Cirque mort- Gilles Sebhan (148 pages)

Gilles Sebhan - Cirque Mort

En plus de la sélection Cezam, je me mets à la lecture des 6 polars en course pour le prix des lecteurs du festival Bloody Fleury. Je remercie au passage Perrine Savary, ainsi que la librairie Eurêka Street pour l’organisation de ce concours.
Cirque mort est un tout petit livre qui laisse sa marque. 3 enfants ont disparu dans le même village après que tous les animaux d’un cirque ont été massacrés à coup de hache. Le dernier disparu, c’est Theo, le fils d’un policier qui a reçu une lettre anonyme qui l’amène dans un hôpital psychiatrique un peu particulier. Déchargé de l’enquête il va mener la sienne, parallèle et borderline. La chute, à la dernière phrase est glaçante. Un coup de hache supplémentaire totalement imprévisible. Original et bref on court contre la montre avec Dapper, le héros ordinaire, le père torturé, le flic normal. On fonce.

Les tables de Sargon- Marc S. Masse (319 pages)

Marc S. Masse nous livre un thriller rondement ficelé avec comme point de départ le pillage du musée de Bagdad en 2003. 15000 pièces y avaient été dérobées. Seules 6000 ont été retrouvées. Dans le berceau de l’humanité, des pièces d’une valeur historique inestimable ont disparu. L’auteur imagine des tablettes en pierre, datant de l’époque de Sargon d’Akkad, soit près de 4500 ans avant notre ère. Un consultant est missionné par un étrange milliardaire et mécène pour les retrouver. À qui pourra-t-il se fier pour mener sa mission à bien ? Et qui a donc intérêt à ce point à le faire échouer ?

Seules les bêtes – Colin Niel (212 pages)

Le polar du prix j’ai lu, j’élis. Evelyne a disparu un soir de tourmente. Dans ce village de montagne où tout se sait et où tout le monde se connaît, les agriculteurs peinent à vivre. Entre dettes et solitude, on devient vite fou. 5 personnes se succèdent pour raconter ce qu’ils savent de cette histoire.

Tout se complique lorsque le mari de l’assistante sociale disparaît à son tour. La fin est glaçante. Ce livre est l’histoire de la misère affective dans laquelle beaucoup de personnes vivent de nos jours. Et quand on est éleveur au fin fond d’une montagne, seules les bêtes savent réconforter. On met un moment avant de comprendre la couverture, qui semble fort éloignée de la montagne. 
Brillant.

La trace du silure- Sylvain Forge (307 pages)

Décidément, cette année, je fais sans le polar nantais. Je vais finir par connaître la ville par cœur sans y être allée 😊. Sylvain forge, que je rencontre pour la deuxième fois et dont j’ai lu récemment « pire que le mal », nous livre un polar encore une fois très bien écrit.

Isabelle quitte le 36, pour revenir à Nantes et s’occuper de sa mère malade. À peine arrivée à son nouveau poste, un cadavre étrange est découvert sur une île. Une affaire classée va être déterrée suite à cette découverte.

Entre deux mondes-Olivier Norek Officiel (405 pages)

Olivier Norek abandonné provisoirement Victor Coste pour un thriller magnifique sur la jungle de Calais. Comment l’état français a laissé les associations gérer une situation inhumaine, comment notre terre d’accueil s’est transformée en politique de l’autruche. Comment on en est arrivé à tout détruire comme si cela n’avait jamais existé et comment on a réparti cette misère sur notre territoire. Comment les populations locales souffrent aussi de cette situation absurde.

La France a toujours eu des vagues migratoires, rappelez vous vos cours d’histoire de primaire, les wisigoths, les vikings, les francs, les burgondes, tous ces sauvages qui n’ont demandé l’avis de personne pour s’installer. Bien plus tard, les italiens, les polonais, les arméniens, les espagnols, les algériens, tunisiens et marocains, les vietnamiens, les cambodgiens…

Comme une chanson des Beruriers Noirs, salut à toi… Tous ces gens qui se sont installés en France qui ont essayé de s’intégrer et de trouver un boulot. Les dernières vagues ne font pas exception à la règle : des gens normaux fuient un pays partagé entre deux camps sanguinaires qui utilisent leurs populations comme bouclier humain. 

Qui n’aurait pas envie de fuir, de trouver un endroit en paix pour sa famille, ses enfants ? En faisant comme s’ils n’existaient pas, les gouvernements successifs ont pensé que le problème disparaîtrait tout seul. Qu’ils ne venaient pas pour s’installer mais pour passer en Angleterre. La lutte pour retenir des gens dont on ne veut pas et qui ne veulent pas rester est devenu un combat absurde où aucun protagoniste ne trouve son compte. 
Toujours très bien écrit, on retient ses larmes et son écœurement. Un uppercut en plein estomac.

L’arménien – Carl Pineau (311 pages)

Je redémarre mon année de lecture avec un autre Nantais, après Guillaume Le Cornec et son île aux panthères qui se déroule dans la même ville. Cette nuit nantaise, sous-titre de la série qui démarre, est un polar addictif qu’on ne lâche pas avant d’avoir lu la dernière ligne.

Son style, particulièrement fluide et agréable et sa construction tout à fait originale, ainsi que ses personnages, touchants ou pathétiques, voire pour certains effrayants et patibulaires nous entraînent dans le monde des nuits nantaises, sur fond de trafic de drogue. Luc, jeune homme d’origine arménienne arrivé en France dans des circonstances dramatiques est retrouvé assassiné. Son plus vieil ami et sa psy se partagent les chapitres en évoquant tour à tour leurs souvenirs. Vraiment excellent ! Vivement la prochaine nuit nantaise et son sicilien ! 😊

L’île aux panthères – Guillaume Le Cornec (355 pages)

Les héros de notre enfance, les membres du Club des cinq ayant bien trop et fort mal vieilli, Guillaume Le Cornec nous propose une alternative modernisée d’un groupe d’ados menant une enquête. Ces cinq-là ont tous une spécialité et une particularité. Ils sont tous surdoués et sur entraînés. On replonge avec délices dans notre adolescence mais dans une version 2.0 sur fond de mafia chinoise et serbe. Avec des portables pour communiquer. Et internet pour faire des recherches. Vos ados vont adorer. Mais en tant qu’adulte, on y prend beaucoup de plaisir aussi. L’enquête nous tient et les personnages, improbables sont attachants. C’était mon dernier livre dégoté lors du festival Bloody Fleury. Le tome 2 vient de paraître. On souhaite à Guillaume une longue série !

Pire que le mal- Sylvain Forge (315 pages)

Sylvain Forge – Auteur 

Wouah! En pleine période de polémique sur l’approvisionnement en huile de palme pour l’usine Total, ce thriller prend une dimension supplémentaire. Décidément, mon festival du polar m’aura une nouvelle fois apporté son lot de bonnes surprises. Ne vous méprenez pas, Sylvain Forge est déjà hyper connu et primé, je ne suis pas celle qui découvre les talents. Sur la couverture:un talent à découvrir de toute urgence ! J’approuve. C’est vraiment bien écrit et l’intrigue super bien ficelée. On navigue en eaux troubles entre écolos activistes et multinationales prêtes à tout. Après ça, vous serez plus attentifs aux nouvelles de type: blocage au port de Boulogne sur mer contre la pêche électrique. Y’a des types qui détruisent notre planète, il serait temps qu’on arrête vraiment les dégâts.

Maman a tort – Michel Bussi (542 pages)

Je profite de la sortie de la série télévisée pour parler de ma dernière lecture. Désolée pour les détracteurs de Michel Bussi, mais celui-ci est dans la bonne veine. Mais oui, on sait que Malone a sûrement raison, que sa maman n’est pas sa maman, mais pourquoi? Bien sûr, on se doute que les deux affaires, celle du braquage des boutiques de Deauville et celle de Malone sont liées, mais comment? On est tenus en haleine de la première à la dernière page dans ce roman et on engloutit les 540 pages en un rien de temps; pour moi, le meilleur avec Nymphéas noirs et un avion sans elle

T’en souviens-tu mon Anaïs-Michel Bussi (299 pages)

Bussi nous écrit 4 nouvelles, dont la première, la plus longue, donne le titre. Toutes sont menées comme des enquêtes policières, même si seule la dernière en est vraiment une. Quel est donc ce secret qu’Anaïs Aubert, actrice oubliable et oubliée du 19ème siècle emmenait avec elle en quittant Paris à bride abattue pour s’installer sur la côte d’Albâtre ? Cette première nouvelle est la meilleure de l’ouvrage, les autres sont de gentilles historiettes pour meubler. En parlant de meuble, que cache cette armoire normande dont le propriétaire, bizarre, ne veut pas qu’on touche ? Et où est sa femme qui semble avoir disparu ? D’où vient cette odeur terrible qui s’installe au cours du séjour ? C’est sympathique mais ce n’est pas son meilleur.