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Blackwater 6 – Pluie – Michael Mac dowell traduit de l’anglais par Yoko Lacour et Hélène Charrier (238 pages)

Ça y est, j’ai terminé la magnifique série Blackwater avec ce 6ème tome.
Le clan Caskey s’est agrandi avec des naissances, d’autres membres sont morts. Des années 20 aux années 70, cette saga se dévore comme un pauvre bougre tombé dans les eaux troubles de la Perdido.

Je réfute toutes les tiédeurs sur la facilité, le style de l’écriture. J’aime absolument et en bloc. La liberté, le féminisme, le racisme, l’homosexualité sont des thèmes importants abordés très simplement et pourtant avec une subtilité touchante. Les couvertures de Pedro Oyarbide sont sublimes (je l’ai déjà dit ?).
Il faut savoir que je n’aime pas les sagas, je n’aime pas spécialement le fantastique. Bravo encore à Dominique Bordes pour son coup de poker réussi.

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Hard Land, les 49 secrets de Grady – Benedict Wells, traduit de l’allemand par Dominique Autrand (296 pages)

Je découvre cet auteur, considéré comme le nouveau prodige allemand. On est tout de suite embarqué dans cette histoire d’ados dans l’Amérique profonde des années 80, grâce à un style très agréable et fluide. Le narrateur, presque seize ans, annonce d’entrée la couleur : c’est l’année où il tombe amoureux et où sa mère décède.

On navigue entre le rire et les larmes avec ce garçon très renfermé, angoissé, un peu décalé, presque asocial, porté par l’amour de sa mère qui vit ses premiers émois amoureux avec une fille un peu plus âgée que lui. Il oscille lui-même entre deux états émotionnels entre l’euphorie et la mélancolie qu’il nomme « l’euphocolie ».

Ce beau roman initiatique à l’américaine (bien que l’auteur, je le rappelle, soit allemand) donne envie de découvrir le reste de son œuvre.

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Edmonde, l’envolée – Dominique de Saint-Pern (420 pages)

Dominique de Saint-Pern est fascinée par Edmonde Charles-Roux. Elle a déjà écrit un ouvrage sur cette écrivaine du vingtième siècle, mais là, elle cherche une certaine exhaustivité à retracer la vie de cette femme au destin incroyable. Une femme issue de la grande bourgeoisie catholique, collier de perles et immeuble particulier dans le 7ème arrondissement de Paris, elle aura combattu militairement pendant la deuxième guerre mondiale, travaillera dans la presse féminine, deviendra écrivain et obtiendra le prix Goncourt, deviendra présidente de l’académie du même nom, aura pour amis le couple Aragon/Elsa Triolet et d’autres personnes prestigieuses, épousera Gaston Deferre et sera politiquement toute sa vie résolument à gauche. Le cœur est à gauche disait-elle, c’est physiologique. Une femme belle, libre, forte et très dure aussi que l’on retrouve à peine voilée dans son premier roman, Oublier Palerme, aux forts accents autobiographiques.

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Le fumoir – Marius Jauffret (192 pages)

Que fait-on lorsqu’on se retrouve malgré soi enfermé dans un hôpital psychiatrique ? On fume toute la journée, dans ce fumoir où les pensionnaires se croisent et discutent de liberté. J’avais entendu parler de ce livre polémique lors de sa sortie en 2020, et j’avais été circonspecte. J’imaginais : un fils d’écrivain un peu fou qui explique qu’il ne l’est pas en attaquant l’institution. Cela me rendait sceptique sur la qualité du récit . Je me trompais. L’histoire est tragique, grinçante, bourrée d’un humour cynique et fin comme je les aime. Mais il est avant tout remarquablement bien écrit. L’écriture de Marius Jauffret vaut à elle seule le détour, et le hasard qui m’a finalement poussée à acheter ce livre a bien fait les choses. Au-delà de tout ce qu’il décrit, le récit, en tant qu’objet littéraire mérite d’être lu.

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Oublier Palerme – Edmonde Charles-Roux (409 pages)

Oublier Palerme, Goncourt 1966, est le récit romanesque de Gianna Meri. Le roman raconte son destin tragique, son premier amour tué pendant la deuxième guerre mondiale, recruté par Mussolini, comme tant de jeunes qui étaient contre sa politique. Exilée sicilienne à New
York, elle est rédactrice de la rubrique voyage dans un magazine féminin. Elle rencontre un homme, d’origine sicilienne, né aux Etats-Unis, élu de sa circonscription qui n’a jamais mis les pieds sur l’île où est né son père. Mêlant des éléments de sa vie à la fiction, Edmonde Charles-Roux a égratigné le monde de la mode qui l’a évincée, réhabilité son amour mort
pendant la deuxième guerre mondiale et utilisé un fait divers qui apporte une tension qui monte tout au long de l’histoire. Une très belle plume, une époque bien campée, une héroïne mélancolique, des personnages forts. Cette saga romanesque a tout pour plaire.

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Une farouche liberté – Gisèle Halimi avec Annick Cojean (153 pages)

Il y a des êtres humains qui sont clairement au-dessus de la mêlée. Quand on naît femme en Afrique du Nord en 1927 dans une famille pauvre, le destin est a priori tout tracé : Se marier à quinze ou seize ans pour servir un mari après avoir servi ses frères. Gisèle Halimi, elle, résiste à cet état de fait, dès le départ. Pour elle, c’est injuste, et elle passera sa vie à combattre l’injustice en général. Elle deviendra donc avocate. Et ses combats seront des avancées majeures pour les femmes, avec des modifications de lois ou de nouvelles lois comme le droit à l’avortement, à la contraception, la lutte contre le viol et la façon d’aborder ce type de crime dans les tribunaux, l’abolition de la peine de mort. Quelle femme incroyable !

Et quelle plume merveilleuse que celle de la non moins merveilleuse Annick Cojean ! Elle retrace de manière tellement fluide cet entretien. Quelle chance a eu Annick de l’avoir rencontrée, d’avoir eu ces conversations sûrement passionnantes avec elle ! Je suis une femme de cinquante ans qui n’a jamais eu à se battre pour faire des études, pour me protéger de grossesses indésirables, pour être libre d’aimer qui je veux, comme je veux. On a tendance à oublier que tous ces droits qui ont été acquis de dure lutte restent fragiles et sont régulièrement bafoués, dans des pays qui se considèrent comme des démocraties
(l’actualité récente vient de raviver douloureusement la fragilité de ces acquis). Nous ne sommes pas à l’abri. Nous devons rester vigilants. Tous. Hommes et femmes ensemble.

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Blackwater 4 – La guerre – Michael Mc Dowell traduit de l’anglais par Yoko Lacour et Hélène Charrier (252 pages)

La saga continue, toujours aussi prenante. La couverture, signée Pedro Oyarbide, à l’instar de la série entière est pour moi la plus belle de toutes. J’ai avalé ce quatrième volume en une journée, autant vous dire que le rythme s’accélère dans cette série qu’on ne lâche pas ! Décidément une belle réussite !

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Delicious foods – James Hannaham, traduit de l’anglais américain par Cécile Deniard (392 pages)

J’ai acheté ce livre à la rentrée 2020, et il traînait dans ma Pal en me faisant de l’œil chaque semaine. J’ai acheté ce livre pour sa couverture hallucinante de beauté, pour son début terrifiant, parce que la drogue est un personnage, parce que j’avais rencontré les éditions Globe lors d’une rencontre « Varions les éditions en live » et que ma libraire me l’avait conseillée. En effet, ce livre est incroyable. Il décrit la descente aux enfers d’une femme. Scotty, son « mec » est la drogue et ses effets. L’histoire est racontée par trois protagonistes, Scotty, donc, Darlene, la mère et Eddie, le fils. Un roman terrible, terrifiant, sur l’esclavage moderne, l’addiction et la condition des noirs aux Etats-Unis. Je souligne tout particulièrement le travail démentiel de la traductrice pour retranscrire sans cliché le parlé populaire américain. Un roman fort.