Galerie

Christos Markogiannakis

Christos Markogiannakis est écrivain et “criminartiste”. Après des études de Droit et de Criminologie à Athènes et à Paris, et après avoir travaillé comme avocat pénaliste en Crète, il vit actuellement en France où il réalise des recherches sur la représentation du meurtre dans l’art.Il écrit des romans policiers à la “whodunit” (littéralement : Qui l’a fait? Des romans à énigme, donc) qui se passent en Grèce, avec un jeune capitaine de police, Christophoros Markou, comme personnage récurrent, et des livres « criminartistiques » qui mélangent ses deux passions, l’art et le meurtre. Son nouveau roman policier, « Mourir en scène » est paru aux éditions Albin Michel en mars 2020. Je le remercie chaleureusement pour sa participation à un auteur, trois livres.

Quel est le livre qui a marqué ton enfance ou ta jeunesse ?

Ce n’est pas un, mais trois, les livres qui ont marqué le jeune lecteur que j’étais, et qui résonnent toujours dans mes goûts littéraires et dans mon style d’écriture. L’étrange cas du docteur Jekyll et M. Hyde de Robert Louis Stevenson, Le portrait de Dorian Gray de Oscar Wilde et surtout Dix petits nègres de mon idole littéraire, Agatha Christie. Les trois parlent de l’ambiguïté de la nature humaine, la beauté et le côté noir de la psyché, la notion de la justice et de la punition, qui m’intéressent beaucoup.  

Quel est ton classique de chevet ?

 Les livres des Histoires d’Hérodote. Quand je veux m’échapper de la réalité contemporaine, je me (re)plonge dans les aventures des Grecs, des Perses et des Dieux, comme racontées par l’historien. 

Quel est le livre que  tu n’as jamais terminé ?

Quand j’étais plus jeune je voulais absolument terminer tous les livres que je commençais, même s’ils ne captaient pas mon intérêt. Depuis quelques années, comme le temps est devenu précieux, je ne le fais plus. Mais, parfois je retourne aux livres que je n’ai pas terminés et je les lis avec un nouveau regard. Le seul livre que j’ai commencé 3 fois, et je n’ai pas pu terminer (mais je vous assure je le ferai un jour!) est le  À la recherche du temps perdu. Vous ne me jugez pas, j’espère… 

Bibliographie

Criminarts

Romans, Nouvelles

Mourir en scène (Albin Michel 2020)

Galerie

Les pantoufles – Luc-Michel Fouassier (113 pages)

Encore un tout petit ouvrage découvert lors des “Varions les éditions en live” (VLEEL) avec les Editions de l’Arbre Vengeur pour se détendre à la rentrée. Un homme s’aperçoit qu’il a oublié de mettre ses chaussures, et que ses clés sont à l’intérieur de son appartement. Pressé, il décide de démarrer sa journée en l’état. Cela va changer sa vie. En quelques pages, l’auteur aborde les grands thèmes de la vie : le travail, l’amour, l’argent, l’art, l’amitié, au travers du regard des autres sur un détail incongru. Absurde, drôle et poétique.

Galerie

Le Sicilien – Carl Pineau (297 pages)

J’avais adoré l’Arménien, le premier opus des “Nuits Nantaises” de Carl Pineau. Et j’ai acheté Le Sicilien dès sa sortie, il y a déjà un an. Et puis, on sait ce que c’est, une lecture en entraîne une autre, et même si on veut lire dans l’ordre, parfois, on prend un peu de retard. 

Construit totalement différemment, le Sicilien est raconté par lui-même. Dix ans après l’assassinat de Luc, Greg Brandt doit enquêter sur la mort d’une jeune fille, sauvagement poignardée, et retrouvée dans la voiture de Dario que tout semble accuser. Mais Brandt n’aime pas les suspects trop évidents. Malgré les apparences, il continue l’enquête.

Comme dans l’Arménien, les personnages sont très humains, ni tout blancs, ni tout noirs et c’est ce qui fait leur crédibilité, tandis que l’auteur nous sert une nouvelle fois un roman qui se dévore d’une traite.

Galerie

Vincent Crouzet

Après avoir travaillé pendant vingt ans pour la DGSE, où il a couvert des terrains compliqués comme l’Angola, le Mozambique ou le Congo, il s’est mis à l’écriture de romans d’espionnage (ses maîtres étant les grands du genre, les Britanniques Ian Flemming, Graham Greene ou John Le Carré). A ce jour, il a écrit sept romans pour adultes, deux recueils de nouvelles pour ados (Mad Froggy, Mad l’Africain – Thierry Magnier), et un document (« Une Affaire Atomique » / Robert Laffont) qui fait partie des pièces à conviction de l’affaire Areva-UraMin dont il est l’un des témoins. Vincent me fait l’honneur de participer à son tour à ma rubrique un auteur, trois livres, et je suis ravie de redémarrer la saison avec lui.

Quel est le livre qui a marqué ton enfance ou ta jeunesse ?

« Le dernier des Mohicans » de Fenimore Cooper. C’est un roman d’action extraordinaire mettant en jeu au XVIIIème siècle l’affrontement en Amérique du Nord entre les tribus indiennes engagées soit dans le camp anglais, soit dans le camp français. Déjà, les « grandes puissances » instrumentalisaient dans les conflits les peuples locaux. J’ai finalement retrouvé cette situation en Afrique australe, avec la fin de la guerre froide, où Américains, Anglais et Français affrontaient les Russes par nations interposées comme en Angola ou bien au Mozambique. L’action se déroule dans une nature sauvage et hostile, que j’ai aussi traversée pendant plus de vingt années sur le terrain africain. Et si “Le dernier des Mohicans”, finalement, avait été un livre précurseur ? Le hasard fait décidément bien les choses : j’ai appris assez tard, aussi, que Fenimore Cooper avait été le premier romancier d’espionnage, avec son roman « L’espion » (« The Spy »), écrit en 1821, et portant, là encore sur la guerre d’indépendance américaine. Un autre roman a joué un rôle majeur, c’est « Fin de siècle », de Jean-Edern Hallier, mon premier livre d’« adulte » , qui m’a vraiment donné l’envie du voyage, et celle de l’écriture. 

Quel est ton classique de chevet ?

« Citadelle », d’Antoine de Saint-Exupéry. C’est écrit comme un nouveau testament, mais c’est celui d’un roi évoquant ses soldats, ses courtisanes, ses amours, son peuple, sa citadelle, et le désert qui l’entoure. C’est un texte sublime, nocturne, humaniste et naturaliste, universaliste. Le dernier texte écrit par Saint-Ex avant sa disparition. Je peux m’y plonger à n’importe laquelle des pages, et y trouver sens à méditation, ou contemplation. 

Quel est le livre que  tu n’as jamais terminé ?

C’est rare que je ne termine pas un livre entamé. Mais mon dernier abandon est récent : le dernier Ellroy, « La tempête qui vient ». Comme beaucoup, j’ai longtemps été fasciné par l’oeuvre d’Ellroy. Je ne crois pas trop au storytelling de l’écrivain qui crée dans sa cave décrépie avec sa vieille machine à écrire, et son chien tout aussi vieux, mais tout ça, avec la légende de L.A et la propre histoire d’Ellroy participait à un ensemble cohérent, permettant la remontée des temps violents. La trilogie dite « américaine » était déjà laborieuse pour le lecteur. Je comprends le plaisir qu’a pris l’écrivain, enfermé avec ses personnages, ses silhouettes, ou plutôt ses ombres, et surtout ses mythologies. Cependant, parfois le lecteur, même averti, ne suit plus. « La tempête qui vient » n’est jamais venue. On n’y comprend plus rien – ou du moins je n’y comprends plus rien – Ellroy poussant ses tics et ses obsessions littéraires à l’extrême. Et m’obligeant à m’avouer : « Je deviens vieux, et Ellroy, aussi, tout ça n’aide pas à la sauce… ». Cela demeure donc réservé à son dernier carré de fidèles… 

Bibliographie

Romans adultes

  • Vesper  (Robert Laffont, 2020)
  • Retex (Le Passeur, coll. « Rives Noires », 2017) 
  • Radioactif (Éditions Belfond, coll. « Domaine Français – Policiers », 2014)
  • Le Seigneur d’Anvers (Flammarion, 2009)
  • Villa Nirvana (Flammarion, 2007)
  • Rouge intense (Albin Michel, 2005 ; Librairie générale française, 2007)
  • La Tête du cobra (Albin Michel, 2003 ; Librairie générale française, 2006)

Documentaire

  • Une affaire atomique : UraMin/Areva, l’hallucinante saga d’un scandale d’État, (Robert Laffont, 2017)

Romans jeunesse

  • Mad Froggy (Thierry Magnier, 2010)
  • Mad l’Africain (Thierry Magnier, 2012)
Galerie

Otage – Aloysius Wilde (258 pages)

Un homme est appelé pour aller chercher son fils à l’école qui a mal au ventre. Lorsqu’il arrive sur place, il constate que la classe de deuxième section de maternelle où se trouve l’enfant a été prise en otage.

Pour l’ambiance, on est à un croisement entre Kill Bill, Kika et le 5ème élément. Pour l’histoire, on est entraîné dans un thriller où chaque chapitre apporte ses propres rebondissements. On appelle ça un page turner efficace.

Galerie

Le Cercle de Dinas Bran – Sophia Raymond (378 pages)

J’ai découvert Sophia Raymond grâce au challenge Bloody Fleury et son haletant Cercle de Caïn, où elle élaborait une intrigue autour de la découverte de la momie Ötzi. Je viens de terminer ce qui est en réalité son premier roman, où elle mêle une intrigue bien ficelée autour des thèmes de l’EMI (expérience de mort imminente) et les tsunamis de 1755 au large de Lisbonne qui détruisit complètement la ville, et celui de 2004 qui fit plus de 200000 morts en Thaïlande. 

Will est envoyé pour un reportage sur un colloque sur les EMI à Paris, un phénomène qui le laisse sceptique. Mais il découvre que toutes les expériences ne sont pas positives et que certaines personnes ont des visions plutôt d’enfer que de paradis. En cherchant à creuser davantage cet aspect, il va se trouver embarqué dans une histoire plus personnelle qu’il ne l’aurait crû.

Déjà à l’époque, l’autrice s’inspirait de faits historiques pour ciseler une histoire entre Da Vinci Code et Les aventuriers de l’Arche perdue. Un incroyable premier roman qui se lit d’une traite. 

Galerie

Une bête à tuer – Jean-François Regnier (216 pages)

J’avais découvert Jean-François Regnier au travers de son premier thriller : “Ma bête”, il me fait l’amitié de me confier la suite de l’histoire au travers d’”Une bête à tuer”. A la fin de “Ma bête”, on ne sait qui a survécu, alors bien sûr, je ne peux rien dévoiler du deuxième ouvrage, sous peine de déflorer (désolée, divulgâchage, je dis non) le suspens de la première histoire. Je peux juste vous dire que vous saurez tout de ce qui est arrivé à chacun, alors amateurs de thrillers où vous aimez connaître le dénouement, on fonce pour capturer la bête.

Galerie

Faux-Semblant – Witi Ihimaera (103 pages) Traduit de l’anglais (Nouvelle-Zélande) par Mireille Vignol

Faux sang blanc. En anglais, White Lies, qui est le titre original du livre. Un petit bouquin étonnant, découvert grâce à “Varions les éditions en live” (VLEEL) sur les docteurs Maoris, sur fond de colonisation et de destruction de l’île par les colons. Paraiti parcourt les villages pour soigner les gens, lorsqu’elle reçoit une étrange demande d’une blanche. Elle qui donne et rend la vie, doit la prendre.

En quelques pages, l’auteur nous fait passer un grand nombre de messages sur cette époque où il ne faisait pas bon avoir le teint un peu trop foncé et sur des pratiques ancestrales qui ont été traquées et punies par les blancs.. En cette période estivale où nous cherchons tous à bronzer, mais où la couleur de peau pose encore problème à trop de monde, je vous invite à découvrir une littérature de l’autre bout du monde, qui s’achève par quelques explications de l’auteur sur les thèmes qui l’ont inspiré.

Galerie

Black Cocaïne – Laurent Guillaume (280 pages)

Vous cherchez un bon polar pour cette période de canicule ? Vous ne serez pas dépaysés avec Black cocaïne. L’ambiance chaude et moite de Bamako précède des passages dans le Sahel, brûlant et sec.

Un détective métis, ancien flic français, reçoit une très belle jeune femme qui lui demande de faire sortir sa sœur de prison, tombée pour transport de drogue. Rapidement, l’enquête se complique. Les donneurs d’ordre de la mule en question ne seraient-ils pas plus gros que prévus ?

Une intrigue bien ficelée par un auteur qui connaît bien cette région du monde, on se laisse entraîner à la suite de ce héros désabusé.

Galerie

Kétamine – Zoé Sagan (489 pages)

Vous ne sortirez pas indemne de la lecture de Kétamine. Zoé Sagan décortique pour vous les aspects les plus glauques des mondes dorés et des paillettes de la publicité, de la mode, du cinéma, de l’édition. Le faux, le clinquant, les abus de ceux qui se croient au-dessus de tout et de tous, au-dessus des lois. Vous avez immédiatement envie de commenter son livre, de débattre et d’échanger avec elle sur cette sorte de catharsis, quelles que soient vos opinions.  Elle a une plume indéniable et la prête à ceux qui ont plus de difficultés à s’exprimer. Une passionaria moderne. Ce roman est fondé sur des textes initialement publiés sur Facebook et retravaillés pour le roman. Une boule d’énergie qui n’a peur de rien ni de personne. Qui dénonce le pire dans des milieux aseptisés et qui se moque de ses acteurs pathétiques. Zoé est une idéaliste. Un peu trop par moment. Elle a un regard tellement juste sur la société qu’on en oublie parfois son immense jeunesse. Heureusement qu’à vingt et un an, certains jeunes ont envie d’un avenir meilleur, ont envie de croire à un monde plus juste. On attend la suite avec impatience.