tous sans exception.

Cyanure – Laurent Loison (400 pages)

Je ne risque pas de vous dévoiler la fin du livre par inadvertance, il n’y en a pas! Non non vous avez bien lu, il n’y a pas de fin à cet ouvrage. Vous devez choisir une option puis vous rendre sur internet et taper le code trouvé sur le livre qui n’est valable qu’une fois, pour que vous ne soyez pas tentés d’aller lire les trois autres versions.

Le problème, c’est que Laurent Loison n’a oublié qu’un seul minuscule détail : si les gens empruntent ce livre dans une bibliothèque, seul le premier emprunteur aura accès à un des quatre dénouements prévus. Pire, si, comme moi, ils l’ont acheté sur un support numérique, il n’y a pas de code du tout, j’ai retourné ma Kindle dans tous les sens, j’en ai soulevé la protection, je suis retournée au début à la fin pour y dégoter ce qui m’est dû, mais rien… Grrr… De toutes façons, vous me trouverez peut-être vieux jeu, vous vous direz peut-être que je ne suis pas à la page, mais je n’aime pas le concept. Je lis un auteur pour qu’il me fournisse une histoire de A à Z. Je ne lis pour faire un choix supplémentaire : pour la mort du président, tapez 1… c’est bon, on nous demande ça à longueur de journée, là je veux qu’on m’emmène, qu’on me guide, qu’on me tienne la main d’un bout à l’autre.

Par ailleurs, la construction très classique du roman, le flic avec de la bouteille ingérable par sa hiérarchie mais qui obtient des résultats grâce à son flair incroyable, maqué à la jeune fliquette super jolie me rappelle le duo de Jacques Chaussey, Daniel et Lisa, qui me donne la fin des histoires, lui. Bon, je suis frustrée, alors forcément, ça impacte d’autant plus mon jugement, forcément.

Mala Vida – Marc Fernandez (277 pages)

Avant de lire guérilla social club du même auteur qui fait partie de la sélection du prix du public Bloody Fleury, je voulais absolument lire son premier, que j’avais offert à une amie en le choisissant un peu par hasard (le titre, chanson de Mano Negra que j’adore, l’Espagne, d’où est originaire mon amie…) Du coup, je le lui ai emprunté :).

Aux élections nationales, Marc Fernandez fait basculer l’Espagne vers un parti d’extrême-droite. (En réalité, l’Espagne reste aujourd’hui plutôt toujours traumatisée par quarante années de Franquisme, même si Vox émerge doucement.). Le soir même, une des têtes du parti est assassinée d’une balle dans la nuque, et six mois après, l’enquête piétine toujours. Une dictature se met peu à peu en place, avec notamment sa main-mise sur la justice et sur les médias.

David, le juge et Diego, le journaliste gardent quand même leurs postes malgré leur ligne de conduite qui fait primer la justice et l’investigation sur tout le reste. Une avocate va enflammer le débat en dévoilant le scandale des bébés volés pendant la dictature de Franco. (En réalité, même si ce n’est pas Isabel qui a mis à jour cette terrible affaire d’Etat, il semblerait que ça se soit vraiment passé comme ça.

A l’instar de la dictature en Argentine, des enfants ont été retirés à leur mère à la naissance pour des raisons idéologiques, à partir au moins de 1969 et cela a perduré au-delà de la mort del Caudillo). Les personnages, attachants, l’histoire, terrible, et le style, très fluide font de ce premier roman un très bon premier roman. j’ai hâte de démarrer le deuxième.

Plus jamais seul Caryl Férey (319 pages)

Caryl Férey - Plus jamais seul

Deuxième roman de la sélection du prix des lecteurs du festival Bloody Fleury. Humour noir, baston et orbite purulente. Ancien flic, Mac Cash a un seul œil et aucun prénom. Moi qui croyais que pour entrer dans la police française il fallait 10/10 aux deux yeux alors avec carrément un en moins !!! Je dois me tromper à ce sujet. Ce détail mis à part, on a quand même envie de le suivre dans cette très sale histoire.

Il récupère sa fille dont il vient d’apprendre l’existence et se lance dans une enquête non officielle et borderline sur la mort de son seul ami, pourtant perdu de vue depuis quinze ans. C’est mon côté maman, je ne veux pas que la gamine soit orpheline à la fin, et puis entre agacement et attachement, on sent son grand cœur affleurer, et ses émotions à fleur de peau. Il aime une poignée de personnes pour qui il donnerait sa vie…et peut-être plus qu’une poignée, finalement. Par ailleurs on apprend pas mal de choses choses sur le trafic maritime dans ce roman au style fluide et à l’histoire originale. Un bon petit polar