L’Effet Papillon – Jussi Adler-Olsen (600 pages)

Jussi Adler Oslen - L'effet papillon

Quelle chance! Je peux lire en voiture! Alors quoi de mieux qu’un petit polar pour la route?

Cet opus est le 5ème volet de la saga du département V. On suit et on retrouve avec délectation les tribulation de l’équipe disparate et farfelue. Carl Mörck, traumatisé par une fusillade qui a coûté la vie à l’un de ses coéquipiers et laissé l’autre tétraplégique et dépressif, est le responsable de ce département qui s’occupe exclusivement des cold cases, des affaires non élucidées. Fainéant, fumeur, roublard, agressif et de mauvaise foi, empêtré dans des problèmes de couple avec son ex femme, il est assisté par Assad, petit Syrien au passé trouble, vif de corps et d’esprit et Rose, bi-polaire punk, pointilleuse, qui décide des cas à traiter parmi les dizaines de dossiers en souffrance.

Honnêtement, on finit par s’intéresser plus à eux qu’aux diverses affaires qu’ils résolvent dans chaque épisode, malgré le soin que l’auteur apporte à inventer de nouveaux scénarios, toujours originaux. Bref, un passe-temps idéal pour ne pas voir passer le temps sur la route.

Les Hauts de Hurlevent – Emily Brontë (314 pages)

Emily Brontë - Les hauts de Hurle-Vent

Et voilà! Le premier classique de l’année 2017. Pourtant élevée loin du reste du monde, ayant peu de contacts sur la vie à l’extérieur du presbytère où son père est révérend, au milieu de ses soeurs et de son frère, Emily, à l’instar de 2 de ses soeurs va écrire l’un des livres les plus marquants de sa génération. A l’époque où il est très mal vu pour une femme d’écrire, les soeurs Brontë publieront tout d’abord sous des pseudos masculins. Deux de ses soeurs mortes encore plus précocement, mais d’une intelligence remarquable auraient peut être aussi été de grands écrivains.

Je dois confesser que j’ignorais jusqu’à l’histoire de ce grand classique! Un soir, le père Earnshaw rentre de Londres avec un enfant sous le bras. Cette arrivée va bouleverser la famille. L’autre famille, les Linton, habitent à quelques kilomètres de là. Les rapports de force entre les uns et les autres, entre ce petit « noir » recueilli, adulé par son sauveur (Hearthcliff) et les gosses de riches vont se faire et se défaire au fil des années. La tyrannie de Hindley et l’amour de Catherine, contrarié par l’arrivée d’Edgar Linton, vont déclencher le désir de vengeance de Hearthcliff.

Le roman est terriblement marqué par la cruauté et la mort, sans cesse présentes tout au long du roman, malgré une fin sereine et apaisée qui marque le triomphe du bien sur le mal.

La Concession du Téléphone – Andrea Camillieri (280 pages)

Andrea Camilleri - La concession du téléphone

A l’heure où les portables sont devenus les nouveaux doudous de nos enfants, cette fable rafraîchissante nous rappelle qu’il fut un temps, pas si lointain, où l’obtention d’une ligne téléphonique relevait du parcours du combattant!

Pippo, est très déterminé pour avoir le téléphone. Il adore la modernité, au grand dam de ces concitoyens. Par une maladresse épistolaire, il va se mettre le préfet à dos, mais aussi, la mafia, et les carabiniers. Rien, pourtant, ne le détournera de son entêtement, ni les contraintes administratives, ni les contraintes financières, ni les menaces de mort.

Dans ce roman où foisonnent beaucoup de personnages, tous plus fous les uns que les autres, seuls le préfet de police et le commissaire de police semblent garder la tête sur les épaules. Dans une Sicile déjà gangrenée par la mafia,tout ce petit monde s’agite et se démène dans une histoire féroce et jubilatoire.

Merci à ma copine Pauline de m’avoir fait connaître ce grand auteur italien. 
C’est à la fois hilarant et désespérant, la bêtise et la force triomphent parfois du bon sens et de la générosité.

Un bon garçon – Paul Mc Veigh (340 pages)

Paul McVeigh - Un bon garçon

Oh la la, déjà presque un mois que je n’ai pas publié!! En fait, c’est juste que je n’ai pas tellement eu le temps de mettre ma page à jour.

Encore un livre sur l’Irlande en guerre, à la frontière entre les Anglais et les Irlandais, et cette fois, c’est un jeune garçon de dix ans dont on raconte l’histoire. Plus intelligent que les autres, mais aussi plus sensible, et né dans une famille de 4 enfants dont le père, alcoolique, vole les maigres revenus que la mère s’échine à gagner. Cette pauvreté l’empêche de pouvoir entrer dans le collège St Malachy’s où il a été admis. Faute de moyens, il ira comme tout le monde à St Gabriels. Pour lui, c’était l’opportunité de sortir de sa condition, des quolibets, et des maltraitances. C’est un livre assez dur sur le fond, mais ce petit garçon est si attachant qu’on a envie qu’il s’en sorte. Premiers émois amoureux, débrouillardise, IRA, tout se mélange dans ce roman.

Shots – Guillaume Guéraud (277 pages)

Guillaume Guéraud - Shots

Encore un roman très original que nous propose la sélection Cézam, car il est émaillé de rectangles gris qui représentent des photos qui ont mystérieusement disparu et dont l’auteur fait la description.

William sait depuis longtemps que son frère file un mauvais coton. Il a eu de mauvaises fréquentations, associées à une folie des grandeurs, un train de vie de flambeur. Quand Laurent part à Miami, il ne met pas longtemps à faire le rapprochement avec ce tableau qui vient de disparaître dans un musée. Son frère donne des nouvelles sporadiques, et envoie des photos de sa nouvelle vie; quand leur mère fait un AVC et ne reconnaît plus William mais ne cesse de réclamer Laurent, il part sa recherche pour lui demander de lui rendre visite, avec le secret espoir que quelque chose en elle pourrait se débloquer. Il part à Miami avec le peu de pistes qu’il a, les photos que Laurent lui a envoyées, quelques noms. Commence alors, une enquête, entre Scarface et deux flics à Miami, entre Little Havana et Little Haïti, où le vaudou se mêle à la barbarie de tueurs fanatiques.

Ce livre se lit comme un roman policier, on est tenu en haleine tout au long de l’histoire, et les photos même grises sont tellement bien décrites qu’on a l’impression de les voir pour de vrai. Je n’avais encore jamais lu cet auteur qui est assez prolifique, et je pense que je vais aller voir le reste de sa production.

Désorientale – Négar Djavadi (345 pages)

Négar Djavadi - Désorientale

Kamiâ raconte l’histoire de sa famille iranienne, le poids de la culture, si différente de la culture française où ses parents se sont exilés avec leurs trois filles pour échapper au régime de Khomeini.

3 générations se succèdent de façon décousue, comme on penserait à certaines anecdotes que notre esprit fait ressurgir dans un ordre aléatoire -et surtout pas chronologique. L’auteure y décrit à merveille tous les aspects de la culture iranienne, la petite histoire d’une famille insérée dans la grande histoire, et tous les clichés français qui y sont rattachés. Bon, en même temps, elle n’a pas trop de mérite dans cet exercice, ça sent le vécu.

Ce livre foisonnant, et passionnant nous explique les affres de l’exil, et cet espoir fou qui a entraîné les Iraniens au départ du Shah, vite anéanti par de nouvelles persécutions, dans l’indifférence totale de l’occident. Comment ce pays, avec son pétrole a été l’enjeu de toutes les puissances mondiales, qui l’ont maintenu dans un carcan et l’ont empêché de prendre son propre envol. C’est génial.

Les Giboulées de Soleil – Lenka Horňáková-Civade (372 pages)

Lena Hornakova-Civade - Giboulées de Soleil

Magdalena n’a jamais accepté que sa mère quitte Vienne pour aller s’installer dans ce minuscule village tchèque. Elle regrettera toute sa vie la grande ville qui restera pour elle le souvenir du bonheur. A son tour fille -mère, elle tentera de transmettre à sa fille Libuse le fait que sa naissance est le fruit d’une véritable histoire d’amour. Quand Libuse tombe enceinte à son tour, elle épouse Antonin pour éviter à sa fille la honte de sa condition de bâtarde.

Secrets, non-dits, amours et désamours, le tout sur fond de construction d’un nouveau pays après la deuxième guerre mondiale, et les tournants de l’histoire qui viennent se glisser dans les moindres recoins du pays, y compris dans ce tout petit village. 

Une histoire comme il y a dû y en avoir des milliers. C’est bien écrit, et on s’attache à cette famille matriarcale où la grand-mère, à la fois mère et grand-mère, sage-femme et aubergiste tient son monde d’une poigne de fer. Avec un grand stoïcisme, jamais un mot plus haut que l’autre, elle ne se laisse jamais faire.