Vous connaissez peut-être Roukiata Ouedraogo au travers de ses chroniques sur France Inter ou de son one woman show ? Elle nous livre dans ce premier roman une description de son Burkina Faso natal plein de fraîcheur et d’amour de la vie. Si vous lisez le livre en ayant sa voix et son joli accent chantant dans la tête, franchement, c’est un plus. Elle nous raconte les traditions, la culture et sa mère, cette femme forte qui a élevé sept enfants pendant plusieurs années toute seule, suite à une aberration du système judiciaire. Elle fait des parallèles amusants entre la culture française et la culture burkinabé, pleins d’humour, de dérision et de tendresse. un moment dépaysant, gai et touchant, à son image.
Galeries
Luca Di Fulvio
Luca Di Fulvio est un homme de théâtre et un écrivain italien, auteur de romans policiers, de fantastique et de littérature d’enfance et de jeunesse.
Avant de fonder sa propre compagnie de théâtre (Le Moveable Feast), il travaille avec Paola Bourbons, Sergio Graziani, Mario Marans, Andrzej Wajda. Il est également consultant éditorial de plusieurs maisons d’édition.
Luca Di Fulvio est devenu l’un des nouveaux phénomènes littéraires à suivre avec la sortie de « Le gang des rêves » (« La gang dei sogni », 2008) publié en France en juin 2016 et premier tome d’une forme de trilogie. Plébiscité par les libraires et les lecteurs, le livre, qui raconte le New York des années 20 par les yeux d’un jeune Italien, s’est lentement mais sûrement transformé en best-seller. Luca me fait l’honneur, avec sa gentillesse légendaire de participer à “Un auteur, trois livres”.
– Quel est le livre qui a marqué ton enfance ou ta jeunesse ?
Bonjour à tous et bonjour Isabelle et pardon pour mon horrible français !Alors, il y a deux livres très différents l’un de l’autre qui ont marqué ma véritable entrée dans la lecture quand je n’étais qu’un gamin. Ils m’ont ensorcelé, m’ont hypnotisé, mais surtout, ils ont parlé à mes tripes. Ce sont ces lectures qui ont fait de moi un accro aux livres. Le premier est certainement ” Croc-Blanc” de Jack London. Je l’ai relu plusieurs fois, même récemment, et chaque fois, je me rends compte qu’il ne s’agit pas simplement d’un livre pour enfants car il est souvent catalogué. Comme tous les livres de London il parle de notre société, des lignes de l’amour et des rejetés qui essaient d’être acceptés. L’autre est “le vieil homme” et la mer d’Hemigway. Pendant des années après l’avoir lu, à chaque fois que je sortais seul sur un bateau, je me sentais comme Santiago le vieux pêcheur cubain. Dans une interview qui m’a beaucoup fait sourire, Hemingway a déclaré : “Cette fois, ils sont capables de me donner le Nobel ! Et savez-vous quelle est la raison? parce que c’est mon premier roman dans lequel je n’écris pas de “mauvais” mot.” Et il avait raison. Il a remporté le Pulitzer et le Nobel.
– Quel est ton classique de chevet ?
Ah, les classiques. C’est une question à laquelle il est pratiquement impossible de répondre. Parce que la vérité, et je pense qu’elle s’applique à tout le monde, il y a un livre qui vous marque à tout âge. Quand vous avez vingt ans, vous n’êtes pas la même personne que vous serez à quarante ou soixante, donc je ce que je peux faire, c’est une liste. “Tonio Kröger” par Thomas Mann, “Les misérables” de Victor, “Martin Eden” de Jack London – et c’est déjà la deuxième fois que le mentionne, car à mon avis, c’est un immense écrivain – le Comte de Monte Cristo par exemple de Dumas, “Jude l’obscur” par Thomas Hardy, “Light in August” (Lumière d’août) par William Faulkner, “Thérèse Raquin” par Emile Zola, et … Ok, je m’arrête ici parce que je pourrais continuer pendant une semaine, mais je ne peux pas omettre tout le travail du plus grand de tous pour moi, William Shakespeare.
– Quel est le livre que tu n’as jamais terminé de lire ?
Ah, j’ai fini… Sûrement, “Ulysse” par James Joyce. Je sais que c’est un chef d’oeuvre, je sais que c’est une révolution littéraire, mais j’ai essayé au moins dix sept fois, je ne peux juste pas le faire, je démarre, et au bout d’un moment, je me saoule, je n’ai pas honte de l’admettre ! Mais même les Russes, extraordinaires aussi, bien sûr, ne parlent pas à mon être. C’est tout! Ciao ! Merci !
Bibliographie
Romans adultes
- Zelter (1996)
- L’impagliatore (2000)
Publié en français sous le titre L’Empailleur, traduit par Arlette Lauterbach, (2003, Gallimard, collection série noire) - Dover Beach (2002)
- La scala di Dioniso (2006)
Publié en français sous le titre L’Échelle de Dionysos, traduit par Marina Boraso, (2007, Albin Michel) - Il grande scomunicato (2011)
- Kosher mafia (2011)
- La gang dei sogni (2008)
Publié en français sous le titre Le Gang des rêves, traduit par Elsa Damien, (2016, Slatkine & Cie, 2017, Pocket) - La ragazza che toccava il cielo (2013)
Publié en français sous le titre Les Enfants de Venise, traduit par Françoise Brun, (2017, Slatkine & Cie, 2018, Pocket) - Il bambino che trovò il sole di notte (2015)
Publié en français sous le titre Le Soleil des rebelles, traduit par Françoise Brun, (2018, Slatkine & Cie) - La figlia della libertà, (2018) Publié en français sous le titre Les Prisonniers de la liberté, traduit par Elsa Damien, (2019, Slatkine & Cie)
Roman jeunesse
- I Ragazzi dell’Altro Mare (2016) Publié en français sous le titre Les Aventuriers de l’Autre Monde, traduit par Elsa Damien,(2020 Slatkine & Cie)
Adaptation
- Ochi di cristallo, film italien réalisé par Eros Puglielli, d’après le roman L’Empailleur, avec Luigi Lo Cascio et Lucia Jiménez (2004)
Ensemble, on aboie en silence – Gringe (170 pages)
Gringe est un artiste complet, rappeur, acteur qui apporte une pierre supplémentaire à son parcours avec ce livre. Un livre écrit en partie avec son frère, schizophrène. Il s’agit à la fois d’un livre sur la schizophrénie, sur l’amour fraternel, sur la culpabilité.
Il y a déjà eu des écrits sur des différences, l’autisme, la bipolarité, mais à ma connaissance, jamais on a donné la parole à une personne qui le vit de l’intérieur. Les photos de Thibault, sont incroyablement fortes, poétiques et belles. Sa plume est magnifique, ses textes écrits en hôpital psychiatrique sont poignants. La déclaration d’amour de Gringe pour son frère est comme une lettre d’excuses où il évoque sa culpabilité.
Car au moment où Guillaume devenait célèbre, Thibault sombrait dans une vie pour toujours compliquée et ils ont appréhendé ces deux facettes (célébrité / hôpitaux psychiatriques) comme ils ont pu. Parce que tout le monde fait comme il peut, tout le temps. L’énergie déployée par les malades, mais aussi leurs proches. Chacun avance comme un funambule sur le même fil déstabilisant qui bouge tout le temps. C’est épuisant pour tous et en continu. On croit par moment trouver des pistes pour stabiliser le cours des choses, mais c’est toujours temporaire et jamais acquis. Un texte qui se lit vite et d’une traite et qui laisse une trace.
La grande roue – Diane Peylin (248 pages)
J’ai enfin réussi à me procurer le dernier livre de la sélection Cezam 2019.
La grande roue, c’est quatre personnages dont on suit le parcours tour à tour. Aucun lien entre les 4. On se doute que tout va se rejoindre à un moment, comme lorsqu’on est dans une grande roue et qu’on voit le paysage de points de vue différents. Ce côté-là est plutôt réussi, et bien malin qui comprendrait qui sont David, Nathan et Tess, et leur lien avec Emma. On découvre assez tard les liens entre les différents personnages. On se doute aussi qu’il y a plusieurs époques et il n’y a pas d’indice qui nous éclaire. Le sujet est d’actualité, la maltraitance féminine.
Plusieurs ingrédients favorables à une bonne histoire donc. Pourtant, à mon sens, un certain nombre d’incohérences et d’invraisemblances viennent gâcher un peu le plaisir. Et pour le coup, on tourne un peu en rond au milieu, et on a l’impression de lire plusieurs fois des chapitres similaires. Comme dans une grande roue. C’est peut-être volontaire, mais moi, ça m’a un peu ennuyée. Pour autant, ça se lit bien, et la fin est assez inattendue.
Une ombre qui marche – Tiphaine Le Gall (205 pages)
Ce livre de la rentrée littéraire est présenté comme un essai sur l’œuvre d’un auteur décédé qui aurait transformé le monde et la vision du monde en produisant une œuvre totalement vide, avec 283 pages blanches.
D’ailleurs, le sous-titre du roman est « essai sur les fondements et les enjeux de l’Oeuvre absente de Timothy Grall, par Maxime Desvaux, maître de conférence émérite en littérature française et comparée à l’université Sorbonne, Paris 4. C’est à la fois, bien sûr, loufoque, mais aussi sérieux, en présentant les travers de notre monde actuel. Elle y fait référence à des textes de Montaigne méconnus, mais aussi Kundera, Baudelaire, Flaubert.
L’autrice dont vous aurez noté la similitude de consonance avec l’auteur supposé invente également tout un tas de références. Un livre vraiment original, pas très facile, car il y a beaucoup de références philosophiques, mais il y a des trouvailles vraiment drôles et savoureuses !
Debout-Payé – Gauz (204 pages)
Après cette incroyable rencontre VLEEL (varions les éditions en live, rencontres avec des éditeurs et des auteurs) avec les éditions le nouvel Attila et Gauz, j’ai immédiatement couru chez mon libraire pour me procurer la prose de cet érudit si humble.
Gauz est un homme au discours fabuleusement simple et à la plume acérée. Sous l’apparente simplicité de son écriture, il avoue lui-même avoir énormément travaillé. Rien n’est acquis dit-il. Le talent n’existe pas, seul le travail compte. Il retrace dans ce roman l’histoire de plusieurs générations d’immigrés Ivoiriens en France, et l’évolution de la politique qui a façonné l’image populaire qui en a découlé. Ce récit est émaillé de réflexions sur la condition de vigile. Théorèmes, corollaires, sophismes, on est fasciné par le métier de ces hommes transparents, invisibles. On rit beaucoup aussi, des petits ou des gros travers des clients, mais parfois, on est soufflé par la poésie ou la tendresse qui se dégage de ce texte.
Honoré et moi – Titiou Lecoq (295 pages)
J’ai adoré Honoré de Balzac, jeune. Je ne l’ai jamais trouvé ennuyeux, ou trop descriptif. Mais je n’aurais jamais imaginé que cet écrivain génial et prolifique était un dépensier compulsif, fou de fringues et de décoration d’intérieur. Pas étonnant que les femmes se sentaient tellement en phase avec un homme qui avait les mêmes hobbies et qui les comprenait si bien. Titiou Lecoq a épluché la correspondance et la comptabilité (plutôt fantaisiste) de l’écrivain pour nous en dresser un portrait extrêmement moderne. Elle parvient à cette conclusion fondamentale et lucide : les auteurs sont des gens comme les autres. Même géniaux, même prolifiques, ils sont confrontés à des réalités bassement matérielles, et peuvent en arriver à être des menteurs invétérés pour éviter leurs créanciers. Ce livre est un enchantement, offre un visage et une facette méconnus de Balzac, et donne envie de se replonger dans littérature dans laquelle il s’est finalement inventé sa vie de rêve.
J’ai hâte d’être à demain – Sandrine Sénès (185 pages)
Une femme en mal d’amour décrit des scènes du quotidien au travers du prisme de son mal-être et de ses déboires amoureux. Parfois grinçant, parfois très drôle, les petites scénettes, jamais plus de deux pages, nous livrent une sorte de journal intime désespéré.
Erik L’homme
Il passe son enfance à Dieulefit dans la Drôme provençale, proche de la nature et des livres. La passion de la nature ne le quittera d’ailleurs jamais, et après avoir passé une maîtrise d’histoire à l’Université de Lyon, il part à la découverte du monde pendant de nombreuses années, accompagné de l’un de ses frères, photographe, dans des voyages qui les conduiront du Pakistan à la Malaisie en passant par l’Afghanistan, les Philippines, le Liban, le Maroc et la Thaïlande. De retour en France, il écrit son premier ouvrage, « Parlons khowar : langue et culture de l’ancien royaume de Chitral au Pakistan » (1999), consacré au royaume de Chitrâl où son frère et lui ont séjourné pendant deux ans, et à sa langue qu’ils y ont apprise.
Il se lance en 2001 dans l’écriture de romans jeunesse avec la publication de « Qadehar le sorcier », premier tome de la trilogie « Le Livre des étoiles ». Une première publication qui recevra dès sa sortie le prix Jeunesse du Festival international de géographie de Saint-Dié-des-Vosges.
Erik L’homme a vendu 1 100 000 exemplaires de ses douze titres en France et plusieurs millions d’autres à l’étranger.
En octobre est prévue la réédition au format poche (Pôle Fiction Gallimard) de « Nouvelle Sparte » ainsi que la parution du deuxième tome de la série pour enfants (Roman Auzou Pas à pas) « Sidh le génie du frigo ».
Son roman adulte « Un peu de nuit en plein jour », paru à la rentrée littéraire de septembre 2019, a été sélectionné cet été pour le prix de la Ligue de l’Imaginaire-Cultura. Le résultat devrait être connu autour du 21 septembre 2020 et on lui souhaite bonne chance. Je remercie Erik pour sa confiance et sa participation à la rubrique un auteur, trois livres.
Quel est le livre qui a marqué votre enfance ou votre jeunesse ?
Ma jeunesse a été marquée par Le capitaine Fracasse de Théophile Gautier, mon adolescence par les insolences télévisées et littéraires de Pierre Desproges.
Quel est votre classique de chevet ?
Le seigneur des anneaux de JRR Tolkien
Quel est le livre que vous n’avez jamais terminé de lire ?
Dans le sens qu’ils me tombent des mains, la quasi-totalité des livres de littérature française paraissant actuellement. Dans celui que je ne cesse de relire tellement ils sont riches, les deux tomes en français (La pierre et le sabre / La parfaite lumière) du roman japonais «Musashi» d’Eiji Yoshikawa.
Bibliographie
Romans jeunesse
- Le Livre des étoiles
- Tome 1 : Qadehar le sorcier, (2001, Gallimard Jeunesse)
- Tome 2 : Le Seigneur Sha, (2002, Gallimard Jeunesse)
- Tome 3 : Le Visage de l’Ombre, (2003, Gallimard Jeunesse)
- Les Maîtres des brisants
- Tome 1 : Chien-de-la-lune, (2004, Gallimard Jeunesse)
- Tome 2 : Le Secret des abîmes, (2005, Gallimard Jeunesse)
- Tome 3 : Seigneurs de guerre, (2009, Gallimard Jeunesse)
- Contes d’un royaume perdu, illustré par François Place, (2005, Gallimard Jeunesse)
- Phænomen
- Tome 1, (2006, Gallimard Jeunesse)
- Tome 2, (2006, Gallimard Jeunesse)
- Tome 3, (2006, Gallimard Jeunesse)
- Cochon rouge, (2009, Gallimard Jeunesse, collection Folio Junior)
- Des pas dans la neige, aventures au Pakistan, (2010, Gallimard Jeunesse)
- A comme Association (commencée par Pierre Bottero 1964 – 2009)
- Les Limites obscures de la magie (commencée par Pierre Bottero) (2010, Gallimard Jeunesse et Rageot Éditeur)
- La Pâle Lumière des ténèbres, (2010, Gallimard Jeunesse et Rageot Éditeur)
- L’Étoffe fragile du monde, (2011, Gallimard Jeunesse et Rageot Éditeur)
- Le Subtil Parfum du soufre, (2011, Gallimard Jeunesse et Rageot Éditeur)
- Là où les mots n’existent pas, (2011, Gallimard Jeunesse et Rageot Éditeur)
- Ce qui dort dans la nuit, (2011, Gallimard Jeunesse et Rageot Éditeur)
- Car nos cœurs sont hantés, (2012, Gallimard Jeunesse et Rageot Éditeur)
- Le Regard brûlant des étoiles, (2012, Gallimard Jeunesse et Rageot Éditeur)
- Le Regard des princes à minuit, (2014, Gallimard Jeunesse)
- Terre-Dragon
- Tome 1 : Le Souffle des pierres, (2014, Série Romans Junior, Gallimard Jeunesse)
- Tome 2 : Le Chant du fleuve, (2014, Série Romans Junior, Gallimard Jeunesse)
- Tome 3 : Les Sortilèges du vent, (2015, Série Romans Junior, Gallimard Jeunesse)
- La Patience du Héron, (2017, Gallimard Jeunesse, textes Erik L’Homme, illustrations Lorène Bihorel)
- Nouvelle Sparte, (2017, Gallimard Jeunesse)
Romans adultes et documentaires
- « Erik Robert », Le Faiseur de royaumes, (1999, Les Amis de la culture européenne)
- Parlons khowar : langue et culture de l’ancien royaume de Chitral au Pakistan (1999, L’Harmattan)
- Déchirer les ombres (2018, Calmann-Levy)
- Un peu de nuit en plein jour (2019, Calmann-Levy)
Mon chien stupide – John Fante Traduit de l’anglais (Etats-unis) par Brice Matthieussent (188 pages)
Brice Matthieussent n’a pas son pareil pour révéler l’humour des ouvrages qu’il traduit. Mon chien Stupide n’échappe pas à la règle.
Molise est un écrivain en berne qui survit grâce à des scénarii de télévision. Sa vie le déprime énormément, les signes extérieurs de richesse qu’il essaye tant bien que mal de maintenir ne le rendent pas heureux et il aimerait assez se débarrasser de ses quatre enfants, tous adultes, qu’il considère comme des parasites encombrants et ingrats.
Un soir de forte pluie, un chien élit domicile chez lui, au grand dam de son épouse. Ce chien est tellement bête que tout le monde s’accorde à l’appeler Stupide. Sous une apparente placidité, ce chien va se révéler être un obsédé homosexuel, prêt à s’attaquer à tout ce qui bouge, et devenir agressif si on essaye de le contrer.
John Fante s’attaque à des mythes du rêve américain : belle maison, belle voiture, mais surtout une bonne couche de vernis pour masquer la misère de l’ensemble. Doit-on continuer à sauver les apparences, ou bien vivre ses rêves et ses envies d’ailleurs ? Cru et désabusé.












