Ce qui se dit la nuit – Elsa roch (284 pages)

J’ai lu Elsa Roch dans le désordre, puisque j’ai commencé par Oublier nos promesses, sans savoir qu’il y avait un roman antérieur avec Amaury Marsac. Tant pis, finalement, elle a suffisamment bien géré ces deux histoires pour que ça ne soit pas gênant.

Amaury est un flic du 36, torturé par son passé qui resurgit régulièrement. On lui a demandé de se mettre au vert quelques temps et il retourne dans le village de son enfance pour y retrouver, entre autres, l’amour de sa vie, qui vit avec sa soeur, adorable jeune femme de trente ans qui n’est pas autonome suite à l’anoxie dont elle a été victime à la naissance. Juste après son arrivée, une des personnes qui ont bercé son enfance est sauvagement assassinée.

Le village est troublé, mais on apprend que la superstition s’est emparée des habitants et que Marianne était devenue pour tous une sorcière. Beaucoup d’ennemis, et aucun, juste une rumeur sourde et insidieuse qui s’infiltre par tous les pores.

Marsac obtient de pouvoir suivre l’enquête, à défaut de pouvoir la mener. Et le passé va revenir, déformé par les prismes des secrets cachés.

Encore une fois, on est emporté par le style extrêmement agréable d’Elsa et sa description minutieuse de la psychologie des personnages. On est fascinés aussi par sa description de ce village minuscule où, comme tous les villages minuscules, tout le monde se connaît, tout le monde sait tout sur tout le monde, tout le monde s’épie plus ou moins, où les ragots vont bon train, et où les rumeurs enflent mais où tout le monde se tait. Et s’il suffisait de poser des questions pour avoir des réponses ? Est-ce que Marsac arrivera à faire la part des choses entre ses sentiments et son boulot de flic ? Menaçant.

Un petit concours pour le week end?

La Plume Démasquée vous propose de gagner le dernier roman de Christophe Dubourg La Méthode Venturi.
Pour participer, rien de plus simple : Il suffit d’écrire un petit commentaire sur cet article ou bien d’aller sur ma page Facebook pour y suivre les instructions. Le concours est ouvert jusqu’à dimanche 24/02 à 23h59. Je procéderai au tirage au sort lundi 25 février dans la journée. A vos clics, prêts, partez!

Oublier nos promesses – Elsa Roch (352 pages)

Et de quatre! Roman de la sélection du prix des lecteurs de Bloody Fleury, ce roman très mélancolique et très noir nous entraîne dans les traumatismes des militaires qui rentrent de mission et dans les bas fonds de la mafia albanaise.

Emma a été sauvagement assassinée et l’équipe d’Amaury Marsac, se lance à la poursuite de son petit ami, militaire qui leur file entre les doigts. Pourquoi a-t-il fui? Qu’a-t-il à cacher? Globalement, il n’y a pas de grosses surprises dans ce roman, car on sait bien, nous, lecteurs, que ce n’est pas Pieaud l’assassin.

Mais ce qui est intéressant dans ce roman, ce sont les personnages. Tous travaillés, tous profonds, dans le sens qu’on s’approprie chaque personnalité. Ils ont tous des failles, plus ou moins tues, et bien présentées par l’auteur. Elsa Roch n’y va pas avec le dos de la cuillère pour son histoire ultra sordide, mais elle est très fine sur la description des personnages, tous sans exception.

Cyanure – Laurent Loison (400 pages)

Je ne risque pas de vous dévoiler la fin du livre par inadvertance, il n’y en a pas! Non non vous avez bien lu, il n’y a pas de fin à cet ouvrage. Vous devez choisir une option puis vous rendre sur internet et taper le code trouvé sur le livre qui n’est valable qu’une fois, pour que vous ne soyez pas tentés d’aller lire les trois autres versions.

Le problème, c’est que Laurent Loison n’a oublié qu’un seul minuscule détail : si les gens empruntent ce livre dans une bibliothèque, seul le premier emprunteur aura accès à un des quatre dénouements prévus. Pire, si, comme moi, ils l’ont acheté sur un support numérique, il n’y a pas de code du tout, j’ai retourné ma Kindle dans tous les sens, j’en ai soulevé la protection, je suis retournée au début à la fin pour y dégoter ce qui m’est dû, mais rien… Grrr… De toutes façons, vous me trouverez peut-être vieux jeu, vous vous direz peut-être que je ne suis pas à la page, mais je n’aime pas le concept. Je lis un auteur pour qu’il me fournisse une histoire de A à Z. Je ne lis pour faire un choix supplémentaire : pour la mort du président, tapez 1… c’est bon, on nous demande ça à longueur de journée, là je veux qu’on m’emmène, qu’on me guide, qu’on me tienne la main d’un bout à l’autre.

Par ailleurs, la construction très classique du roman, le flic avec de la bouteille ingérable par sa hiérarchie mais qui obtient des résultats grâce à son flair incroyable, maqué à la jeune fliquette super jolie me rappelle le duo de Jacques Chaussey, Daniel et Lisa, qui me donne la fin des histoires, lui. Bon, je suis frustrée, alors forcément, ça impacte d’autant plus mon jugement, forcément.

L’enfer de church street- Jake Hinkson (204 pages)

(Traduction en français ci dessous)

I have to write this article in English so that the author can read it if he wants. Well, this book is not a ‘polar’. There are no policemen that make an enquiry and at the end the bad people are under arrest. All the people in this book are bad, ugly or dumb. This looks like this wonderful little book called ‘drive’. I do not speak about the sickly film version but the book where all the characters are bad, even if they want to find a way to be good, they never succeed. Same story here, but even worse. How can we trust in humanity after reading this? Priests, sheriff, lawyers, all have to burn in hell! I am just wondering something even more scarying :what is the autobiography part in this book? 😈

J’écris cet article en anglais au cas où l’auteur souhaiterait le lire. Alors, ce livre n’est pas un polar à proprement parler. Il n’y a pas de policier qui enquête pour mettre les méchants sous les verrous à la fin. Tous les personnages sont méchants, affreux ou idiots. Ce livre est noir comme le merveilleux ‘drive’ et je ne parle pas de la version film mièvre, où tous les personnages, malgré leur bonne volonté pour certains ne peuvent que mal tourner. Pareil ici, mais en pire. Peut-on encore croire en l’humanité après avoir lu ce livre ? Prêtres, shérif, avocats, tous doivent brûler en enfer ! Je m’interroge juste sur un point encore plus inquiétant : y a t il une part autobiographique dans ce roman ??? 😈

Bloody Fleury 2018

De beaux échanges avec des auteurs accessibles et sympathiques, décidément un salon gratuit à côté de chez nous, je reviens contente de ma moisson : un polar accessible dès l’adolescence : ‘l’île aux panthères’ de Guillaume Le Cornec est son premier roman (prix du roman jeunesse 2017 au festival du polar de Cognac). Un breton plébiscité par les normands, ça doit être vraiment bien 😉 ; le premier roman de Jake Hinkson ‘l’enfer de church street’ prix mystère de la critique 2016, la star incontestable de ce festival, ‘les loups et l’agneau’ de Christophe dubourg, un auteur normand (en photo), merci pour l’échange très sympathique et ‘pire que le mal’ de Sylvain forge, un thriller sur les pesticides.